2013-09-23

Jour 24: La pompe à Phil

79 km. Cum: 1640 km.

Vienne, Autriche - J'ai connu Phil au jour 11 d'une autre aventure itinérante. C'était le 24 juin 2008 en Ohio. Je venais de perdre 45 minutes à attendre sur le perron d'un B&B pour finalement apprendre que c'était complet quand la propriétaire est arrivée. J'ai d'abord rencontré Ken qui m'a donné des infos sur les pistes cyclables du coin et il m'a présenté Phil qui s'est intéressé à moi pour la légèreté relative de mon bagage. Phil roule des dizaines de milliers de km chaque année, lui-même voyage léger et il a été impressionné par ma technique. Il concède que je préfère le sac d'hydratation aux bouteilles pour l'autonomie et le rangement supplémentaire, il comprend moins que je ne traîne pas de pneu de rechange pliable, mais ce qui le démonte vraiment, c'est que je n'apporte pas de pompe. Je préfère les petites cartouches d'air comprimée qui ne pèsent rien et gonflent un pneu sans effort en moins de 5 secondes. Phil insiste que ça ne justifie pas de laisser la pompe derrière, les cartouches sont jetables, peuvent être défectueuses et difficiles à trouver. Et pourquoi risquer de rester en panne pour de l'air ? J'ai toujours résisté et je n'avais pas de pompe sur ma bécane jusqu'à ce que je rende visite à Phil cet été. Frôlant le prosélytisme anti-cartouche, il m'a fait croire qu'il avait acheté une pompe de trop et il m'en a fait cadeau. C'est une petite pompe très légère au design génial qui se transforme en pompe à pied et qui permet de gonfler un bon 110 lbs sans s'éreinter. Je l'ai installé sur mon cadre sous un porte-bouteille et ironiquement, Monia a expérimenté une cartouche défectueuse dans la même semaine et a eu la chance que Lyne Bessette la ramène à Bromont.  Elle a alors réalisé l'importance de la nouvelle pompe.

La pompe est restée sur mon vélo jusqu'ici en Europe. Heureusement, car on ne peut voyager en avion avec de l'air comprimée et la boutique de vélo de Sofia n'en avait pas à notre arrivée (malgré que je leur avais demandé d'en commander bien à l'avance). J'ai cherché en vain des cartouches à toutes les boutiques de vélo que nous avons trouvées sur notre chemin. Ainsi, nous roulons depuis le début sans cartouches et personnellement, je vis ça comme un sevrage. Petit à petit, je réalise que nous allons compléter les 1800 km sans en avoir eu une en poche. Nous avons récemment mis à niveau la pression dans les pneus grâce à la pompe. C'est la pompe seule qui est notre assurance-crevaison et je pense que je suis guéri de l'obsession de l'air comprimé. Surtout, je ne partirai plus sans elle. Merci Phil d'avoir insisté.

On part le coeur léger après un copieux déjeuner. Il fait 12 deg, soleil légèrement voilé, parfait pour mouliner. On commence par traverser le Danube sur un pont en lattes de bois qui nous semble un peu précaire. De l'autre côté, on peut apprécier de loin ce qu'on a vu de près la veille.







Sur une belle piste, on traverse rapidement en Autriche, le dernier pays de ce périple qui tire bientôt à sa fin. Côté rive-sud, on peut admirer de très loin le Château de Devin que nous n'avons pu visité hier. On retraverse rive-nord et on s'engage sur 25 km en parfaite ligne droite en direction ouest. C'est planche et droit au point ou le guidon et le dérailleur sont inutiles. C'est tellement régulier que ça devient méditatif. Au point où on ne sait plus si ce sont les pédales qui actionnent les jambes ou vice-versa.




Quand on quitte cette ligne droite, c'est pour traverser une zone industrielle, puis une zone de pique-nique avant d'entrer dans Vienne par un pont qu'on accède par une pente en spirale. C'est génial.




Ensuite, on aboutit au Prater (grand parc) où il y a une compétition de course à pied. Une fois vraiment arrivés dans la ville, on se rend à l'hôtel à la boussole en suivant des pistes cyclables selon la trajectoire. C'est sûrement la ville qui a le mieux intégré les vélos à son réseau routier. C'est consternant de voir l'importance accordée à ce mode de transport. Tant mieux.

Après un dîner moins ordinaire que prévu dans un Biergarden, on a fait notre lessive dans un laundromat à deux pas de notre hôtel. Ça fait du bien de savoir que toutes nos guenilles sont propres. Nous sommes impressionnés de voir le volume de vêtements que ça donne quand ce n'est pas compressé dans nos bagages.

On a pris le reste de la journée pour se rendre au centre historique dans l'idée de ne pas souper trop tard. Notre hôtel est tout prêt du métro et en 20 minutes tout compris, nous sommes dans le centre. On commence par Stephenplatz, le square de la cathédrale et en cherchant le resto, on s'éloigne graduellement et on tombe sur ce qu'on pensait ne venir voir que demain. Oh là là, on a seulement jeté un coup d'oeil à Hofburg et on est sur le cul. Et ce n'est pas le dixième de ce qu'il y a à voir...





On a décidé de se garder ça pour demain et les trois prochains jours. Y a du stock à voir...




48.18627, 16.32484

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Trame sonore du jour:

Dear Landlord, Bob Dylan, John Wesley Harding
"I'm not about to argue, I'm not about to move to no other place
Now, each of us has his own special gift and you know this was meant to be true
And if you don't underestimate me I won't underestimate you."

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