2013-09-17

Jour 19: Au revoir Budapest

0 km. Cum: 1332 km.

Budapest, Hongrie - Quand est-ce qu'on peut dire qu'on est vraiment arrivé ? Ça fait trois jours qu'on s'est confortablement installé et qu'on vadrouille gaiement dans Budapest comme si on y résidait définitivement. Comme si nous n'étions plus en voyage. On se considère en voyage, car on a une date de check-out, un billet de retour, qu'on est juste en vélo et qu'on a du mobilier et de l'immobilier qui nous attendent outre-Atlantique. Mais quand même, ne sommes nous pas toujours en voyage ? On demeure à, on reste à, on retourne à, mais aussi permanent qu'on considère une situation, est-on vraiment arrivé ? Vous, êtes-vous arrivés pour de bon ?

On peut dire que nous sommes venus à Budapest, à tout le moins y sommes nous passés. On y est venu significativement plus que quand on va à Sutton pour notre balade à vélo régulière. On dit qu'on va à Sutton, mais on roule jusqu'au Esso ou au coin Academy/215 et on revient immédiatement à la maison à toute vitesse. Certes, on y touche géographiquement parlant, mais y va-t-on vraiment si on pose le pied à terre seulement revenus à la maison ? Un extra-terrestre qui nous observerait y verrait une énigme insoluble. Pourquoi aller à Sutton (ou Richford, ou Frelighsburg) si le but c'est seulement d'en revenir ?

Il y a aussi ce paradoxe de finalité dans nos activités totalement détachées de notre base de subsistance. Que ce soit le golf, la randonnée ou le cyclisme (ou tout autre activité ludique de longue haleine), le moment de grâce de l'activité découpé de façon discrète (comme la tangente de la courbe au point de plaisir optimum) serait totalement insupportable en mode permanent, même si on cherche constamment à le reproduire. Sur une route parfaite, le vent dans le dos, en descendant en roue libre, en congé, en itinérance, etc, on finit toujours par espérer l'arrivée à l'hôtel. En montagne, surtout passé le sommet, dans les derniers km, on anticipe de revoir la voiture ou le lean-to. Au golf, malgré une journée parfaite sous la normale, au 15e, on espère arriver au 19e sans trop de dommages. On n'arrive jamais. On recommence tout le temps. Peut-être que les bouddhistes ont la clé avec leur cycle ininterrompu de construction et de destruction...

Toujours est-il qu'aujourd'hui, c'est encore une journée de touriste. Mais avec le froid et le vent, on est habillés comme la chienne à Jacques et on s'en fiche pas mal. De toute façon, qu'on s'habille de n'importe quelle façon, on se fait regarder tout le temps. On n'est pas assez arrivés il faut croire.
Après un petit déjeuner copieux, nous sommes allés acheter nos billets pour visiter le parlement et nous sommes de nouveau montés au Palais de Buda pour l'explorer (de l'extérieur maintenant que l'expo-vin est terminée).











On a pu visiter le parlement (3e plus gros au monde, calqué sur le parlement de Londres) qui est très beau de l'extérieur. Malheureusement, c'est journée d'assemblée et aussi de congrès, alors on ne peut visiter les ailes parlementaires. On a quand même pu entrer sous le dôme central, où on expose la couronne millénaire. C'est dommage de faire une visite écourtée, mais le guide nous donne quand même une bonne idée de l'histoire de la Hongrie et du parlement lui-même. Et ça fait changement d'entrer dans un bâtiment grandiose qui fut érigé ainsi au nom de la liberté de parole et du droit de représentation.




Après notre lunch, je nettoie les chaînes de nos vélos et on va passer l'après-midi froid et venteux au Musée des Beaux-Arts. C'est une collection permanente très étoffée (Rubens, Bruegel, Le Greco, Raphaël entre autres).

On a terminé la journée en profitant du confort de l'appartement pour préparer les prochains jours. Une belle journée relaxe avant de continuer d'arriver (mais sommes-nous vraiment partis ?)...




47.513695,19.048505


Trame sonore du jour:

Beau Temps Mauvais Temps, Tricot Machine, Tricot Machine

« Pourquoi courir si ça nous mène
Tout droit au ciel pour cent mille l’an
Comme disait Woody Allen
L’éternité c’est long longtemps… surtout vers la fin »

.

- Posted using BlogPress from my iPhone

7 commentaires:

  1. Je crois que le fait de rester en place fini par aller à l'encontre de notre humanité de notre soif d'exploration et d'apprentissage. On a besoin de bouger pour notre corps mais surtout faire marcher notre petit singe communément appelé notre cerveau! Il faut pas arrêter de l'alimenter celui la... Never stop exploring comme dit si bien le sloguant de North Face

    RépondreEffacer
  2. C'est là qu'on voit que certaines personnes ont un QI vraiment trop élevé. Des fois, quand on en a de trop, est-ce que cela peut faire du gaspillage. La prochaine question à se poser est donc, est-ce que cela existe le gaspillage d'idées :-)

    Isabelle

    RépondreEffacer
  3. 4 commentaires:

    1-On dirait que parfois on a besoin de partir de chez soi pour apprécier ce qu'on a. Perdre pour mesurer ce qu'on avait....Faire des efforts pour savourer la détente. Être débordée pour souhaiter n'avoir aucun projet....
    2-Arriver c'est aussi avoir atteint ces buts. Dans ce sens là, c'est bon d'arriver mais aussi de repartir sans trop tarder.
    3-Bonne arrivée d'avance pour votre prochain départ demain..............
    4-Éric tu es drôle et inspirant! ......mais tout de même je ne peux m'empêcher de dire:Sors de ce corps Satan! As-tu trop manger de sucreries?
    Nancy

    RépondreEffacer
  4. Il faudrait définitivement le demoniser... il dit trop souvent : 'wich is good' :)

    RépondreEffacer
  5. Je pense qu'il est grand temps que tu partes de Budaptest... ou que tu arrive ailleurs... que tu changes de place... reste en mouvement!!! lol

    RépondreEffacer
  6. Mets-en...au nombre de fois que j'arrive a peine et qu'il faut que je reparte, ca veux-tu dire que dans l'fond j'étais deja arrivé mais j'étais pas encore parti?

    RépondreEffacer
  7. «Il n'est point de réel voyage dont la destination ultime ne soit le point le départ.»
    - Carlos Fréchette

    RépondreEffacer

Laissez-nous un p'tit mot...