2013-09-03

Jour 5: Relax, Stress, Relax, Stress

75 km. Cum: 266 km.

Pirot, Serbie - Autant on a travaillé fort hier, autant on a pris ça mou aujourd'hui. On a fait la grasse matinée, car de toute façon, le déjeuner était seulement servi à partir de 8:00. Y a pas de presse.

Après le petit déjeuner, on a pris le temps de faire une courte tournée du quartier - à la clarté cette fois. On est impressionné de ces très grandes places dégagées, souvent affublées de statuts grandiloquentes datant du communisme totalitaire. Ces vestiges d'une autre époque sont bien récupérées et valorisées en aires publiques réservées aux piétons, flâneurs et cyclistes québécois en liberté.

Sortis de Blagoevgrad à la boussole, nous roulons une vingtaine de km sur une route un peu trop passante à notre goût. C'est la route telle quelle prise dans un topo-guide officiel que j'ai converti au cm près dans le GPS, mais on réalise que quand l'auteur disait "route passante", il ne faisait pas dans l'euphémisme.

Bien contents de bifurquer à gauche, on complète notre journée de moulinage dans le creux d'un sinueux canyon le long de la rivière Struma. On se laisse glisser dans ces méandres aux ondulations confortables au son des clapotis de la rivière en contrebas. On a vu pire un lendemain de fête du travail.

Arrivés à Kyustendil vers 13:00, on commence par trouver la gare pour acheter les billets de train. Et oui, on revit l'expérience ferroviaire de nouveau. Vous vous dites: mais qu'est-ce qui leur prend ? Bon, le topo-guide en question témoignait d'une expérience à la Indiana Jones en cuissard dans la section frontalière qui sépare la Bulgarie de la Serbie. Ainsi, on a choisi depuis longtemps de passer de Kyustendil à Pirot (Serbie) en train. Ça se fait en 2 segments avec un transfert à Sofia.

Comme le départ est à 17:39, ça nous donne l'après-midi pour relaxer. Destination terrasse en zone piétonnière. Première étape: la bière d'arrivée. Au lieu d'une twist-cap, ils ont des capsules qui s'arrachent comme sur une vieille canette (vieille comme pour quelqu'un dans la quarantaine).




Le chef est venu directement à notre table pour nous expliquer le menu du jour dans son meilleur anglais. C'était typique: Salade tomates, concombre, oignon, persil et fromage; soupe aux asperges une assiette de porc avec des patates en purée. Très bon, sauf la purée patates avec du 4-épices qui fait tellement 1978.

On a bretté là longtemps, sirotant la bière, profitant du wifi et de l'ombre. Au moment de demander l'addition, on a expérimenté une curiosité culturelle bulgare. Les gens hoche la tête pour non et la remue de gauche à droite pour signifier oui. On a cru un instant que la serveuse refusait de nous apporter la facture. Très bizarre comme différence de langage corporel.

On s'est ensuite promené dans Kyustendil en poussant les vélos pour trouver le supermarché. On se fait regarder pas mal. On ne croise pas de cyclo-sportifs, alors on détonne avec nos cuissards, maillots et casques. Le miroir de casque fascine encore tout autant. Certains pensent qu'il s'agit d'une caméra.

On a cherché une pâtisserie en vain et on s'est rabattu sur les baklavas de l'épicerie. Obélix aurait jugé qu'on les a partagés à parts égales. Après une autre promenade, on s'est fabriqué un lunch pour le train et on est monté à temps pour se faire une place avec nos bolides. Ce premier segment est dans un train moderne avec assez de place. C'est serré un peu, mais c'est mieux que la dernière fois.  Au moins, on a une première étape de franchie.  Ce qui m'embête un peu, c'est qu'on a seulement les billets jusqu'à Sofia et on devra retourner à la billetterie rendu là pour acheter les billets du deuxième segment et on n'aura que 20 minutes pour le faire.

Monia qui abhorre les animaux domestiques de toutes sortes se désole qu'on ait besoin d'un billet supplémentaire pour un vélo, mais que le chat de la dame d'en face qui sent la litière (pas le chat, la dame) n'a probablement pas de billet pour son félin...

Arrivés à Sofia comme prévu à 20:07, c'est la course avec les vélos dans la gare pour se procurer nos billets pour Pirot. Je suis refoulé à la caisse que je connais, on me dit d'aller à la caisse internationale qui est à quelque part dans la gare. Je sprinte au comptoir d'information qui me pointe dans la bonne direction. Arrivé là, je fais comme d'habitude et je récite le nom de la destination dans toutes les déclinaisons d'accent que je peux. Je me bute à une face bulgare qui m'explique en anglais approximatif et surtout expéditif de me présenter au train, ligne 5, on ne vend pas de billets ici 10 minutes avant le départ, on doit les acheter sur le train. Go, go, go, escaliers, plateforme, plein de monde qui parle avec un contrôleur très laconique. Je recommence ma récitation, mais le contrôleur m'ignore, finit par monter. Ça regarde mal, mais on en trouve un autre et il comprend l'anglais. J'insiste, à la limite du harcèlement, et je lui confirme que j'ai de l'argent pour payer et il accepte qu'on monte avec nos vélos au bout du wagon où la toilette parfume au max. On doit rester debout pour les tenir. Oh là là, belle balade en perspective, mais au moins, on est dans le train. Une autre étape de franchie.

Il décolle à l'heure - 20:30. Un jeune serbe ivre qui vient aux toilettes commence à socialiser (et surtout monologuer). Quelle tache avec son histoire qui tourne en rond.  Les contrôleurs viennent nous expliquer qu'ils ne peuvent nous vendre qu'un billet jusqu'à Dimitrovgrad à la frontière, comme nous achetons directement d'eux, car un équipage serbe va monter à bord après le contrôle des passeport (à bord). Que c'est compliqué, mais on nous fait un ticket valide jusqu'à la frontière, c'est toujours ça de gagner.  Qu'est-ce qui va se passer rendu là, ça demeure un mystère, mais on avance.

22:00, les passeports sont contrôlés pour la sortie de la Bulgarie avant de passer la frontière. Nous voilà passés la frontière sans quitter le train, nous arrivons à la gare de Dimitrovgrad. On recule l'heure, changement de fuseau horaire. Contrôle serbe des passeports, nous sommes étampés, un autre cran de franchi. Ça pue toujours autant à côté de la toilette. Ça craint vraiment comme odeur, mais on y est presque.



Le train s'ébranle de nouveau à 21:30 après tous ces contrôles et un changement de locomotive. On achète notre billet serbe 5 minutes avant de sortir. Rendus !!!

Mais c'était sans compter que l'hôtel réservé n'était pas situé précisément sur le GPS. Un de ces endroits que ni Google Maps ni Booking.com ne situent correctement. J'ai un repère latitude-longitude sur l'appareil, mais pas de carte. Un point dans le vide et ma position. Il fait noir, le point n'est pas au centre de la ville. Heureusement, on est équipé en lumières. Je n'élaborerai pas, mais ça avait l'air d'Amazing Race, il y a eu une rivière, un lac, des sentiers, des aboiements terrifiants, un centre de loisirs, des clôtures, quelle galère. C'est toute une expérience de se retrouver à la complète noirceur, dans le champ, peut-être dans l'arrière-cour d'un habitant avec des chiens invisibles qui jappent à se démettre la gueule, dans un pays où très peu de gens nous comprennent et qui était en guerre il y a à peine 15 ans.  Disons qu'on n'oubliera jamais.  Une bonne heure plus tard (23:30), on a trouvé le &&#£€& d’hôtel.

Over and out.

43.141602,22.600626


Trame sonore du jour:

In My Life, The Beatles, Rubber Soul

«All these places have their moments
With lovers and friends I still can recall
Some are dead and some are living
In my life I've loved them all»

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2 commentaires:

  1. Ah! Les descriptions olfactives des journées précédentes...Pins, pruniers, poivrons...Mmmm....
    Aujourd'hui, ouf! Dure journée pour le nez!
    Bon vélo demain.
    Nancy

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  2. Grosse journée. Je suis surprise que Monia n'avait pas amené son M. Net et son pledge pour éliminer ces odeurs.
    IsabelleXXXX

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