Munich, Allemagne - Sortez l'accordéon, cognez vos verres de bières et chantons tous en chœur Beer Barrel Polka, nous sommes rendus à Munich, capitale de la Bavière et de la bière.
Encore sous un ciel nuageux, nous avons quitté Augsburg vers 7:45. À part la journée 1 entre Strasbourg et Colmar dans une chaleur torride, nous n'avons pas vraiment encore roulé sous un soleil franc. Avoir su, la crème solaire serait restée derrière. Aujourd'hui, le ciel s'est bariolé de nuages de toutes sortes. Des nimbo-stratus, des strato-cumulus, des cottonello-ouatus. C'est plus chaud que la veille, alors on a largué notre veste au 10e km.
Mettant le cap sur Munich, nous avons cheminé dans un axe sud-est jusqu'à l'arrivée avec un bon vent de gueule sur les sections franc sud. Une fois hors de Augsburg, nous avons suivi ce que j'avais programmé sur le GPS. Alors qu'hier les pancartes et les balises étaient supérieures, aujourd'hui c'est le GPS qui nous guide au mieux. Il vaut son poids amplement.
Cette route entre Augsburg et Munich, c'est la Via Julia, une ancienne voie romaine. Vraiment impressionné de toutes les inventions de l'empire romain qu'il nous est donné de découvrir dans presque chaque voyage. Après l'aqueduc de Ségovie (plus haut et plus solide que l'échangeur Turcot), le Décapolis (la première MRC de l'histoire), le Colisée (qu'ils ont construit sans PKP), voilà qu'ils ont aussi inventé les pistes cyclables. La Via Julia traverse un beau parc avec des plans d'eau, de beaux petits coins de forêts, du maïs mûr, de la campagne ondulante avec quelques petits villages qui sont presque tous bâtis autour d'une église dont le clocher est en forme de chocolat "Hershey Kisses" qu'on trouve sur Times Square à 10$ la poche. Ça donne un air oriental, mais ce qu'on a vu de plus exotique ce matin ce sont des autruches.
Excellent réseau de pistes une fois à Munich. À 12 km du centre, nous avons facilement suivi les indications jusqu'à Marienplatz. La conduite urbaine s'est fait plus périlleuse, malgré les pistes bien indiquées. C'est quand même le pays de Michael Schumacher. Sérieusement, la concentration est de mise: Voitures qui reculent des stationnements, portent qui ouvrent, tramways, piétons dans la piste, etc. Aucun incident à date.
Nos incidents n'ont rien à voir avec la sécurité routière. Ce soir, j'ai voulu payer le souper avec ma carte de crédit. Plus de carte de crédit. Mini panique, hausse de pression, bouffée de chaleur. Je paie comptant. Retour à la chambre. Pas de carte. Révise les logs (journal interne des évènements) et il n'y a qu'un endroit où elle peut être si elle n'est pas tombée de mes pantalons et c'est au magasin Globetrotter où j'ai fait mon dernier achat, un t-shirt de plus pour moi pour faire plaisir à Monia. Ça fait que c'est de sa faute. Mais, elle est pardonnée, car ils avaient encore ma carte. Ouf!
Les évènements inhabituels je les transpose souvent en idée de début de film. La scène de départ qui débute pendant que le nom des créateurs et acteurs défilent. Deux anecdotes récents comme exemple:
Cas no 1:
Musique de fond: Fireweeds de Patrick Watson
La scène: Travelling avant sur une table dans un restaurant italien à Ulm (le spectateur ne sait pas où, mais ce n'est pas important). Zoom lent sur la femme assise dos au mur. Elle porte une robe infroissable de bon goût et des sandales sportives élégantes, mais qui contrastent avec les talons hauts et les tailleurs des autres clientes légèrement botoxées et très maquillées. Son visage traduit une fatigue exaltée. Son regard trahit son fébrile questionnement de ce qui serait arrivé si elle avait accepté de fréquenter le nerd qui lui avait fait la cour à 16 ans et qui partage son repas ce soir (bon, ce n'est évident à faire comme face, mais je suis sûr que Pascale Bussières est capable de faire ça). Léger zoom arrière circulaire, on cadre sur le nerd en question. Lunettes sévères, mal rasé, cheveux ras grisonnants. On devine par son t-shirt TheNorthFace, ses sandales et son plan de la ville déposé sur la table que c'est un couple de touristes. On lit dans ses yeux la faim, mais aussi le regret de s'être encore assis la face vers le mur. Zoom out grand angle, pause, une dame derrière le nerd, seule à une table de quatre. Habillée en noir, chandail Nike défraîchi, elle a un verre de vin rouge et le serveur lui apporte son plat de pâtes. Zoom arrière complet sur la salle.
L'anecdote: Son verre à moitié, mais son plat terminé, la dame en noir se lève tout bonnement et sort du resto calmement. Le serveur sort derrière elle un peu paniqué. On devine à travers le point de vue du couple une explication vive sur le trottoir, mais aucune violence. Le serveur rentre, lève les bras avec une moue d'impuissance.
Le potentiel: Qui est cette femme ? Une sans-abri ? Touriste en déroute ? Entrepreneure ruinée ? Ce qui a mené à sa situation pourrait être le corps du film et la réaction du couple, son intervention le point tournant.
Cas no 2:
Musique de fond: Run Like Hell, Pink Floyd
La scène: Séquences rapides montées serrées montrant deux cyclistes empressés à l'entrée d'une ville (C'est Augsburg, on le voit sur une pancarte) changeant de direction constamment. L'écran se divise pour montrer que quelques fois ils cherchent sur un iPhone, d'autres fois sur le GPS. Ça roule, les visages sont fatigués et impatients. On les voit essuyer des refus à des réceptions d'hôtel. Ça a l'air de mal aller (c'est un peu surjoué, c'est un film !). Ils entrent au kiosque touristique, repartent avec une carte, déposent les vélos devant un hôtel, la musique diminue de volume, le rythme se place, le cycliste mâle entre, discute, hoche la tête et remplit la paperasse, il semble contenté. Premiers mots du film, la réceptionniste explique qu'il n'y a pas de place pour stationner les vélos. Discussion animée et insistante (vous connaissez la suite). Le cycliste sort éberlué et sa femme baisse les épaules de dépit.
L'anecdote: Un quidam s'approche du couple. Mi-cinquantaine, sac au bras, un local. Il pointe Monia et se met à raconter quelque chose en allemand (pas de sous-titres) en riant. Le couple lui demande en chœur s'il parle en anglais. Il hoche la tête et recommence son explication sans changer beaucoup les mots. Les mots Chancelier et Angela Merkel sont les seuls mots compris par le couple, mais visiblement pas dans leur meilleur moment d'attention, l'homme même incompréhensible continue son boniment et il rit presqu'aux larmes, les deux cyclistes jouent le jeu et rient de bon cœur malgré leur souci immédiat. Ils n'ont rien pigé. L'homme s'éloigne satisfait.
Le potentiel: Il y a un contrepoint intéressant entre l'urgence relative du couple et la joie spontanée du bonhomme. On pourrait avoir deux histoires parallèles et le point culminant (pas nécessairement chronologique) serait cette scène mais vécue du point de vue du bonhomme et non du couple et dont le reste du film nous permettrait de comprendre sans traduction la raison du fou rire. Ouain, peut-être un court-métrage.
Avec tout ça, on est arrivé à Munich. Nous sommes pas très loin de Marienplatz, le centre historique avec le Rathaus et son carillon animé. C'est splendide. Croyant manger là, on a passé au Hofbrauhaus, la méga-brasserie de 5000 places avec la musique cacophonique. On a vu, on a traversé la place, mais manger à 90 décibels, très peu pour nous. C'est une affaire à faire en famille ou en groupe quand on n'est pas là. On est plate, hein ?! Nous sommes allés manger ailleurs et la bouffe était ordinaire, mais la bière brune artisanale était excellente.
Repos de vélo demain. On va faire les touristes sans trop se faire de cinéma.
48.13332,11.5817
Trame sonore du jour:
Run Like Hell, Pink Floyd, The Wall
"Run, run, run, run
Run, run, run, run
Run, run, run, run
Run, run, run
You better run all day
And run all night"
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Location:Lueg ins Land,Munich,Allemagne
Attention pour ne pas perdre les clés du cannon ou de cannondale. La van bleue d'arty est loin...
RépondreEffacerAllo, nous aimons vraiment vos scénarios de films...pas sûr que nous payerions pour les voir mais tant que c'est pas long et gratuit, nous embarquons. Vous avez l'air de faire un supeer beau voyage. En pluss, les Intestins d'Éric tiennent le coup. Nous aimons bien vous lire, Isabelle et les Hémond
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RépondreEffacerHilarant, Monia, laisses-toi pas intimider!!!
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