Passau, Allemagne - Si vous allez sur Google Maps et que vous trouvez la rivière Inn, vous verrez qu'elle forme un grand C entre Salzbourg et Passau. Vous verrez aussi que la rive est ponctuée de petits villages et quelles grandes villes. Ce que vous verrez difficilement, c'est la grande piste cyclable qui longe la rivière dans ses moindres recoins sauf pour quelques escapades dans les terres. Ce que vous ne verrez pas sur Google Maps, ce sont les aigrettes, les canards et les sourires des cyclistes en vacances.
Quand j'ai monté les routes pour le GPS lors de plusieurs weekends printaniers, j'ai dû faire beaucoup de recherche. Pour l'Eurovélo, ce fut plus facile, car nous avons pu commander les cahiers de cartes. Pour les sections hors EV6 comme ce matin (depuis Ulm en fait), ça a été beaucoup moins facile. C'est avec Open Street Map, un projet Wiki, que j'ai pu planifier les routes cyclables. Cependant, impossible de vraiment savoir la nature de la surface avant d'être dessus. Ainsi, aujourd'hui, nous avons roulé à 70% sur de la terre battue. Heureusement que nous avons des pneus Gatorskin, car ce serait plutôt crevant. Demain, nous sommes de retour sur l'Eurovélo 6 qui garantit au moins 80% d'asphalte.
Nous avons quitté Salzbourg avant 8 heures après un excellent buffet déjeuner. Sur une grande partie de la route, nous avons roulé avec la rivière Inn sur la gauche sur un chemin planche et droit. Pas très longtemps après Salzbourg, nous suivions un autre cycliste solo qui moulinait à bon rythme. Devant Monia, je gardais une distance avec lui, mais un moment donné la Fraulein Monia me double avec un air "tasse-toé mononcle", elle monte d'un cran et double l'autre cycliste. B'en cou'donc, je décide de changer de pignon et je dépasse à mon tour essayant de suivre Cannon de mon mieux. Elle avait pourtant mangé au même buffet que moi. On a largué l'autre qui nous a semblé frustré d'être doublé si facilement par une femme, chargée de ses plus belles robes en plus. Elle a roulé à ce rythme effarant sur un autre 25 km...
Passé Obendorf, on a monté sur une crête et nous sommes redescendus rattrapant le méandre de la rivière. À 11:30, nous entrions dans Braunau Am Inn où nous avons pique-niqué sur la place centrale. Après avoir visité la ville natale de Mozart, nous prenons le lunch dans la ville natale du tristement célèbre Adolf Hitler. Plusieurs aimeraient mieux qu'on n'en parle pas, mais au contraire je pense qu'il est important de non seulement se remémorer l'horreur, mais surtout se remémorer ce qui a mené à ce fiasco pas si loin dans le temps. J'espère qu'on enseigne encore l'histoire dans nos écoles, afin qu'on n'oublie pas que nos libertés sont fragiles et qu'on peut sournoisement s'entraîner collectivement dans de douces dérives. Des lois un peu molles, des tolérances trop grandes, des libertés envahissantes et on se retrouve graduellement en situation où les acquis du passé sont perdus sans qu'on s'en soit trop rendu compte. Quand l'équilibre tient, ça va, mais suffit d'un moment de crise pour que ça éclate et que les intégrismes et les intolérances prennent le haut du pavé. Au delà de l'abus de pouvoir et la tyrannie pure et simple, je pense que l'écart entre les riches et les pauvres et la justice sociale sont à surveiller. Je ne nous prédit pas la guerre pour bientôt, mais les émeutes de Londres de cet été sont des symptômes importants. Ça peut changer relativement vite. Pensez juste à la cigarette il y a 25 ans. On fumait dans les bureaux. Maintenant, les fumeurs sont gênés d'en acheter. Juste en 25 ans.
À Obemberg, on a traversé la place centrale aux jolies maisons multicolores et ensuite le chemin s'est vraiment ligué contre nous. Jamais vu autant de virages sur une piste. La servitude accordée au passage des cyclistes est au bout des terres le long de la rivière et la rive swingue pas à peu près. Sur la terre battue avec nos racers chargés, on doit ralentir. 15 km plus loin, nous sommes rentrés en Allemagne. Les derniers km ont été vraiment remarquable. Sous couvert boisé avec la rivière en contrebas, la piste ondule le long d'une mini falaise. C'était comme du cross-country à flanc de montagne. Avoir eu le choix, j'aurais opté pour mon vélo de montagne sur cette section.
Passau, c'est la rencontre de trois rivières: L'Inn arrivant du sud, le Danube arrivant de l'ouest et l'Ilz arrivant du nord. On est allé voir la confluence. Ouain, ça conflue, ça conflue, mais encore. On est venu, on l'a vu et demain on s'en va à Ratisbonne.
48.573549,13.461459
Trame sonore du jour:
It’s Allright Ma, Bob Dylan, Bringing It All Back Home
« That he not busy being born
Is busy dying »
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Location:Passau, Allemagne
Ne vous inquiete pas, my friend.
RépondreEffacerJe vais durcir nos lois molles , réduire la tolérance et repousser les libertés jusque dans l'Arctic.
God Save The Queen.
Steven H.
Éric,
RépondreEffacerSuite à la performance de Monia, as-tu pensé améliorer la tienne par le port du Kilt ?
Larry Curly et Moe.
Ben moi je ne connais pas l'histoire d'Adolf Hitler... Peut-être vais-je l'apprendre plus tard???
RépondreEffacerBye bye,
Marguerite
@Larry, Curly & Moe: Un Kilt en polyester et licra avec chamois peut-être, mais c'est rendu là, c'est ce qu'on appelle un oxymoron.
RépondreEffacer@Steven: Dans l'Arctic, les lois vont durcir, c'est sûr. Les journalistes aussi... :-)
RépondreEffacer@Marguerite: Je te raconte ça en revenant.
RépondreEffacerSaches que je me suis acquittée rapidement de cette lacune dans notre éducation suite à la lecture du message de Marguerite, Isabelle (la mère)
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RépondreEffacerGO MONIA!!!! Tu tires!!!!!! WOW!