2013-09-14

Jour 16: Dehors Novembre

73 km. Cum: 1332 km.

Budapest, Hongrie - Il y a des jours où l'attente est déçue. On visualise la journée d'une certaine façon et on a tendance à embellir la chose à venir en pensée. La réalité est souvent moins belle que la grande anticipation qu'on a créé dans le désir. Souvent, une belle expérience d'un film ou d'un restaurant est si bien décrite par des amis qu'on est déçu quand on l'essaie nous-mêmes. L'expérience anticipée surpasse trop la réalité.

Ce matin, on sait qu'il va pleuvoir, et que le thermomètre ne dépassera pas 15. On ne met pas la barre très haute, on se prépare à être mouillés, à avoir froid et à essuyer les éclaboussures des bolides qui vont nous dépasser.  Ça fait partie de l'expérience.

On quitte à 8:15, on fait le plein, on zippe le jacket et on suit la route. Un peu de route passante, un peu de piste cyclable, un peu de chemin de campagne. On reçoit nos premières gouttes dans les premiers km et on se réjouit que la chaussée ne soit pas encore mouillée dans une section en reconstruction (décidément).




Monia ajoute le cuissard long au premier village. Il pleut maintenant de façon soutenue, il vente encore et il fait 12-13 C. On fait un peu de circulation lourde dans des sections où une piste est en devenir et on se fait joyeusement vaporiser au passage des véhicules. C'est dans la norme de ces randonnées cyclistes. Moi, une fois mouillé, les arrosages me font rire.

Après une section passablement achalandée, on se réjouit que la piste bifurque de la grand'route pour se faufiler à l'ouest d'un canal. Arrivés à une écluse qu'on traverse, on découvre une nouvelle zone de destruction de la piste. Arrgh, je commence à trouver le budget d'infrastructure de la Hongrie un peu trop généreux. Là, y a pas de chance de contourner, c'est la seule issue à l'ouest du canal. C'est pire que les sentiers de la veille, pire que la balade forestière en Serbie, c'est un véritable festival de la boue visqueuse.




On pousse notre vélo dans ce merdier pour au moins 3 km sans aucune idée de quand et où ça aboutira. On savait que Rackeve était à moins de 18 km. Les deux pieds dans la boue, on s'est résigné à avancer. Au moins, la pluie a diminué d'intensité dans cette section.

On est ressorti sur l'asphalte sale qui est devenue asphalte détrempée qui est devenue route de campagne à ornières inondées à route de village avec des flaques géantes à finalement Rackeve et sa gare de train. Faute de nous annoncer la construction intensive sur la route, le topo-guide de la route EV6 déconseille fortement d'entrer dans Budapest à vélo et suggère plutôt de prendre le train de banlieue à Rackeve. C'est ce qu'on avait planifié et c'est ce qu'on a fait.

Le temps d'acheter un hamburger, on monte dans le train de 12:11. Ça nous permet de sécher un peu, mais quand on descend à Budapest 80 minutes plus tard, c'est encore la flotte, le vent d'ouest est sans-pitié et là, on gèle pour vrai. On roule 5 km à l'aide du GPS en grelottant jusqu'à l'appartement qu'on a réservé il y a deux jours.

L'appartement est grand et confortable, très abordable et surtout, en plus de la cuisine, il y a une laveuse à linge. Oh, ça, c'est la fête à Monia, surtout que c'est La journée pour l'utiliser.

On n'a pas lavé que du linge, on était passablement crottés de notre randonnée et que dire des bécanes. On a fait une épicerie comme si on était de nouveaux Budapestois. On se sent intégrés, même si on ne comprend pas un traître mot.

Une belle fatigue nous habite quand on prend notre première lampée de bière. On avait l'attente calibrée pour une journée mouillée, froide et difficile, mais la boue était bien au delà de nos appréhensions. On va faire les touristes pendant 4 jours. Juste avec la journée d'aujourd'hui, je pense qu'on le mérite bien.

47.513695,19.048505


Trame sonore du jour:

No Cars Go, The Arcade Fire, Neon Bible

« We know a place where no planes go
We know a place where no ships go
(Hey!) No cars go, (Hey!) No cars go »

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