Linz, Autriche - J'imagine qu'on a tous notre interprétation de l'expression "Vents dominants de l'ouest". Par exemple, Monia s'objecte toujours quand je dis que le vent est à l'envers. En effet, le vent est toujours à l'endroit, mais pas toujours dans son sens prédominant. En roulant vers l'ouest dans ce voyage, on s'attendait à avoir le vent en face plus souvent qu'autrement. J'aime m'imaginer ça comme une poche dans laquelle on a des boules marquées Est et d'autres marquées Ouest. Chaque matin, si un gérant du vent pige une boule pour décider du sens général du vent dans l'hémisphère nord, il attrapera une boule Ouest plus souvent qu'une boule Est, comme si un petit lutin biaisait pour l'Ouest. Sur un mois de voyage par exemple, on peut s'attendre à un peu plus de deux semaines de vent Ouest. Le petit lutin, c'est ce qu'on appelle la loi de probabilités qui répond à un modèle mathématique qui représente le climat. Ainsi, si on considère un mois de 30 jours, on aurait pu prédire entre 15 et 20 jours de vent d'Ouest toutes choses étant égales par ailleurs, comme dirait Réjean mon mathématicien préféré qui réussit à prédire l'avenir avec des équations. C'est lui qui nous a démontré que la combinaison de Super 7 1,2,3,4,5,6,7 n'était pas moins probable que les autres, car dit-il, les boules dans le boulier ne se connaissent pas, malgré qu'elles se côtoient de près. Surtout, il ne croit pas aux lutins.
Toujours est-il qu'à la roue de fortune quotidienne, la Vanna White du sens du vent nous a sorti Ouest à tous les jours depuis le départ. Et bien, surprise ce matin, c'est Est qui est sorti pour la première fois. Un beau cadeau pour la dernière journée de mouline.
On est parti tard, le déjeuner n'étant servi qu'à partir de 8:00. Il fait à peine 9 degrés au départ, alors on décolle avec tout ce qu'on a de vêtements. Les premiers 15 km sont une continuité de la veille: de petits villages superbes à mi-côteau, le Danube en contrebas et la vigne de chaque côté de la bécane. C'est de toute beauté, les propriétés sont fièrement entretenues et fleuries à souhait.
On roule jusqu'à Grein en longeant de près le Danube, parfois presque les deux roues dedans. Ça roule vraiment bien le vent dans le dos. Il est 11:30 et on a déjà 62 km, ce qui est bon considérant notre départ tardif et les embranchements fréquents.
Plus on approche de Mathausen, plus j'anticipe l'arrivée de la barrière qui avait interrompu le voyage en 2011. Un détour me fait craindre de l'esquiver, mais on revient sur le chemin original à temps pour la retrouver telle quelle. On est en sens inverse de la dernière fois, mais on reconnaît l'endroit sans équivoque. C'est un moment spécial, c'est comme boucler la boucle.
Il approche de la barrière, va-t-il la voir et l'esquiver ?
Il regarde devant, ne baisse pas la tête, négocie bien l'étroit passage, passe de très près, garde son équilibre même s'il la frôle de près...
Et, comme disait Patrice L'Ecuyer au Moment de Vérité: "C'est réussi !"
On prend quelques minutes pour refaire le fil des évènements d'il y a deux ans et on laisse la satanée barrière derrière nous. On défait maintenant un bout de chemin que nous avions fait depuis Linz ce matin fatidique. On s'arrête à Mathausen pour trouver de quoi luncher, mais le village est complètement endormi, on doit se rabattre sur un complexe commercial de bord de chemin et tenez-vous bien, Monia propose d'aller au McDo !!! Si vous avez senti la terre trembler vers 8:00 heure de l'est, ce n'est rien de moins. Avant que vous posiez la question, elle a pris: un McWrap tomate-salsa, une frite et un Coke-zéro. Je pense que la dernière fois que Monia est allée au McDo, ils avaient encore le McDLT. Au moins, on a pu s'asseoir au chaud, aller aux toilettes et se laver les mains avant de manger. Il fait seulement 12 degrés après tout.
25 km plus tard, c'est Linz et la fin de la randonnée dans la joie. C'est la première fois que je termine une randonnée de vélo itinérante de plus de trois jours ailleurs qu'à l'hôpital...
On a laissé les vélos à Constantin qui avait aidé Monia avec les vélos en 2011. Il va les emballer et nous apporter ça demain. On est retourné en ville et ça fait tout drôle de la revoir avec des yeux différents, mais il y fait aussi froid que la dernière fois. On a retrouvé un bar belge où on a arrosé l'arrivée avec une Maredsous et une Chimay et on a soupé dans un resto indien (juste pour se mélanger la culture bien comme il faut et se préparer à de nouvelles aventures). Demain, repos, avant le retour en avion à partir de Linz. Un seul projet, visiter le camp de concentration de Mauthausen.
Voilà, la barrière est franchie. Parfois, il faut s'y prendre à deux fois pour finir ce qu'on a commencé.
48.314118,14.300433
Trame sonore du jour:
You Can Never Hold Back Spring, Tom Waits, Orphans
« So close your eyes
Open you heart
Open you heart
To the one who's dreaming of you
Baby, you can never hold back spring »
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Location:Untere Donaulände,Linz,Autriche
Bravo!!!!!!!
RépondreEffacerBravo à vous deux!!!! Bel exemple de ténacité.
RépondreEffacerNous avons hâte de vous revoir. Ici, il fait beau et chaud.
Isabelle (l'autre anonyme ci-haut est ma belle Rachel qui est habituée que Facebook signe pour elle).
BONNE FÊTE MONIA!!! Je pense à toi et j'ai super hâte de te revoir! Passe une super belle journée.
RépondreEffacerMarguerite
-xxx-
Belle ride jusqu'à date incluant le passage impeccable de la satanée barrière! Profitez de chaque moments même si c'est un McWrap! La vie est si courte!
RépondreEffacerMais a quoi elle sert, cette barriere en pleine nature, sans raison apparente !??!?!??!?
RépondreEffacerJP