2011-09-11

Jour 9: Voici les Alpes

127 km. Cum: 862 km.

Traunstein, Allemagne - Quand on est à Bromont, on dit qu'on est de la Rue Shefford. C'est pas tout à fait ça, mais suffisamment précis. Quand on est à Montréal, on dit qu'on est de Bromont. Ailleurs au Québec, on dit Bromont, mais des fois on ajoute "pas loin de Granby". Quand on traverse la frontière le moindrement, comme ici en Europe, on vient de Montréal. Ce n'est pas pour renier notre patelin, mais la plupart de nos interlocuteurs connaissent Montréal soit par les Olympiques, les Canadiens ou peut-être parce qu'ils sont bons en géographie. Régis Labeaume aimerait peut-être qu'on vienne de Québec pendant nos sorties outre-mer. On pourrait tester ça pour voir.

On sait que les Montréalais sont reconnus à travers le Canada pour leur indiscipline dans la rue. Ils traversent au milieu de la rue (ce qu'on appelle en anglais jaywalking). Le comportement des piétons dans une ville est en général un bon indicateur de la culture collective. À Toronto, j'ai été tiré par la chemise par des gens que je connaissais à peine quand j'ai voulu traverser la rue Yonge sur une rouge alors qu'il n'y avait aucun véhicule à 3 km à la ronde. À Damas en Syrie, les voitures passent à toute vitesse même si le signe pour piétons est au vert pendant qu'un gendarme ininteressé siffle aléatoirement. Et à Dublin en Irlande, Andy Grondin m'a sauvé la vie à peu près 10 fois, mais ça c'est parce que les voitures roulent à gauche et que je regardais du mauvais bord avant de mettre le pied dans la rue. En Allemagne, c'est la discipline qui règne. Nos réflexes de Montréalais ont été la cible de regards désobligeants à quelques reprises. Les gens attendent patiemment que le signal piéton ou le signal vélo (dépendant du mode de déplacement) vire au vert quelque soit le volume de la circulation. Ce matin, Monia m'avait averti de respecter la signalisation en sortant de Munich. Au 5e km, elle m'a dépassé et ses habitudes montréalites ont repris le dessus. Elle était très prudente, mais pas au point d'attendre au coin d'une ruelle déserte au son des crickets jusqu'à ce que ça vire au vert. Elle change parfois d'idée quand il est question de suivre ses propres conseils. Ah la Fraulein Pelletier !

Avant de partir, on a déjeuné dans la chambre avec du pain aux raisins et du beurre d'arachides (produit d'importation trouvé au supermarché). On a fait ça pour éviter de payer les 30 euros (!) pour deux du buffet déjeuner de l'hôtel et aussi parce que c'est dimanche et le dimanche ici, c'est très férié. Rien d'ouvert ou presque. Il faudra adapter notre cheminement à ses dimanches sans commerces.

Ça nous a permis de quitter tôt (7:15). Temps impeccable pour rouler, pas un nuage, 14C. Le premier segment du trajet était une longue ligne droite vers l'est pour sortir de Munich. Ça a donné 15 km de Longueuil avec pleins de feux de circulation respectés par presque tous. On a calé un café à une rare boulangerie ouverte, dose nécessaire pour caféïnomanes en cavale.

Éventuellement, nous sommes aboutis dans la campagne aux effluves agricoles (fumier aux arômes de confiture qui cuit; fromage de chèvre), mais aussi de beaux corridors forestiers, des prucheraies notamment. À la cime d'une des montées, les Alpes nous sont apparues à l'horizon. Une belle découpe bleutée dans l'horizon sud. Wow! Il fallait nous voir le sourire. On a dû finir par avoir des mouches sur les dents.

Après Rosenheim, nous avons entamé un collage de pistes cyclables qui longent coup sur coup le lac Siem et le lac Chiem. Comme c'est dimanche, il y a beaucoup de cyclistes du dimanche et comme nous sommes surtout habitués à rouler sur la route, la piste du dimanche défie pas mal notre patience. Chiens, promeneurs, baroudeurs deux de large, jeunes intrépides en sens contraire, ah la galère. Aussi, la température a atteint 30C, ce qui effile les rognons. Mais le panorama oh la la! Les premières Alpes derrière le lac et ses voiliers, de toute beauté.

Nous avons trouvé un lunch minimal dans une cantine pour baigneurs. Et plus tard, une erreur de navigation nous a mené à une station-service pour voitures ce qui nous a permis de faire le plein (d'eau).

Nous sommes arrivés à Traunstein à 14:40. Se rendre à Strasbourg aujourd'hui nous aurait mis tard pour faire le moindrement de visite et comme Air Canada nous a amputé d'une journée avec nos retards de bagages, nous ne nous permettrons pas une journée supplémentaire de repos complet. Alors demain nous serons à Strasbourg au bout de seulement 38 km et nous pourrons voir un minimum de cette ville où est né Mozart.

On a d'abord cru qu'on aurait de la difficulté à trouver un toit ici à Traunstein, tellement le dimanche est tranquille, mais on a trouvé. Il y a quelques bars ouverts et la plupart des restos ouvrent en soirée. Mon premier arrêt, une cornet trois boules. Quelle invention incroyable que la crème glacée ! Monia ne se laisse même pas émouvoir par ces cristaux laitiers pleins de bons gras et de saveurs sublimes. Elle me regarde déguster ça et attend de pouvoir se mettre un biscuit sablé à la confiture sous la dent. Je préfère la crème glace. Et vous, quelle est votre invention préférée ?

Ce qui fait jaser les gens qui nous rencontrent, ce sont sans contredit nos miroirs de casque. Si quelqu'un nous interpelle avec un sourire, c'est immanquable, il pointe le miroir. Ils n'en vendent pas ici et c'est tellement inhabituel pour eux que ce matin en quittant Munich, un touriste coureur a cessé sa course pour nous dire qu'il nous avait déjà croisés. Il nous a reconnus aux miroirs qu'on porte et nous avait remarqués en nous voyant la première fois tout près de Radolfzell... ...à 500km de Munich !

47.86880, 12.64344


Trame sonore du jour:

Racing in the Streets, Bruce Springsteen, Darkness on the Edge of Town
« Some guys they just give up living
Little by little, piece by piece
Some guys come home from work and wash up
And go racin' in the street »

.


- Posted using BlogPress from my iPhone

3 commentaires:

  1. TELLEMENT agréable de vous lire...profitez-en bien...xxxxx

    RépondreEffacer
  2. Hum, moi qui pensais voir une photo du cornet... :-D Mais comme je ne peux plus en manger, ce genre de chose me laisse de glace.. ! Et pour répondre à ta question, un bon cidre de glace à l'érable du Domaine Pinacle !!

    RépondreEffacer
  3. Comme le disait Confucius,

    "Que ton casque soit ton miroir; puisse-t-il refléter les beautés du chemin parcouru".


    Larry, Curly et Moe

    RépondreEffacer

Laissez-nous un p'tit mot...