2011-09-22

À mon tour d'être en robe

Linz, Autriche - Monia de retour au clavier.
Bonjour à vous tous. Je suis extrêmement soulagée de voir comment Eric se porte aujourd'hui. Il marchait dans le corridor libéré de son paquet de tuyaux quand je suis arrivée. Le congé de l'hôpital est prévu pour vendredi matin et l'assurance-voyage s'occupe de notre retour.
Merci pour tous vos messages d'encouragement. En plus de votre support moral, je suis reconnaissante de l'aide précieuse que nous avons sur le terrain. Sur le site de l'accident, les premiers cyclistes arrivés sur place ont sacrifié une toile imperméable qui couvrait leurs bagages pour protéger Eric des intempéries avant l'arrivée des secours. Un de ces cyclistes m'a donné son polar et a refusé de le reprendre. L'infirmière de l'urgence m'a cherché un hôtel en m'aidant de son mieux avec son anglais approximatif. Les réceptionnistes de Harry's Home ont fait quantités d'appels en allemand pour moi. Les policiers ont pris grand soin de nos vélos en attendant qu'on solutionne cet aspect. De l'aide inestimable quand on est loin de chez-soi.
Je laisse le clavier à Eric qui doit commencer son programme de physio en tapant un premier message sur son téléphone - Monia
+=+=++
Rassurez-vous (ou pas), j'ai encore mes dix doigts fonctionnels, du moins suffisamment pour pitonner sur notre bidule. Étonnant, la vitesse à laquelle Monia a pu apprendre à se servir du iPhone. Elle n'osait même pas y toucher avant l'accident. On peut dire que c'est un crash course...
Comment décrire cet incident. Je cherche des comparatifs depuis deux jours. Le mieux que j'ai trouvé, c'est le marathonien qui tombe dans un trou d'homme au 32e km. Maudite barrière. Difficile parfois de différencier certaines routes de la piste cyclable ici, tellement les routes peuvent être étroites. La barrière est là pour bloquer le trafic motorisé. Au même endroit, le GPS me propose un contournement, mais c'est probablement pour contourner un peu largement l'entrave que crée la barrière. On vient pourtant d'engager une belle ligne droite qui nous ramène au Danube, vent de dos, c'est roulant en masse. Je lève la tête du GPS pour essayer de voir la déviation. J'ai réalisé une seconde avant le brutal impact. Ça flashe et reflashe dans ma tête. On ne peut pas reculer. Faut croire que nos voyages de vélos (les miens du moins) sont voués à des demi-succès. Ça fait déjà trois bras de cassés.
Recousu, je me laisse bercer par le personnel médical et surtout par la grande maîtrise de Monia en temps de crise. Comme on dit en anglais: "She's taking care of business". Mes deux bras cassés, c'est elle qui porte les culottes et moi qui est maintenant en robe (d'hôpital)...
Pour l'instant, je ne sais pas trop comment avaler ça. Toute cette préparation, toute cette logistique, ce feu roulant de mots et de km qui s'écrase sur une barrière. Mon co-chambreur, lui, ne sait pas s'il pourra retrouver l'usage de ses pieds suite à un accident de parapente. Moi, ça va rentrer dans l'ordre. Va juste rester à accepter la chute.
À bientôt, au plaisir de vous serrer la pince (pas trop fort svp).
- Eric









9 commentaires:

  1. Merci beaucoup pour les nouvelles. Content de voir que tu sembles assez serein par rapport à tout ça! Tu es très chanceux d'avoir Monia à tes côtés.
    À bientôt.

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  2. Bon retour sur le claiver Éric !! Lâche-pas..il y a des évènements dans la vie qui nous rendent plus fort..mais malheureusement, ces même évènements sont habituellement pas vraiment agréables ! J'ai l'impression de répéter un ancien message ici..

    Bon paisible retour !!

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  3. Content Éric de constater que tu as encore toute ta tête! Cet humour discret et songé... j'adore!

    Bon retour en Amérique!

    P.S. J'aurais quelques questions techniques à te poser mais je n'ose pas ici ;)

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  4. Ouais...

    J'avais déjà entendu parler de voyages qui "coûtent un bras", mais j'ai toujours pensé que c'était au figuré....mais là, je ne suis plus sûr...et les deux en plus.

    Vivement l'invention du "Total Recall" pour des vacances intenses mais plus sécuritaires.

    En attendant, bon courage, gardez votre sens de l'humour et surtout ne baissez pas les...bras...ou la garde. (oups).

    Larry, Curly et Moe.

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  5. Je suis soulagée...tu as en plus, trouvé le moyen de ME faire rire..!
    Je vais essayer de faire un détour par chez vous bientôt...J'ai envie de vous voir...et de vous faire un gros câlin...

    Monia, lâches-pas ! xxx

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  6. J'ai suivi avec grand intérêt votre belle aventure, mais là, c'est plus que le client en demande! Bien contente de vous relire tous les deux. Bon courage, portez-vous bien et bon retour X. Carole.

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  7. C'est le fun de voir que tu as encore envie de sourire après une épreuve comme celle là mais bon j'ai bien aimé vous suivre durant votre voyage bon retour chez vous et lâchez pas. Marie-Josée T.xx

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  8. Vraiment vous êtes dû pour des vacances dans le Sud sur une plage!!! Super de vous savoir en sécurité et bien soigné! Bon courage et bon retour. Catherine et Francis. xx

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  9. ton humour est intact, c'est signe que tout va se replacer, une chose est certaine quand tu seras vieux, tu ne manqueras pas d'histoires a conter.... un vrai Fred Pelerin en devenir... bon retour a vous deux et bonne convalescence a toi. Pierre D

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