2013-09-26

Jour 27: Sissi, c'est fini

0 km. Cum: 1640 km.

Vienne, Autriche - C'est notre dernière journée de farniente avant de reprendre nos montures pour les derniers deux-cent quelques kilomètres qui restent jusqu'à Linz. C'est assez incroyable combien le temps donne l'impression de se comprimer dans ces moments de libre itinérance.

Aujourd'hui, dernière journée à Vienne, c'était comme la journée des restants. Pour commencer, nous sommes retournés à l'hôtel de ville pour essayer une meilleure photo maintenant que les tentes abritant l'évènement d'équitation du weekend sont enlevées. Comme la façade est en rénovation, ce n'est pas concluant, on ne pourra vraiment faire mieux. On tente aussi de visiter l'intérieur, mais c'est fermé pour la semaine.




On erre alors au gré du vent jusqu'à se rappeler que notre billet de visite de l'Opéra de la veille est valide pour une visite du musée de l'Opéra, situé tout près. On s'y rend et on prend tout notre temps pour essayer de s'imprégner de cet art peu accessible. Le matériel le plus captivant est à propos des célèbres directeurs passés comme Richard Strauss et Gustav Mahler. Ce dernier s'est converti du judaïsme au christianisme pour pouvoir devenir directeur en 1897. Aussi, c'est lui qui a instauré la discipline actuelle dans les salles d'opéra. Depuis son avènement comme divertissement, l'opéra était un endroit où on allait jouer aux cartes, manger, boire et potiner en regardant distraitement la prestation sur scène. C'est Mahler qui a renversé ces comportements et exigé un décorum strict pour les spectateurs, refusant l'entrée aux retardataires qui encore aujourd'hui doivent attendre l'intermission s'ils ont abusé du Cialis. Autrement, c'est la section du musée sur la période nazie qui est d'un grand intérêt. À cette époque, des œuvres non-aryennes ont été mises à l'index, Wagner a été mis à l'avant-plan et tous les artistes et techniciens juifs ou non-alignés ont été écartés des prestations. Grand soulagement pour les artistes en 1945, mais malheureusement l'édifice a été bombardé avant la fin de la guerre.

En après-midi, on profite d'un autre restant de ticket combiné en visitant le musée des meubles impériaux. À la chute de l'Empire, après la 1ere guerre, l'état a hérité des propriétés impériales, mais aussi d'une quantité significative de meubles. On en a encanté, on en a loué à des hauts-fonctionnaires, mais on s'est vite rendu compte de leur grande valeur patrimoniale. Ce musée renferme donc une partie de cette collection.




Après quelques survols historiques, on passe à des salles où on a reproduit des pièces comme elles étaient disposées à l'origine. Ici et là, un écran joue en boucle des extraits des films avec Romy Schneider avec, tout près, les meubles authentiques qui ont été utilisés dans la scène présentée. Sinon, pour le reste, ça donne l'étrange impression de marcher chez Germain Larivière, Philippe Dagenais ou Ameublement Tanguay, à la différence près que les éléments du décor sont d'un siècle tout autre. Vous devez vous dire qu'Éric a dû finir par en avoir marre de pseudo-magasiner. Mais non, c'est Monia qui a fini par dire: "Là, Sissi, p'us capab' !". C'est vrai qu'on finit par en revenir de Sissi. Mais, je pense que ce qui fait déborder le vase (sans faux jeu de mots), c'est la collection de cabinets d'aisance d'époque pré eau-courante. Là, s'cusez-là (le retour de mononcle bonhomme) mais c'est là que Chi-Chie l'impératrice. ;-)




Comme il y a une belle zone commerciale en ressortant et que Monia ne rechigne pas à faire la revue des tendances mode, je marchande de la laisser prendre son temps pendant que je fais un dernier test des glaces viennoises à la gelateria d'à côté.




Avant le souper, on profite de la présentation en plein-air et en direct de l'opéra Tristan et Iseult. On n'y comprend rien évidemment, car c'est en Allemand, mais je pense aussi qu'on aurait besoin de l'accompagnement d'un vrai passionné pour vraiment apprécier cet art. Un beau moment quand-même en plein centre-ville.




Hormis ce thème récurrent et un peu abusé de Sissi, on retiendra deux mots pour Vienne: musique et vélo. À la station de métro Karlsplatz, il y a des toilettes avec musique de chambre, on propose des concerts à tous les coins de rue et les musiciens de rue sont top niveau. Côté vélo, c'est sans aucun doute la ville la plus cyclable que j'ai vue. Toutes les rues principales sont organisées également pour la voiture et pour le vélo avec lignage, signalisation et feux pour chaque mode en intégrant bien sûr les piétons de façon joliment balancée.

Notre dernier repas à Vienne est un véritable succès au restaurant Mini. Un restaurant hongrois, mais qui s'éloigne de la traditionnelle goulash. Mon foie gras d'oie est absolument phénoménal, surtout avec le petit Tokay liquoreux qui va avec. Le tartare de saumon, le confit de canard et le gigot d'agneau sont aussi excellents et que dire du mi-cuit au chocolat pour finir en beauté.

On va tout dépenser ça demain la gueule dans le vent du nord-ouest. Au revoir Vienne et Adieu Sissi !

48.18627, 16.32484


Trame sonore du jour:

Kayleigh, Marillion, Misplaced Childhood
"Do you remember chalk hearts melting on a playground wall
Do you remember dawn escapes from moon washed college halls
Do you remember that cherry blossom in the market square
Do you remember I thought it was confetti in our hair"

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1 commentaire:

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