Colmar, France - Rien ne sert de courir, suffit de partir à point, comme les bagages. Il n'y avait aucun espoir d'avoir nos bagages avant 11:30 ce matin, alors nous n'avons quitté Strasbourg qu'à 11:50.
Debout à 7:00, on a bien profité du buffet déjeuner de l'hôtel. Ensuite, nous sommes retournés à la cathédrale qui était vraiment plus paisible que la veille. Nous avons ensuite récupéré nos vélos que Vincent a remontés comme des neufs. Il nous a proposé de faire un court itinéraire en boucle sur les pistes cyclables de la ville. Ça nous a permis de contempler le Parlement Européen et quelques quartiers plus résidentiels sur environ 10 kilomètres qui ont confirmé que les Cannondales sont en bon état de marche (ou plutôt de pédalage).
Vers 11:00, on vérifie avec les bagagistes de l'aéroport pour apprendre que nos sacoches sont à Paris CDG (un progrès par rapport à la veille), mais qu'ils ont sans doute manqué la correspondance, car il n'était pas sur le vol du matin. Pas de problèmes, il y a un vol cet après-midi et d'autres en soirée. On décide de laisser le nom de l'hôtel (déjà réservé) à Colmar et on nous assure que la livraison se fera où qu'on soit.
On prend alors le peu qu'on a, nos sacs d'hydratation qui contiennent un minimum et on quitte sur nos vélos. J'ai un cuissard, mais pas de maillot. Je recycle alors ma chemise. La sortie de Strasbourg est déroutante, mais une fois le long du Canal de la Bruche, ça roule bien.
À Molsheim, on s'asseoit pour un sandwich et on repart sur la route des vins. Les premières vignes apparaissent à Obernai et ensuite on roulera dans de longs corridors de vignes en vallons.
Sur la droite, le massif des Vosges laisse voir des ruines de châteaux sur quelques sommets. C'est vraiment beau, dommage que l'appareil-photo soit encore en transit, les photos du iPhone seront plus fades que ce qu'on réussit à faire avec le Canon.
Peu de services sur cette route. Beaucoup de chais, peu d'eau. Ça en prend, car il fait chaud. On a atteint 35C. C'est à 18 heures que nous avons touché Colmar. Le GPS nous trouve l'hôtel. Première question au comptoir: avez-vous reçu nos bagages ? Réponse: Vous attendez des bagages ?...
J'ai fait allé mes doigts. Les gens de l'aéroport de Strasbourg qui se sont occupés de nous jusqu'alors sont maintenant en weekend, alors c'est Air France qui prend la relève (on a voyagé avec AirCanada et Brussels Air, mais allez savoir). Quelques rebondissements téléphoniques plus tard, on m'explique que depuis Paris, c'est silence radio pour cette pièce, qu'on appellera avant de livrer, que nous pouvons acheter les premières nécessités qui seront remboursés. On a noté au dossier que nous sommes à vélo, itinérants (c'est le cas de le dire) et qu'on ne trouvera pas de solution à lentilles cornéennes ici un samedi soir et que même si on achetait une chemise Ralph Laurent aux frais du transporteur, je ne l'apporterai pas avec moi, je n'ai pas les sacoches (peut-être n'ont-ils pas tout noté après tout).
Douchés, nous nous sommes dirigés au restaurant en cuissard (c'est ça ou la serviette de bain). La bière artisanale et la tarte flambée sont âprement dégustées. On garde le sourire, même dans les moments difficiles, comme cet extrait de notre conversation:
Monia: "Je l'sais, j'fais dur !"
Eric: "B'en là, c'est un peu normal que tu sois couetté. T'as eu un casque s'a tête toute l'après-midi à 35 C"
Monia: "Non, mais j'me suis lavé les cheveux !"
Eric: "Ah oui ?! Woops..."
On va rappeler demain pour voir l'état des choses. Le processus me fait penser au Procès de Kafka et je sens que je vais rêver à l'Étranger de Camus ou à la chanson de Monocle Raoul: Sans chemise et sans pantalon. Une chose est sûre, on ne bouge pas d'ici sans nos bagages. Pourquoi on n'a pas apporté nos sacoches minuscules en bagages de cabine, nous demanderez-vous tous ? La faute à Al-Qaïda. Les sacoches contenaient des liquides de plus de 100 ml comme le tube de Butt'Cream, le liquide à lentilles, le shampoing...
Demain 4 septembre, c'est l'anniversaire d'une de nos lectrices: Rose Cabana. Bonne anniversaire Rosie !
Dire qu'on s'était forcé pour voyager léger. C'est léger, sale et de moins en moins chargé comme les appareils électroniques. Câbles, chargeurs et adapteurs de prises sont aussi perdus dans l'espace aérien...
48.072214,7.360538
Trame sonore du jour:
Le Marcheur Rapide, Yann Perreau, Un Serpent Sous Les Fleurs
"Témoin de la furie des autres
Cette terre m'en aura donné plein la vue
Je suis le marcheur rapide que l'ivresse rattrape à tous les coups
J'aime en silence le bruit de tes pas, suis-moi!"
.- Posted using BlogPress from my iPhone
Location:Colmar, France
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