Vienne, Autriche - Il y a plusieurs incontournables à Vienne, mais les incontournables des incontournables sont les châteaux impériaux. Il n'y a qu'un seul château impérial, mais on doit aussi inclure la résidence d'été, le Palais Schonbrunn qui est situé à 10 minutes de marche de notre hôtel. C'est là qu'on a débuté ce matin, en se disant qu'on allait commencer par visiter le chalet avant la résidence principale.
Pour mieux apprécier, il faut se retremper dans l'histoire de l'Autriche-Hongrie. Monia avait une longueur d'avance sur moi, car elle avait suivi les péripéties de Sissi l'Impératrice à Ciné-Quiz dans sa jeunesse. Disons pour faire court que c'est la dynastie des Habsbourgs qui remonte au 13e siècle qui a reconquis le territoire aux Ottomans au 16e siècle qu'on appelait alors le Saint-Empire Germanique. Au 18e siècle, c'est l'âge d'or de ce royaume et la résidence d'été prend forme grâce à Marie-Thérèse d'Autriche et son chum François de Lorraine. Ce sont les parents de Marie-Antoinette qui fut guillotinée avec Louis XVI en 1792 suite à la révolution française. Sissi elle, de son vrai prénom Élisabeth, vient plus tard. Elle a été mariée (arrangé - comme c'était la coutume) à 16 ans à François Joseph, l'empereur d'alors au milieu du 19e siècle. Ce fut un peu la Lady Di de l'époque, mais en plus indépendante. On comprend du guide qu'elle n'était jamais là, qu'elle était à la diète et faisait du pilates ou du yoga (peut-être même du zumba ou du cross-fit) pour garder la ligne. Elle avait les cheveux qui descendaient jusqu'aux chevilles, mais pas de séchoir à cheveux, car elle a vécu avant Tesla et Edison.
La visite du Palais est très instructive, bien présentée et les artefacts, les espaces et les meubles sont bien préservés. On peut même voir le cabinet de toilette de François Joseph, ce qui est un peu troublant, vu l'association d'idée évidente du moment. On se rend aussi bien compte que l'oisiveté et la richesse mènent à des loisirs démesurés. Ainsi, on a l'impression en écoutant l'audio-guide que Marie-Thérèse d'Autriche se faisait un "Décore ta Vie" à toutes les semaines avec un budget sans limites.
Les moments forts de la visite sont sans aucun doute les salles qui ont été le théâtre d'un évènement historique. On visite la salle des glaces où Mozart a joué à six ans devant l'Impératrice Marie-Thérèse et l'a étreint spontanément pour l'embrasser après sa performance. On traverse la salle où Charles I a renoncé au trône le 11 novembre 1918 pour que l'Autriche et la Hongrie redeviennent des républiques et que ces palais que nous visitons aujourd'hui deviennent des musées. C'est la même journée que l'armistice entre les Alliés et l'Allemagne, journée faste pour la démocratie et la liberté. Finalement, la grande salle de bal a abrité la rencontre de Juin 1961 entre Kennedy et Khrouchtchev à l'apogée de la guerre froide. Le jugement et l'évaluation que les deux leaders se seraient faits un de l'autre seraient à l'origine des manœuvres qui ont mené à la crise des missiles de Cuba.
On a adoré notre tour du propriétaire à l'intérieur et on a ensuite fait le tour des jardins. Oh là là. On pourrait courir un marathon sur la propriété sans jamais repasser deux fois à la même place tout en respectant les espaces gazonnés. De belles fontaines, des arbres bien taillés, des allées impeccables, wow. Que de travail horticole.
C'est beaucoup de marche et on a bien mérité notre lunch. On choisit le restaurant végétarien tout près de notre hôtel qui est très bien à part peut-être qu'il faut être patient pour la facture et que je n'ai pas choisi judicieusement en prenant un plat végétalien qui convenait plus à une mésange. C'est le quinoa qui m'a attiré, mais même si c'est un aliment complet, j'en aurais pris plus que quatre bouchées. Ça me fait penser que notre absence de restrictions alimentaires nous facilitent grandement la vie. On voit parfois des voyageurs qui doivent s'inquiéter des allergies et autres intolérances (gluten, lactose, farines, etc) ou qui respectent une diète par choix comme le végétarisme, le végétalisme, le kacher ou le halal. C'est un défi de bien s'alimenter pour nous qui mangeons de tout, alors on peut s'imaginer la difficulté pour des gens avec des restrictions de voyager dans certains pays aux denrées restreintes ou même seulement quand il y a une barrière de langue. Moi, après le vélo, je me permets d'avaler ce qui me tente, je me considère chanceux de pouvoir tout déguster sans m'inquiéter et de pratiquer un gloutonnisme modéré dans l'allégresse.
Justement, pour compléter mon repas d'oiseau, nous sommes entrés dans un café viennois. C'est sûrement de là que vient l'expression "café et viennoiseries seront servis", quoi qu'en général à ces occasions, on sert surtout des danoises. Ici, on est dans un café où les pâtisseries sont à l'honneur. Sans contexte géographique, on dirait que le comptoir est rempli de pâtisseries françaises, car on y trouve des choux à la crème, des tartelettes aux fruits et pâtes feuilletées, mais aussi des gâteaux élaborés et typiques comme la sachertorte. Cependant aucune trace de crème anglaise. Viennoiseries, danoises, françaises, anglaises, c'est à perdre le nord, mais combien de nationalités sont accolés à des trucs sans trop de rapport direct. On entend rarement au douanes: "Je suis Chinois, comme le pâté", "Canadienne, comme les béquilles", "Suisse, comme le fromage", "Vénitiens, comme les stores"...
On a digéré cette pâtisserie autrichienne en marchant quelques kilomètres pour explorer et découvrir l'architecture de la ville. Nous nous sommes reconvaincus que cette ville est un joyau, un musée à ciel ouvert. Une fortune a été investie dans la construction au 19e siècle et comme j'ai répété toute la journée: "Pourquoi faire laid quand on a les moyens de faire beau".
Toute la journée, nous avons revu ces petits chocolats ronds à l'effigie de Mozart vendus dans tous les kiosques à souvenirs, les Mozart Kugeln. En bon mononcle, j'appelle ça des gosses de Mozart et je dis qu'ils les vendent à la poche. C'est assez bas de gamme comme blague, mais on a tous un mononcle bonhomme ou une matante sacoche qui sommeille en nous. Faut juste pas toujours l'écouter, même si on l'entend souvent.
Demain, c'est au tour du palais impérial. J'imagine que c'est une coche au dessus du chalet. À demain.
48.18627, 16.32484
Trame sonore du jour:
Café Robinson, Marie-Jo Thério, Arbre à Fruits
«Moi j'veux dessiner des oiseaux
Qui viennent d'un pays
Que tu connais même pas
J'voudrais être large comme le désert
J'voudrais couler comme une rivière»
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Location:Sechshauser Straße,Vienne,Autriche
Ahh non! Pas Sissi... j'ai encore un traumatisme de jeunesse quand ma soeur avait le contrôle de la télé! Je retourne en thérapie!
RépondreEffacerEn passant... bomne fête de la barrière! On a pas eu la photo revanche!
RépondreEffacer@Tony: C'est normal, car il reste deux jours de vélo avant kicker la barrière. Patience...
RépondreEffaceren tout cas, moi je ne me souviens pas de Sissi...je suis sûrement trop jeune, moi.
RépondreEffacerIsabelle qui a eu son 40 ans ce dimanche