2013-09-14

Jour 15: Rouler pour la SLA

171 km. Cum: 1259 km.

Dunapataj, Hongrie - Je dois confesser que quand je roule à 30 km/h sur une belle surface sans trop forcer, j'ai de petites tempêtes musicales qui me chatouillent les neurones et ce sont souvent des ritournelles vraiment puériles qui pourraient faire douter de ma culture musicale à tout quidam qui me surprendrait à les entonner vigoureusement à voix haute à 85 tours de pédale à la minute. Beaucoup de Beatles, mais ce qui est gênant, ce sont ces chansonnettes vraiment issues d'une niveau plus inquiétant. Ces jours-ci, deux en particulier: Y a d'la Joie de Trenet dont je ne connais que la mesure du titre et Pepito mi Corazon de je n'sais qui. Le problème avec cette dernière, c'est qu'elle se transforme en "Kikito ma tête de pioche". Kikito, c'est Kisito, un ami qui n'a rien d'une tête de pioche, mais allez savoir pourquoi mes neurones inventent de telles conneries.




Nous sommes partis tôt, après un bon déjeuner. C'est frais, mais moins pire qu'on aurait cru. Le soleil est au rendez-vous et le ciel est à peine taché d'un effiloché de cirrus. Sorti d'Osijek, on tricote une rangée de villages paisibles. Les noms de ces endroits font des rimes qui claquent en ac. Grabovac, Janocevac, Karanac, Znajevac, Popovac. Nous, en autant qu'on ne se retrouve pas à. Àcôtédelaplaque ou à Culdesac, pas de problèmes. Beaucoup de vignes ce matin. C'est du cyclisme idéal.




Ça roule vraiment bien, à 10:30 avec 70 km de fait, nous sommes à Mohacs en Hongrie. On achète des forints (la monnaie nationale) et on s'enligne pour traverser le Danube. Ah, surprise, ce n'est pas un pont, mais un traversier. On fait la file en voyant bien qu'on va partir à 11:00. À l'heure pile, le responsable lève la chaîne, on s'approche et on n'a pas de billets. Le bateau part sans nous. Le dernier traversier qu'on a pris vendait les billets à bord et on s'attendait ici au même principe... 30 minutes de perdu, on prend celui de 11:30.




Sur l'autre rive, nouvelle surprise de taille, la piste est en construction. On devrait plutôt dire en destruction. Impossible de rouler là dessus. On doit contourner en utilisant le GPS. Plus facile à dire qu'à faire, car l'appareil, qui heureusement me donne les cartes détaillées en Hongrie, ne fait aucune nuance entre une route secondaire pavée et un sentier agricole. On part sur une route pavée et rapidement ça se transmute en un étroit couloir à deux ornières de tracteur en boue séchée. C'est outrageux de rouler les Cannondales là-dessus, mais ça avance. Je louvoie du mieux que je peux dans ce dédale et on abouti de nouveau à la piste qui est fraîchement asphaltée. Notre réjouissance est de courte durée, car on doit retourner dans la trail de foin moins d'un km plus loin. Monia propose de tout défaire notre chemin jusqu'au traversier en mettant un bémol: "À moins que tu saches où est-ce qu'on est". Ce à quoi je réponds: "Tout ce que je sais, c'est qu'on est dans l'champ en ta... !". On persévère sur la route de tracteur, on finit par croiser un hameau et on atteint finalement la barrière qui annonce des travaux sur la section de piste qui nous précède. Un long détour.




On abouti à Baja à 13:30, un maigre 48 km en 3 heures. On prend une bouchée sur une terrasse de la zone piétonne et on refait le plein d'eau. Ah, surprise, j'ai refait l'erreur de junior d'acheter de l'eau gazéifiée. Bon, ça va mieux digérer. On s'engage de nouveau sur la piste vers Kalocsa et cette fois, une belle bande boisée nous sépare du Danube et coupe le fort vent ONO qui nous fait vaciller depuis Udvar. Le ciel s'est habillé de beaux strato-cumulus, c'est wow.


La piste s'interrompt à quelques km de Kalocsa et nous devons revenir sur la grand route qui est en excellent état, mais en plus d'être exposée au vent, il y a plus de circulation. C'est vraiment du sport.

À Kalocsa, la fatigue se fait sentir, les cumulus sentent l'orage, mais il ne reste que 13 km à se coltailler avec ce vent de malade. On arrive à 17:15, assez vannés...

Délais, détours, épreuve de vent, épreuve de fesses, je raconte ça comme les 7 plaies d'Égypte, mais ce n'est rien, car on s'impose cet exercice et on a la santé pour le faire. En fin de semaine, c'est Rouler pour la SLA, un vélothon de 325km dans la Mauricie. Mes amis Marc, Marco et Philippe y participent pour une troisième année avec leur équipe des Pédaleux de Bob Michaud et ont levé autour de 100 000 $ depuis le début. Leurs coups de pédale supportent la Société SLA du Québec qui apporte de l'aide aux gens atteints de cette maladie. Par ricochet, la Société supporte notre projet Interconnexion qui intervient dans les aides à la communication, projet dans lequel les trois pédaleux m'épaulent fièrement avec d'autres compères.

On a traversé toutes ces minces épreuves aujourd'hui en ayant une pensée pour ceux qui se voient confronter à une détérioration de leurs capacités physiques. On a un peu fait notre p'tit bout de Rouler pour la SLA à distance.

46.645061,19.005232


Trame sonore du jour:

Exercice,  Les Trois Accords, J'aime Ta Grand-Mère

« J'envie tous les enfants, bedonnants,
Qui n'font pas d'exercice
Ho-o-o-o-o
Je rêve d'être une seule fois, avec toi,
Sans avoir mal aux cuisses»

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