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Strumica, Macédoine - C'est t'y pas un des plus beaux drapeaux nationaux ? Le soleil sur le drapeau de la Macédoine. On a fini par en voir un après 23 km sur notre bécane, mais pas avant une drôle d'escapade pour se rendre de Sofia à Petric dans le sud de la Bulgarie.
Nous avions déja nos billets - achetés la veille, mais rendus sur le quai de la gare ce matin à 6:45, trouver le bon train n'était pas vraiment évident. Il fallait me voir courir avec mon billet en essayant de prononcer Petric, Petrich, Petritche pour trouver quelqu'un qui pourrait m'aider. On me pointait toujours dans une direction qui me semblait ridicule, jusqu'à ce qu'un vieux monsieur insiste en me prenant par le bras pour me montrer une voie bien cachée à l'autre bout de la gare. Ah, b'en merci ! On entre avec nos vélos dans un wagon sur lequel il y a un pictogramme vélo, mais il n'y a pas vraiment d'installation spécifique. Heureusement qu'il s'agit d'un train moderne, on peut placer nos bécanes devant nous tant bien que mal dans une section plus spacieuse où il y a une rangée de strapontins. Le train part à l'heure pile poil à 7:00.
On trouvait le trajet vraiment facile, jusqu'à 9:30 où on nous fait débarquer pour prendre un bus. La voie ferrée doit être endommagée. Avec des signes et un peu d'aide, on nous indique de glisser nos vélos dans la soute du bus. Hmm, pas vraiment mon choix numéro 1 de coucher nos vélos un sur l'autre dans un compartiment bagage de bus, mais a-t-on vraiment le choix... On fait un bout et 20 minutes plus tard, on nous amène à un autre train qui lui représente mieux ce qu'on avait lu sur les trains de Bulgarie, c'est à dire un engin des années 70. Cette fois, ce sera debout à une extrémité de wagon où il faut constamment se tasser pour laisser passer les gens qui entrent et sortent à chaque escale. Et puis, il y a la porte qui ferme mal et qui s'ouvre avec fracas de temps en temps.
Nous étions bien contents de descendre à Petric vers midi. On s'est trouvé une épicerie pour compléter notre pique-nique qu'on a dégusté sous un arbre dans le village et on est parti vers la Macédoine, soulagés de quitter les rails et d'enfin mettre le pied sur la pédale Shimano. Une fois hors de la ville, on trouve une campagne agricole ondulée bien blottie à l'ombre des montagnes du sud qui font rempart à la Grèce. Au 23e km, on arrive en Macédoine. On est d'abord contrôlés à la sortie et ensuite la douane pour entrer dans le pays. Pas de questions. On étampe. Facile.
De l'autre côté, la tranquillité continue. Des vergers, des serres, des melons, des pommes, mais surtout des poivrons rouges qui aromatisent la route d'une bonne odeur de syrah. Wow, 30 degrés secs, c'est du moulinage parfait. C'est beau en titi, la route est belle, la circulation clémente et le rire à pleines dents, on regarde en avant.
Strumica, notre destination de ce soir n'est pas un grand trésor touristique et notre hôtel non plus. La chambre est d'un kitsch déroutant qui contraste violemment avec la salle de bain trop moderne en accessoires pour le génie plombier local. La douche à jets, le bain tourbillon intégré et le pommeau parapluie sont d'une efficacité remarquable... pour inonder la salle de bain en un rien de temps. What a mess...
On a fait une longue marche pour finir par abandonner de trouver le seul resto coté sur TripAdvisor. Nous avons aussi longtemps hésité avant de retirer des dinars macédonien qui ne trouvent pas preneurs hors du pays. Il faut tout les dépenser ou les changer avant de sortir. Ou bien les donner à Mamie Colette pour qu'elle cherche leur valeur sur internet. Mais faut bien faire l'épicerie, s'acheter de l'eau, cesser de tergiverser et verser dans le gosier.
On a failli se déshydrater dans cette valse hésitation qui nous a menés à l'épicerie... qui prend Visa finalement, mais sauf pour la consigne des deux bouteilles de bière qu'il faut absolument payer comptant. Allez savoir. Ça a pris le magasin au complet pour nous expliquer ça. C't'idée de parler en lettres grecques aussi.
Après une lager de type O'Keefe dans notre chambre bariolée, on s'est dirigé vers un dernier essai pour trouver le resto en question, mais c'est la Pizzeria Elisabeth (Елусавнт) qui nous recevra. Monia essaie de venger ses pâtes insipides d'hier et se retrouve avec un plat de pâtes insipides. Heureusement, on avait partagé une salade stropska (concombre, tomates, fromage) délicieuse et j'ai fait le choix judicieux d'une pizza trop grande pour moi. Ordinaire, mais grande, alors les appétits furent comblés.
On a failli se perdre en revenant. C'était pour prouver mon point que l'homme est souvent trop optimiste avec lui-même. Je croyais avoir mémorisé la carte de Google Maps et je tentais de revenir аu pifomètre au lieu de rebrousser sur le chemin connu. Mauvaise idée. C'est évidemment l'instinct de Monia qui nous a ramenés à bon port. Elle ne sait pas trouver le nord, mais l'hôtel par exemple...
Demain, on grimpe 1000 mètres dès le départ pour rejoindre Berovo. On redescend 600m pour en remonter 400. Nous avons jusque là pour brûler les 1250 dinars qui restent, car rendu là, on revient en Bulgarie et on se laisse glisser jusqu'à Blageovgrad. Ce sera un test pour les cuisses, mais ça doit être pour ça qu'on s'entraîne.
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Trame sonore du jour:
Après La Guerre, Forêt, Forêt
«On nourrira les fleuves
à coups de rire
à coups de bruit
et l’on versera tout
dans la brûlure
de l’eau de pluie»
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Hahaha ... le rire à pleines dents on regarde en avant....Bravo Éric...c'est ça...on regarde en avant!!!
RépondreEffacerMonia t'es la meilleure! Ah les gars et le pifomètre!!!
xxx