2013-09-19

Jour 21: Le Facteur Vent

55 km. Cum: 1462 km.

Komarno, Slovaquie - Depuis le début du voyage, on n'a pas beaucoup d'occasions de socialiser. À part nos deux aventuriers abordés à Belgrade, les cyclistes que nous croisons sont ou bien très peu loquaces ou bien en sens inverse dans la circulation. Il faut dire que notre léger fardeau ne nous identifie pas spontanément comme des cyclistes itinérants. Ces derniers jours, comme il fait froid, même sans nos vélos, il est difficile de se méprendre à notre sujet. Je porte le cuissard long sous mon jacket noir aux bandes réfléchissantes et Monia est dure à manquer avec sa veste rouge Louis Garneau. Beaucoup de cyclistes nous ignorent malgré notre sourire complice et nos salutations ouvertes.

Hier, un groupe de cyclistes en formule supportée (le responsable du tour achemine les bagages d'hôtel en hôtel) a dormi au même hôtel que nous. Ce matin, nous avons déjeuné avec un couple de Californiens et on a jasé avec un Canadien (Red Deer). Ils vont en sens inverse, le vent dans le derrière et terminent à Budapest. C'est l'fun de pouvoir socialiser et en plus, on nous informe de l'état des routes en amont. Sans changer notre destination, ça a changé la route pour aujourd'hui. Ainsi, au lieu de rester rive-sud, on traverse le pont et on prend la route slovaque dès le départ pour s'éviter du gravier hongrois.




Depuis notre arrivée en Europe, sauf pour deux courtes heures, le vent a constamment été ONO, directement en phase avec notre trajectoire. On a donc toujours eu le vent en pleine gueule ou en oblique. Aujourd'hui, le vent garde le cap, mais il augmente d'intensité. C'est du 25-35 km/h soutenu. On n'a pas fait une longue journée en kilométrage, mais ce fut tout de même un effort aérobique soutenu. Il fait entre 10 et 15 degrés et la campagne sent bon. Malgré l'effort, c'est agréable de travailler à l'extérieur (par choix).

Sur les sections de plaines où l'exposition est totale, chaque tour de pédale demande une totale attention. Comme j'aime dire, le vent a de l'espace pour se prendre de l'air. Le bruit du vent est une expérience en soi. La végétation se ploie sous la bourrasque et c'est visuellement seulement qu'on détecte les véhicules qui viennent derrière ou devant. Quand on a un répit relatif, lorsque la route est abritée par une rangée d'arbres, on doit être vigilant au retour dans la plaine exposée pour éviter d'être soudainement déporté vers le centre de la route. Comme j'ai déjà écrit au Kansas, il y a une mince nuance entre tenir le guidon et se tenir après le guidon.




On arrive à temps pour luncher à Komarno. La ville est un peu moche comparativement à nos dernières escales, mais on trouve quand même de belles zones piétonnes. De l'autre côté du Danube, c'est la Hongrie et la ville se prolonge au delà du pont sous le nom hongrois de Komarom. On y a traversé à pied, mais c'était vraiment sans intérêt. J'ai pris une photo juste pour me convaincre qu'on n'avait pas marché 3 km pour rien.




Le vent s'est calmé en fin d'après-midi et la température s'est maintenue à un 16 degrés acceptable avec le soleil en prime. C'est presque l'automne et on frise le 48e parallèle après tout (environ à la hauteur de Rimouski).

On a trouvé desserts, apéros et un excellent souper sans trop chercher. La bière slovaque n'est pas trop dans notre palette de goût. C'est de la Pilsner, une bière de soif qui manque de corps, mais on s'en contente.

On se dirige vers la capitale slovaque demain en implorant Éole de se calmer ou de faire tourner la girouette.




47.75916,18.12422


Trame sonore du jour:

Le râteleur, Martin Léon, Le Facteur Vent

"On a beau avoir toute la compassion du monde pour le monde
On donne pas toute sa vie coûte que coûte
À gosser sur une huître pour qu'a l'ouvre"
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1 commentaire:

  1. Entre une Guiness et une pilsner en Hongrie ... grosse question de la journée!


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