Tuttlingen, Allemagne - Je me suis toujours dit que c'était une mauvaise chose de généraliser. On ne peut pas étendre une certitude sur l'observation répétée d'un phénomène ou d'extrapoler à tous les individus d'un pays les idées véhiculées par ceux qui les gouvernent. J'allais donner des exemples canadiens, mais les ressortissants de tous les pays du monde ont un petit quelque-chose de gênant qui entache leurs gouvernants. Tous les Américains ne sont pas Obama, tous les Canadiens ne sont pas Harper ou Bev Oda. Non, il vaut mieux regarder chaque individu d'abord comme un être comme nous à la poursuite du bonheur et d'adopter l'attitude ouverte d'un spécialiste de l'infrastructure informatique et répondre: "Ça dépend" à toutes les questions difficiles. Un long détour pour dire que les Allemands mangent beaucoup trop salé et que les cyclotouristes européens roulent toujours sur des pneus trop larges.
On a bien roulé aujourd'hui. Cependant, nous sommes surpris de constater une évidence qui nous avait échappée dans la préparation: Notre vitesse moyenne est médiocre comparée à nos longues randonnées locales habituelles. D'abord, nous sommes en terrain inconnu. Aussi, la route est majoritairement sur des pistes cyclables. Bien qu'asphaltées 80% du temps, elles impliquent des intersections routières et des connections multiples qui demandent d'observer, ralentir, tourner, accélérer. Le GPS ne fait pas la nuance entre la piste parallèle et la route qu'elle longe et nous dévions parfois momentanément (pas une question de se perdre, mais question de sécurité). Finalement, nous sommes souvent contemplatifs et en vacances. Bref, on fait du 20-21 km/h au lieu du 25-27 habituel. Un spécialiste de l'infrastructure informatique aurait sûrement vu ça tout de suite. Ça dépend de l'objectif et de l'environnement.
Nous avons suivi les coudes du Rhin jusqu'à Radolfzell au pied du Bodensee (Lac Constance). Toujours avec l'odeur un peu maritime du fleuve à tribord, nous avons surtout été en zone agricole et résidentielle passant plusieurs fois de l'Allemagne à la Suisse au point de finir par ne plus savoir exactement le pays où on était. À Jestetten, on (Monia) a fabriqué un excellent sandwich avocat, dinde et emmental dans une baguette haute résolution (18 grains minimum). Wow!
La Suisse remporte la palme pour les petits villages entourés de vignes et de vergers. Évidemment, j'ai chanté le thème d'Heidi tout le long, mais ça a remplacé celui des Simpson qui me tournait dans le coco depuis la centrale d'énergie que nous avions contournée à Hohentengen. En passant, la doublure française (Made in France) d'Homer est une vraie honte. Monia a lesté son livre poche (et pas très de poche) et s'abrutit devant la télé pendant que je rédige.
Les chutes du Rhin et Stein Am Rhein ont été les surprises de la journée. Nous étions émerveillés et encore frais avec seulement 40 km à faire après Radolfzell, mais il restait une surprise. Voyez, Tuttlingen (notre destination aujourd'hui) est dans le bassin versant du Danube et Radolfzell au bord du Rhin. Pas besoin d'un spécialiste de l'infrastructure informatique pour comprendre que ça ne dépend pas pantoute, il faut se taper la ligne de partage des eaux. Ainsi, c'est une vingtaine de kilomètres de grimpe qui a clos la journée. Au final (les Français disent tous ça), c'est 1420 m d'ascension pour la journée. Pas mal fier de ma routarde et de son Cannon. (Cannon: Satisfait, Marc H. ?). Pendant cette montée, elle a trouvé que je généralisais vraiment trop quand voyant une ligne de pylônes, j'ai décrété que c'était la crête et que ça redescendrait tout de suite après. Bulls**t, les pylônes suivent toujours une crête. Mais pas nécessairement La crête.
On prend un beat tranquillement. Nous sommes partis à 7:55 ce matin ravitaillés en eau la veille. On pense quitter vers 7:00 heures demain. Plus tôt signifie plus froid (mais ça dépend). 9C ce matin au décollage. 21C à Radolfzell. Question d'heure de départ, nous sommes surtout tributaires de l'heure du déjeuner. Parlant de bouffe, nous réalisons que d'avoir appris quelques mots d'allemand aurait pu être pratique au resto. Monia qui a l'habitude de lire (tous) les menus des restaurants avant de choisir est assez déroutée merci. Les serveurs sont compréhensifs (en général).
Déjà des commentateurs mystérieux sur le blog. Larry, Curly & Moe qui m'assure savoir que je ne suis pas fou. Je trouve qu'il généralise pas mal...
Trame sonore du jour:
Old Man, Neil Young, Harvest
"Old man take a look at my life
I'm a lot like you
I need someone to love me the whole day through
Ah, one look in my eyes
and you can tell that's true."
.- Posted using BlogPress from my iPhone
A connaît ça Monia...essaye pas de lui en passer une tite vite....!!!!
RépondreEffacerPas mal belle dans sa robe...pis toi bien...ben beau dans TON tee-shirt...
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Lachez pas ca !! Très intéressant a lire !!! On est avec vous !!
RépondreEffacerPhil, un pédaleux en formation... :)
Manche Menschen essen auch Infrastruktur zu viel Salz, aber ihre Würste sind kleiner
RépondreEffacerIch bin ein Berliner
Enfin, on s'affirme... Tes encouragements 'manqués' avec les pylônes me rappele vaguement une descente du Mont Washington versant du Tuckerman... 15 minutes Dave...
RépondreEffacerLâchez pas et profitez du paysage!
Éric, Je viens seulement de commencer à lire votre périple et une fois de plus je vous remercie de nous faire vivre un si beau voyage!
RépondreEffacerEn passant, en cyclo-tourisme, 20 km/h de moyenne a toujours été ma référence. Chargé ou non, il y a tellement d'impondérables...
Marc, c'est bien "20 minutes Dave" qu'Éric me disait. Le connaissant, tu sais bien qu'il faisait référence au film "Touching the Void" ou le gars blessé a réussi à s'en sortir à coup de 20 minutes... :-).
Monia C'est toujours aussi intéressant de vous lire et de suivre votre périple on dirait qu'on le fait en même temps que vous mais en pensée bon courage profitez du bon temps.
RépondreEffacerMarie-Josée T.