2013-09-05

Jour 7: Nids de poules

73 km. Cum: 464 km.

Negotin, Serbie - Ce ne sera pas une longue journée en kilométrage aujourd'hui. Comme on a bien fait la recherche des villes étapes potentielles, on sait que de Zaječar, c'est 70 ou 170 km jusqu'à la prochaine escale, rien entre les deux. 170 dans des conditions de route adéquates, ça se fait, mais sachant qu'ici les routes se transforment parfois en sentiers, 170 nous semble un peu risqué et puis en vacances après tout, on pourra se la couler douce si on arrive tôt.  Rendez-vous alors à Negotin, 70 km plus loin.

On est debout très tôt et au petit déjeuner les premiers, courte journée ou pas. (Eh oui, si nous avions eu des enfants, je pense qu'on les aurait réveillés le matin et non l'inverse). On nous apporte du café, comme on l'a demandé, mais on a négligé de préciser expresso, ainsi on se retrouve avec du café turc. Pas vraiment notre préférence, mais comme on gaspille le moins de nourriture possible et que ça donnera la dose de caféine escomptée, on ne fait pas de chichis et on le boit. Cependant, en voulant me rincer le dalot en finale, je fais cul-sec de ma tasse en oubliant le rêche dépôt de marc que cette technique d'infusion laisse au fond de la tasse et je me retrouve avec une boue sablonneuse plein la bouche. Argh... La tasse de yogourt m'a remis la gueule du bon bord.

La route s'amorce très doucement sous un ciel radieux comme à tous les jours depuis notre arrivée. On grimpe un col mineur sur 300 mètres et on navigue ensuite sur un joli plateau ondoyant entre les champs de maïs séchés et les prés où des bergères font brouter moutons et chèvres. On s'extasie devant ce décor tranquille qui peint une nouvelle toile à chaque virage. C'est la quintessence du cyclotourisme.




Quand on amorce la descente, la route jusqu'alors très correcte se détériore drastiquement. C'est toujours de l'asphalte, mais il y a tellement de nids de poules et de craques qu'il faut constamment freiner et zigzaguer entre les obstacles. De plus, la route est souvent plus étroite que plusieurs pistes cyclables où j'ai roulé cet été en Ohio. La route ne s'améliorera qu'à 15 km de l'arrivée où nous rejoignons une route principale. On tient à peine une moyenne de 20 km/h dans ces conditions.

Parlant de nids de poules, on a pu observer qu'ici, quand ils sont fraîchement réparés, ils sont numérotés à la craie sur l'asphalte fraîchement étendue. Nous avons quelques hypothèses sur ces numéros, mais je pense que si notre Ministère des Transports les numérotait sur les devis, il y aurait peut-être moins d'extras à payer: Appel d'offres pour 89 nids-de-poules, 52 petits, 15 mediums et 22 larges. Salutations aux spectateurs de la Commission Charbonneau.

Nous sommes arrivés juste à temps pour luncher, prendre un vrai bon café, une pâtisserie et en extra une glace trois boules pour moi. Pendant qu'on lunchait, deux filles arrivent en vélo avec des sacoches. Ce sont les premiers cyclotouristes que l'on croise en Europe de l'est. Pouvez-vous croire qu'elles ont à peine retourné notre sourire ? Le monde en Jeep-pas-de-toit s'envoient bien tous la main sans se connaître (hein Marc H ?), b'en entre cyclos, on se salue m'semble. Airs bêtes ! Elles étaient trop chargées anyway, ça leur apprendra !

On a rejoint la chambre assez tôt, un très bel endroit dans un coin résidentiel, et débarrassés de la lessive et des douches, on a passé l'après-midi à flâner à Negotin. On a trouvé de la bière brune serbe, on a enfin pu goûter ces prunes bleues qui nous titillent depuis le départ. Belle journée de tourisme.

J'en ai profité pour visiter un atelier de vélo pour un ajustement de mon dérailleur qui engendrait de drôles de bruits depuis notre escapade dans la forêt. Le mécano m'a ajusté ça gratis, il comprenait bien l'anglais et on a piqué une belle jasette autour du Cannondale rouge. Contrairement à nos voyages en Amérique du Sud, on n'arrive que très peu à établir le contact ici par l'évidente barrière de langue. J'ai bien aimé échanger mes impressions avec ce fier mécano.

On a soupé dans un restaurant de spécialités serbes. Le menu dans la langue locale seulement, le serveur nous a guidé dans un anglais approximatif et efficace: "Chicken or Pork ?", "Chicken: breast or leg ?". "Vegetables, no. Salad: with cheese or with chili pepper". "Wine ? This bottle. Local, good". Bam !  Excellent et généreux. Si une portion de viande, c'est supposé être gros comme un jeu de cartes, on avait une couple de jeux de canasta dans la grande assiette. On aurait bien voulu comprendre la langue locale pour pouvoir écornifler la conversation animée des cinq bonhommes de la table voisine qui trinquaient à la rakiya devant leurs assiettes vides. J'aurai gagé mon seul t-shirt propre qu'ils parlaient de politique, de sport ou de femmes. Serbe, Bulgare, Québécois ou Sénégalais, il y a des us et coutumes universelles.




Bien repus, j'ai insisté pour retourner à la pâtisserie pour récidiver sur ce géant chou à la crème que j'ai goûté cet après-midi. On va tout brûler ça demain de toute façon.
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Trame sonore du jour:

Faire des Enfants, Jean Leloup, Le Dôme

«Attends un peu avant d'me dire que tu voudrais des p'tits bébés 
Les gens aiment bien quand ça fait mal 
Et y a pas de mal à s'faire du bien, à s'faire du bien»

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Location:Serbie

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