Linz, Autriche - Autant habituellement je suis triste de voir s'achever un voyage, autant aujourd'hui je suis émotive à l'idée du retour parce qu'extrêmement heureuse. Tout compte fait, c'est la fin d'une belle aventure qui s'est transformée en course à obstacles. Une fin heureuse où ils retournent à la maison plus amoureux, si c'est possible, et fébriles à l'idée de vous revoir. Vos mots m'ont aidée à surmonter les nombreuses barrières (ce n'est pas un jeu de mots). Bientôt vous retrouverez ce Eric rieur. Est-ce qu'on fera à nouveau du vélo? Bien sûr. Est-ce qu'on recommencera un tel voyage? ...pourquoi pas?
Dodo à Bromont samedi soir...
Monia
Envoyé de Son iPhone
Journal de voyage. Aventures itinérantes en Europe en deux temps (2011 et 2013).
2011-09-24
2011-09-23
2011-09-22
À mon tour d'être en robe
Linz, Autriche - Monia de retour au clavier.
Bonjour à vous tous. Je suis extrêmement soulagée de voir comment Eric se porte aujourd'hui. Il marchait dans le corridor libéré de son paquet de tuyaux quand je suis arrivée. Le congé de l'hôpital est prévu pour vendredi matin et l'assurance-voyage s'occupe de notre retour.
Merci pour tous vos messages d'encouragement. En plus de votre support moral, je suis reconnaissante de l'aide précieuse que nous avons sur le terrain. Sur le site de l'accident, les premiers cyclistes arrivés sur place ont sacrifié une toile imperméable qui couvrait leurs bagages pour protéger Eric des intempéries avant l'arrivée des secours. Un de ces cyclistes m'a donné son polar et a refusé de le reprendre. L'infirmière de l'urgence m'a cherché un hôtel en m'aidant de son mieux avec son anglais approximatif. Les réceptionnistes de Harry's Home ont fait quantités d'appels en allemand pour moi. Les policiers ont pris grand soin de nos vélos en attendant qu'on solutionne cet aspect. De l'aide inestimable quand on est loin de chez-soi.
Je laisse le clavier à Eric qui doit commencer son programme de physio en tapant un premier message sur son téléphone - Monia
+=+=++
Rassurez-vous (ou pas), j'ai encore mes dix doigts fonctionnels, du moins suffisamment pour pitonner sur notre bidule. Étonnant, la vitesse à laquelle Monia a pu apprendre à se servir du iPhone. Elle n'osait même pas y toucher avant l'accident. On peut dire que c'est un crash course...
Comment décrire cet incident. Je cherche des comparatifs depuis deux jours. Le mieux que j'ai trouvé, c'est le marathonien qui tombe dans un trou d'homme au 32e km. Maudite barrière. Difficile parfois de différencier certaines routes de la piste cyclable ici, tellement les routes peuvent être étroites. La barrière est là pour bloquer le trafic motorisé. Au même endroit, le GPS me propose un contournement, mais c'est probablement pour contourner un peu largement l'entrave que crée la barrière. On vient pourtant d'engager une belle ligne droite qui nous ramène au Danube, vent de dos, c'est roulant en masse. Je lève la tête du GPS pour essayer de voir la déviation. J'ai réalisé une seconde avant le brutal impact. Ça flashe et reflashe dans ma tête. On ne peut pas reculer. Faut croire que nos voyages de vélos (les miens du moins) sont voués à des demi-succès. Ça fait déjà trois bras de cassés.
Recousu, je me laisse bercer par le personnel médical et surtout par la grande maîtrise de Monia en temps de crise. Comme on dit en anglais: "She's taking care of business". Mes deux bras cassés, c'est elle qui porte les culottes et moi qui est maintenant en robe (d'hôpital)...
Pour l'instant, je ne sais pas trop comment avaler ça. Toute cette préparation, toute cette logistique, ce feu roulant de mots et de km qui s'écrase sur une barrière. Mon co-chambreur, lui, ne sait pas s'il pourra retrouver l'usage de ses pieds suite à un accident de parapente. Moi, ça va rentrer dans l'ordre. Va juste rester à accepter la chute.
À bientôt, au plaisir de vous serrer la pince (pas trop fort svp).
- Eric
Bonjour à vous tous. Je suis extrêmement soulagée de voir comment Eric se porte aujourd'hui. Il marchait dans le corridor libéré de son paquet de tuyaux quand je suis arrivée. Le congé de l'hôpital est prévu pour vendredi matin et l'assurance-voyage s'occupe de notre retour.
Merci pour tous vos messages d'encouragement. En plus de votre support moral, je suis reconnaissante de l'aide précieuse que nous avons sur le terrain. Sur le site de l'accident, les premiers cyclistes arrivés sur place ont sacrifié une toile imperméable qui couvrait leurs bagages pour protéger Eric des intempéries avant l'arrivée des secours. Un de ces cyclistes m'a donné son polar et a refusé de le reprendre. L'infirmière de l'urgence m'a cherché un hôtel en m'aidant de son mieux avec son anglais approximatif. Les réceptionnistes de Harry's Home ont fait quantités d'appels en allemand pour moi. Les policiers ont pris grand soin de nos vélos en attendant qu'on solutionne cet aspect. De l'aide inestimable quand on est loin de chez-soi.
Je laisse le clavier à Eric qui doit commencer son programme de physio en tapant un premier message sur son téléphone - Monia
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Rassurez-vous (ou pas), j'ai encore mes dix doigts fonctionnels, du moins suffisamment pour pitonner sur notre bidule. Étonnant, la vitesse à laquelle Monia a pu apprendre à se servir du iPhone. Elle n'osait même pas y toucher avant l'accident. On peut dire que c'est un crash course...
Comment décrire cet incident. Je cherche des comparatifs depuis deux jours. Le mieux que j'ai trouvé, c'est le marathonien qui tombe dans un trou d'homme au 32e km. Maudite barrière. Difficile parfois de différencier certaines routes de la piste cyclable ici, tellement les routes peuvent être étroites. La barrière est là pour bloquer le trafic motorisé. Au même endroit, le GPS me propose un contournement, mais c'est probablement pour contourner un peu largement l'entrave que crée la barrière. On vient pourtant d'engager une belle ligne droite qui nous ramène au Danube, vent de dos, c'est roulant en masse. Je lève la tête du GPS pour essayer de voir la déviation. J'ai réalisé une seconde avant le brutal impact. Ça flashe et reflashe dans ma tête. On ne peut pas reculer. Faut croire que nos voyages de vélos (les miens du moins) sont voués à des demi-succès. Ça fait déjà trois bras de cassés.
Recousu, je me laisse bercer par le personnel médical et surtout par la grande maîtrise de Monia en temps de crise. Comme on dit en anglais: "She's taking care of business". Mes deux bras cassés, c'est elle qui porte les culottes et moi qui est maintenant en robe (d'hôpital)...
Pour l'instant, je ne sais pas trop comment avaler ça. Toute cette préparation, toute cette logistique, ce feu roulant de mots et de km qui s'écrase sur une barrière. Mon co-chambreur, lui, ne sait pas s'il pourra retrouver l'usage de ses pieds suite à un accident de parapente. Moi, ça va rentrer dans l'ordre. Va juste rester à accepter la chute.
À bientôt, au plaisir de vous serrer la pince (pas trop fort svp).
- Eric
2011-09-20
Linz encore
Linz, Autriche - Ce soir c'est Monia qui vous écrit. Ce matin, Eric s'est fracturé les deux avant-bras sur la piste cyclable. Il n'a pas vu une barrière limitant l'accès. Il venait de baisser les yeux pour regarder le GPS. Nous n'avions pas encore vu de telles barrières auparavant. Il a eu des chirurgies pour les deux avant-bras cet après-midi. Il allait bien durant l'attente pour les chirurgies. Il m'a même récité le numéro de toutes nos chambres d’hôtel, ce qui est plutôt étonnant....mais c'est Eric. Il est encore en salle de réveil et l'infirmier de l'étage où il a une chambre qui l'attend m'a gentiment demandé de quitter. Tout ira bien, il est entre bonnes mains.
Monia
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Monia
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Jour 17: Conditions extrêmes
75 km. Cum: 1492 km.
Linz, Autriche - On s'était préparés psychologiquement à affronter le froid. 6 degrés pour partir, on ne fait jamais ça chez-nous. Si on le faisait, ce serait autrement habillés que ça. Ici, au cuissard et au maillot mince à manche longue qu'on porte de base, on peut ajouter le cuissard long, la veste coupe-vent et puis b'en mal pris, les manches d'appoint (arm warmers). C'est tout et c'est suffisant pour décoller autour de 12 C. Mais à 6 C, j'ajouterais un autre maillot épais, des couvre-chaussures en néoprène et mes gants homards. On a rien de ça. On a des robes en masse par exemple. Comme dirait l'autre: "Vous allez souffert !"
Si ce n'était que le froid et la pluie. On est parti à 8:20 en montant pour quitter le village. Et puis on a monté pour quitter le quartier qui entoure le village et on a monté encore un peu pour rejoindre la forêt qui borne les champs cultivés qui entourent le quartier autour du village. Il fallait aussi monter pour atteindre les pylônes qui sont toujours sur la crête avant d'arriver au camp de base des sherpas. Non, mais ça montait en ti-pépére. Avant d'avoir fait 20 km, on avait déjà gagné 600m en vertical. Écrabouillant mon orgueil devant la Fraulein, j'ai même déclippé et poussé mon vélo pour franchir un enième mur à 20% alors que le GPS ne détectait plus de mouvement pendant que je me démenais debout sur les pédales en 39x28.
Jusqu'à Vissy Brod, notre route étroite et accidentée se faufilait dans les forêts de conifères. C'était déroutant pour les sens. Le souffle court, les odeurs de feuilles mortes et de résine, le froid ambiant et l'air humide, au nez j'avais l'impression de faire du trekking autour d'un sommet des Adirondacks ou du New Hampshire. Il me manquait une tuque et des gants. Notre itinéraire a ensuite emprunté des routes plus carossables, larges et les pentes se sont calmées. Ça a quand même continué à monter et rien n'était plus prévisible que la frontière autrichienne serait le point culminant de la route - une crête montagneuse étant dont une bonne idée pour tracer une frontière politique. B'en non, ça a monté encore 2 km après la douane déserte. Apex: 850m. Monter dans ce froid permet de se réchauffer en faisant travailler les muscles, mais en contrepartie, plus on travaille, plus on se fatigue et quand on est aux marges du supportable pour se garder au chaud, la fatigue joue contre nous. De plus, mentalement, la montée incessante nous rappelle que la route est loin d'être finie. À 15 km/h, c'est long longtemps.
On a descendu à petites doses, mais à bon rythme jusqu'à Bad Leonfelden à 27 km de Linz. Un arrêt dans une station-service a permis de s'évaluer mutuellement. On surveille les signes d'hypothermie. La température n'a pas vraiment quitté la plage des 6-7 C. Monia sourit encore, elle a les extrémités froides, trouve ça extrême, mais elle est prête à continuer, surtout si on part tout de suite. En effet, si on arrête trop longtemps, c'est fichu. Nous sommes gelés, mais ironiquement, il ne faut pas refroidir. On a descendu sur quelques villages, se gelant les doigts sur les freins et puis une nouvelle montée pour finalement dévaler 14 km jusqu'à Linz. Si monter tient au chaud tout en allongeant le supplice, descendre à 8% sur 14km accélère l'arrivée, mais au prix d'un facteur vent abominable. On n'avait plus de doigts à l'arrivée, nos chaussures était des piscines et nos seuls mots étaient des monosyllabes allemandes tellement on avait la gueule gelée. Arrivée 12:20.
On a trouvé refuge chez Harry's Home (On vous laisse trouver ça sur Internet). De belles chambres fonctionnelles au décor moderne. En plus, des laveuses automatiques sur notre étage nous ont permis de laver la pluie grasse de nos vêtements sans s'achever les mains à essorer. La pluie s'étant intensifiée, nous avons choisi de se faire un lunch en visitant le supermarché voisin de l'hôtel et de manger bien au chaud dans la chambre. J'ai ensuite astiqué les vélos qui étaient souillés, mais moins qu'à Ratisbonne, car nous sommes toujours restés sur l'asphalte.
En fin d'après-midi, nous avons décidé de prendre le bus de la ville pour au moins aller voir ce qu'a l'air le centre historique de Linz en allant souper là. Cependant, il pleut encore très fort. Arrivés là, c'est très beau, mais il n'y a pas beaucoup de choix de restos, alors on finit par entrer au restaurant italien par dépit et surtout avant de geler sur place. La soupe aux légumes, la pizza (avec de la roquette) et le dessert étaient très satisfaisant. Le serveur a dû trouver qu'on mangeait sans bon sens. Le froid a triplé l'effort et la dépense d'énergie.
Au rayon domestique, on a refait le plein de dentifrice à Prague et on l'a utilisé pour la première fois ce soir, l'autre tube étant vide. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai choisi du Colgate d'une sorte qu'on n'a pas au Québec, la saveur herbale avec eucalyptus, camomille et sauge. Quand j'ai commencé à me brosser les dents, j'ai pensé à Elvis Gratton, car j'avais franchement l'impression de me brosser les dents avec de l'Antiphlogistine. "Linda !"
On ne gardera pas un grand souvenir de Linz (on n'a rien vu) ou tout au contraire on ne l'oubliera jamais (on a travaillé fort pour y arriver). La nuit sera encore froide à 7 C, mais ça ne peut que s'améliorer demain, on repart vers l'est, le vent en poupe sur la EV6. Et puis, c'est nous qui se sont embarqués dans cette aventure, on ne va pas râler pour quelques degrés Celsius. C'est toujours b'en moins pire qu'un trou dans le coco, de la chimio ou une transfusion sanguine !
48.327998,14.323231
Linz, Autriche - On s'était préparés psychologiquement à affronter le froid. 6 degrés pour partir, on ne fait jamais ça chez-nous. Si on le faisait, ce serait autrement habillés que ça. Ici, au cuissard et au maillot mince à manche longue qu'on porte de base, on peut ajouter le cuissard long, la veste coupe-vent et puis b'en mal pris, les manches d'appoint (arm warmers). C'est tout et c'est suffisant pour décoller autour de 12 C. Mais à 6 C, j'ajouterais un autre maillot épais, des couvre-chaussures en néoprène et mes gants homards. On a rien de ça. On a des robes en masse par exemple. Comme dirait l'autre: "Vous allez souffert !"
Si ce n'était que le froid et la pluie. On est parti à 8:20 en montant pour quitter le village. Et puis on a monté pour quitter le quartier qui entoure le village et on a monté encore un peu pour rejoindre la forêt qui borne les champs cultivés qui entourent le quartier autour du village. Il fallait aussi monter pour atteindre les pylônes qui sont toujours sur la crête avant d'arriver au camp de base des sherpas. Non, mais ça montait en ti-pépére. Avant d'avoir fait 20 km, on avait déjà gagné 600m en vertical. Écrabouillant mon orgueil devant la Fraulein, j'ai même déclippé et poussé mon vélo pour franchir un enième mur à 20% alors que le GPS ne détectait plus de mouvement pendant que je me démenais debout sur les pédales en 39x28.
Jusqu'à Vissy Brod, notre route étroite et accidentée se faufilait dans les forêts de conifères. C'était déroutant pour les sens. Le souffle court, les odeurs de feuilles mortes et de résine, le froid ambiant et l'air humide, au nez j'avais l'impression de faire du trekking autour d'un sommet des Adirondacks ou du New Hampshire. Il me manquait une tuque et des gants. Notre itinéraire a ensuite emprunté des routes plus carossables, larges et les pentes se sont calmées. Ça a quand même continué à monter et rien n'était plus prévisible que la frontière autrichienne serait le point culminant de la route - une crête montagneuse étant dont une bonne idée pour tracer une frontière politique. B'en non, ça a monté encore 2 km après la douane déserte. Apex: 850m. Monter dans ce froid permet de se réchauffer en faisant travailler les muscles, mais en contrepartie, plus on travaille, plus on se fatigue et quand on est aux marges du supportable pour se garder au chaud, la fatigue joue contre nous. De plus, mentalement, la montée incessante nous rappelle que la route est loin d'être finie. À 15 km/h, c'est long longtemps.
On a descendu à petites doses, mais à bon rythme jusqu'à Bad Leonfelden à 27 km de Linz. Un arrêt dans une station-service a permis de s'évaluer mutuellement. On surveille les signes d'hypothermie. La température n'a pas vraiment quitté la plage des 6-7 C. Monia sourit encore, elle a les extrémités froides, trouve ça extrême, mais elle est prête à continuer, surtout si on part tout de suite. En effet, si on arrête trop longtemps, c'est fichu. Nous sommes gelés, mais ironiquement, il ne faut pas refroidir. On a descendu sur quelques villages, se gelant les doigts sur les freins et puis une nouvelle montée pour finalement dévaler 14 km jusqu'à Linz. Si monter tient au chaud tout en allongeant le supplice, descendre à 8% sur 14km accélère l'arrivée, mais au prix d'un facteur vent abominable. On n'avait plus de doigts à l'arrivée, nos chaussures était des piscines et nos seuls mots étaient des monosyllabes allemandes tellement on avait la gueule gelée. Arrivée 12:20.
On a trouvé refuge chez Harry's Home (On vous laisse trouver ça sur Internet). De belles chambres fonctionnelles au décor moderne. En plus, des laveuses automatiques sur notre étage nous ont permis de laver la pluie grasse de nos vêtements sans s'achever les mains à essorer. La pluie s'étant intensifiée, nous avons choisi de se faire un lunch en visitant le supermarché voisin de l'hôtel et de manger bien au chaud dans la chambre. J'ai ensuite astiqué les vélos qui étaient souillés, mais moins qu'à Ratisbonne, car nous sommes toujours restés sur l'asphalte.
En fin d'après-midi, nous avons décidé de prendre le bus de la ville pour au moins aller voir ce qu'a l'air le centre historique de Linz en allant souper là. Cependant, il pleut encore très fort. Arrivés là, c'est très beau, mais il n'y a pas beaucoup de choix de restos, alors on finit par entrer au restaurant italien par dépit et surtout avant de geler sur place. La soupe aux légumes, la pizza (avec de la roquette) et le dessert étaient très satisfaisant. Le serveur a dû trouver qu'on mangeait sans bon sens. Le froid a triplé l'effort et la dépense d'énergie.
Au rayon domestique, on a refait le plein de dentifrice à Prague et on l'a utilisé pour la première fois ce soir, l'autre tube étant vide. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai choisi du Colgate d'une sorte qu'on n'a pas au Québec, la saveur herbale avec eucalyptus, camomille et sauge. Quand j'ai commencé à me brosser les dents, j'ai pensé à Elvis Gratton, car j'avais franchement l'impression de me brosser les dents avec de l'Antiphlogistine. "Linda !"
On ne gardera pas un grand souvenir de Linz (on n'a rien vu) ou tout au contraire on ne l'oubliera jamais (on a travaillé fort pour y arriver). La nuit sera encore froide à 7 C, mais ça ne peut que s'améliorer demain, on repart vers l'est, le vent en poupe sur la EV6. Et puis, c'est nous qui se sont embarqués dans cette aventure, on ne va pas râler pour quelques degrés Celsius. C'est toujours b'en moins pire qu'un trou dans le coco, de la chimio ou une transfusion sanguine !
48.327998,14.323231
Trame sonore du jour:
Jungleland, Bruce Springsteen, Born to Run
« Outside the street's on fire in a real death waltz
Between what's flesh and what's fantasy
And the poets down here don't write nothing at all
They just stand back and let it all be »
.
Location:Linz, Autriche
2011-09-19
Jour 16: Touristes cyclistes
95 km. Cum: 1417 km.
Ceske Krumlov, République Tchèque - Dans ce voyage, il y a des journées pour les touristes et d'autres taillées sur mesure pour les cyclistes. Aujourd'hui, nous avons eu un heureux mélange des deux. Une demi-journée de cyclisme très gratifiante et une demi-journée très relaxante autour d'un château classé trésor de l'Unesco.
Partis de Tabor à 7:35, notre matinée de cyclisme s'est déroulé en 3 segments. D'abord, une pente pour émerger de la vallée de la rivière. Assez longue, mais moins brutale qu'hier. Nous avons complété le 1er segment en redescendant sur Tyn Nad Vltavou après de belles sections routières sur un plateau ondulant très roulant. Pour le deuxième segment, on remonte de nouveau de la rivière atteignant 645 m. Monia a donné le rythme et on s'est fait aller en 53x12 sur un bel accotement large encore sur un beau plateau légèrement descendant jusqu'à Ceske Budejovice où on rejoint une belle piste cyclable retrouvant la rivière de nouveau. Le dernier segment est un peu plus brutal avec des côtes à bout portant et une section de pavés assez éprouvante pour le périnée et autres jonctions corporelles. Nous sommes arrivés à Ceske Krumlov à 12:15 sous un ciel nuageux qui n'avait pas encore livré une goutte. Au final, un très beau moment de cyclisme avec 950m de grimpe.
Cette petite ville de Ceske Krumlov est féérique. Les voitures sont refoulées hors de la zone historique qui consiste en une presqu'île surplombée d'un château majestueux. Avec les points de vue qu'il offre, cet endroit est un festival incessant de photographie. Nous avons pris le temps de s'y prélasser en touristes libres sans se presser et de faire un petit tour de la zone piétonne jusqu'à ce que la pluie s'intensifie. On s'est alors assis dans le lobby de notre hôtel pour relaxer en fin d'après-midi tout en explorant nos options de logement à Linz.
Les averses se sont transformés en pluie constante. On a pris l'apéro et le souper à l'intérieur pour accomoder les frileuses, mais bien franchement, rendu là, il n'y avait plus grand monde sur la grande place. Il fait froid. C'est un avant-goût de demain. Ils nous annoncent 7 degrés. On risque d'empiler toutes les couches de vêtements disponibles avant de mettre les voiles.
C'est notre dernière nuit en République Tchèque. Maintenant qu'on s'en vient bon, on s'en va. On avait déchiffré les heures d'ouvertures. Vous savez un détail comme Lu -Ve 8 - 19 hrs ou Mo - Fr en anglais. En Tchèque, c'est Po -Pa pour lundi à vendredi, So pour samedi et Ne pour dimanche. Pour l'eau qu'on achète en bouteille, c'est un casse-tête pour s'assurer qu'on ne se retrouve pas avec de l'eau gazeuse très populaire en Europe. On a réussi à déduire comment faire en comparant seveny et neseveny, le ne étant la négation de non-gazeux. Pas évident. Pozor veut dire attention. Autant de choses qui sombreront dans l'oubli demain quand nous reviendrons en Autriche avec la langue allemande avec ses achtung, schnell, danke et still wasser (de l'eau plate).
L'essence est ici au-dessus de 2$ le litre. Pas que Cannon et Cannondale boivent beaucoup, mais sur la route presqu'à tous les jours c'est difficile à ne pas remarquer. L'autre chose difficile à esquiver en vélo, ce sont les effluves agricoles. Je dirais qu'après l'épandage de purin, le poulailler industriel est difficile à battre comme odeur insupportable. On en a passé au moins trois ce matin. Sinon, les baroudeurs et leur monture sont en pleine forme et n'ont pas encore crevé ni l'un ni l'autre. J'ai cette mauvaise relation avec les crevaisons qui semblent se manifester lorsque je constate leur absence. Si c'est le cas, ça dévoile une superstition, ce qui s'oppose à ma conviction de sceptique. Mais je ne suis pas superstitieux, alors il y a une équation cosmique qui relie ma constatation d'absence de crevaisons et les hasards de la route. Ça doit s'appeler la loi des probabilités...
48.81124, 14.31505
Ceske Krumlov, République Tchèque - Dans ce voyage, il y a des journées pour les touristes et d'autres taillées sur mesure pour les cyclistes. Aujourd'hui, nous avons eu un heureux mélange des deux. Une demi-journée de cyclisme très gratifiante et une demi-journée très relaxante autour d'un château classé trésor de l'Unesco.
Partis de Tabor à 7:35, notre matinée de cyclisme s'est déroulé en 3 segments. D'abord, une pente pour émerger de la vallée de la rivière. Assez longue, mais moins brutale qu'hier. Nous avons complété le 1er segment en redescendant sur Tyn Nad Vltavou après de belles sections routières sur un plateau ondulant très roulant. Pour le deuxième segment, on remonte de nouveau de la rivière atteignant 645 m. Monia a donné le rythme et on s'est fait aller en 53x12 sur un bel accotement large encore sur un beau plateau légèrement descendant jusqu'à Ceske Budejovice où on rejoint une belle piste cyclable retrouvant la rivière de nouveau. Le dernier segment est un peu plus brutal avec des côtes à bout portant et une section de pavés assez éprouvante pour le périnée et autres jonctions corporelles. Nous sommes arrivés à Ceske Krumlov à 12:15 sous un ciel nuageux qui n'avait pas encore livré une goutte. Au final, un très beau moment de cyclisme avec 950m de grimpe.
Cette petite ville de Ceske Krumlov est féérique. Les voitures sont refoulées hors de la zone historique qui consiste en une presqu'île surplombée d'un château majestueux. Avec les points de vue qu'il offre, cet endroit est un festival incessant de photographie. Nous avons pris le temps de s'y prélasser en touristes libres sans se presser et de faire un petit tour de la zone piétonne jusqu'à ce que la pluie s'intensifie. On s'est alors assis dans le lobby de notre hôtel pour relaxer en fin d'après-midi tout en explorant nos options de logement à Linz.
Les averses se sont transformés en pluie constante. On a pris l'apéro et le souper à l'intérieur pour accomoder les frileuses, mais bien franchement, rendu là, il n'y avait plus grand monde sur la grande place. Il fait froid. C'est un avant-goût de demain. Ils nous annoncent 7 degrés. On risque d'empiler toutes les couches de vêtements disponibles avant de mettre les voiles.
C'est notre dernière nuit en République Tchèque. Maintenant qu'on s'en vient bon, on s'en va. On avait déchiffré les heures d'ouvertures. Vous savez un détail comme Lu -Ve 8 - 19 hrs ou Mo - Fr en anglais. En Tchèque, c'est Po -Pa pour lundi à vendredi, So pour samedi et Ne pour dimanche. Pour l'eau qu'on achète en bouteille, c'est un casse-tête pour s'assurer qu'on ne se retrouve pas avec de l'eau gazeuse très populaire en Europe. On a réussi à déduire comment faire en comparant seveny et neseveny, le ne étant la négation de non-gazeux. Pas évident. Pozor veut dire attention. Autant de choses qui sombreront dans l'oubli demain quand nous reviendrons en Autriche avec la langue allemande avec ses achtung, schnell, danke et still wasser (de l'eau plate).
L'essence est ici au-dessus de 2$ le litre. Pas que Cannon et Cannondale boivent beaucoup, mais sur la route presqu'à tous les jours c'est difficile à ne pas remarquer. L'autre chose difficile à esquiver en vélo, ce sont les effluves agricoles. Je dirais qu'après l'épandage de purin, le poulailler industriel est difficile à battre comme odeur insupportable. On en a passé au moins trois ce matin. Sinon, les baroudeurs et leur monture sont en pleine forme et n'ont pas encore crevé ni l'un ni l'autre. J'ai cette mauvaise relation avec les crevaisons qui semblent se manifester lorsque je constate leur absence. Si c'est le cas, ça dévoile une superstition, ce qui s'oppose à ma conviction de sceptique. Mais je ne suis pas superstitieux, alors il y a une équation cosmique qui relie ma constatation d'absence de crevaisons et les hasards de la route. Ça doit s'appeler la loi des probabilités...
48.81124, 14.31505
Trame sonore du jour:
Voyager, Jean Leloup, Les Fourmis
« Car il faut des fois un accord entre la peur et le confort
Entre la voile et puis le port, entre la vie et puis la mort
J'aimerais parfois m'arrêter, trouver un endroit où rester
Mais je n'aime que voyager et je ne fais que passer »
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2011-09-18
Jour 15: Cap au sud en Bohème
121 km. Cum: 1322 km.
Tabor, République Tchèque - Nous avons quitté Prague avant 7:30 avec cette impression que ce n'est pas pour toujours. Il y a de ces villes qui nous appellent à revenir. Dans notre cas, Beaune, Istanbul, Damas, Barcelone auxquelles s'ajoutent Salzbourg et Prague. Rome et New York sont des aimants automatiques, mais sachez que nous n'avons toujours pas dormi à Paris ou Londres. Monia me dit toujours qu'elle veut attendre d'être vieille avant de faire ces destinations faciles. Moi je dis deux choses incertaines: devenir vieux et faire des visites faciles.
C'était justement un petit 121 km loin d'être facile aujourd'hui. On s'est extirpé de Prague après 10 km de travail dans des rues loin d'être conçues pour les cyclistes itinérants. Heureusement que c'est samedi et que nous sommes partis tôt. Une fois en campagne, les nuages précipitent quelques averses pas très significatives, mais assez pour rouler sur chaussée mouillée jusqu'à midi et que Monia gèle des pieds toute la matinée. Les villages endormis qu'on traverse sont plus modestes que ce que nous avons vu en Allemagne. Les maisons sont grises, ocres et sans artifices.
La campagne s'est épurée à mesure qu'on s'enfonçait dans la Bohème profonde. Comme chez nous, les foins sont en rouleaux comme des Shredded Wheat ou des guimauves selon le choix du moissonneur. Le paysage m'a rappelé à la fois les hauteurs de Sutton, le Vermont, parfois la Toscane, mais surtout les Pyrénées, car le relief était plissé plus qu'on aurait pu penser. Nous avons grimpé un total de 1600m aujourd'hui. Je suis surtout fier de ma routarde qui a gravi tout ça comme de rien. Elle a vraiment mérité toutes les robes qu'elle a apportées.
Nous avons lunché à Sedlcany après 75 km. C'était un peu peinard, car l'épicerie était excentrée et nous avons mangé nos sandwiches debout à côté de la rangée de paniers au lieu de s'asseoir sur la place centrale comme d'habitude. De là jusqu'à Tabor, le soleil a brillé sans arrêt. Sur des routes de campagne toute la journée, nous avons pu observer les voitures qui nous doublent. On ne voit plus autant de BMW ou de Volks. Il y a bien sûr un bon lot de spécimens asiatiques de Suzuki à Honda, quelques Ford, des vieilles Fiat, des Renault et des Peugeot, mais la marque dominante ici, c'est Skoda. Ne me demandez pas si c'est beau, je ne suis pas très connaisseur, ni passionné de bolides à moteurs. J'ai pratiquement acheté ma dernière voiture avant de l'avoir essayée. Monia n'est pas mieux, c'est le vendeur qui conduisait pendant l'essai routier.
C'est assez comique de voir Monia s'adonner à son sport préféré pendant ce voyage: la chasse aux menus de restaurant. Habituellement, elle veut en avoir vu au moins 25 avant de choisir l'endroit où on ba souper. Très difficile à faire depuis l'Allemagne et encore pire ici. On n'y comprend que dalle. Nous sommes devenus analphabètes. Nous avions fait quelques repères en allemand, mais ici c'est pire que pire. Quand les consonnes portent des accents circonflexes à l'envers, on abandonne vite la lecture. Parfois, trois consonnes se suivent, un cauchemar de dyslexique. J'ai abandonné d'essayer de vous nommer les noms des villages qu'on traverse, ils font tous 150 points au scrabble. Moi, les seuls mots tchèques que je connais, c'est Tomas Plekanec, Dominik Hasek, Roman Hamrlik, Jaromir Jagr et Scott Gomez. Ah non, Gomez c'est pas tchèque, c'est juste un gros chèque. Monia s'en tire bien tout de même, car elle réussit souvent à obtenir un menu avec traductions anglaises ou bien on se rabat sur les nombreux restos italiens. Gnocchis, pizza, tagliatelle, c'est universel.
Notre hôtel est très bien. Il y a une noce ici ce soir et après avoir entendu l'orchestre, on préfère ne pas être invités. Vous allez me dire qu'on n'est pas habillés pour y aller anyway, mais je ne serais pas surpris que Monia sorte des talons aiguilles de son sac. Ce soir elle s'est vaporisé du fixatif que je n'avais pas réalisé qu'elle avait. À voir ce qu'elle a réussi à apporter, j'aurais finalement de la place pour un autre bermuda ou peut-être même un kilt. Hmmm, peut-être aussi que ce soir, Peter Pan pourrait faire le parfait wedding crasher...
49.411762,14.656946
Trame sonore du jour:
That I Would Be Good, Alanis Morissette, Supposed Former Infatuated Junkie
« That I would be good if I got and stayed sick
that I would be good even if I gained ten pounds
that I would be fine even if I went bankrupt
that I would be good if I lost my hair and my youth »
.
Location:Tabor, République Tchèque
2011-09-17
2011-09-16
Jour 14: La belle Prague de Peter Pan
0 km. Cum: 1201 km.
Prague, République Tchèque - Vous aimez la ville, l'architecture, la musique et vous ne savez plus où aller en vacances ? Faites un petit petit sac de cabine (n'enregistrez surtout pas votre bagage) et achetez vous un billet pour Prague. N'allez surtout pas dans un 5 étoiles, réservez plutôt votre place au Apartment Hotel 5. Vous êtes à une marche du centre historique et de la rivière Vltava qui bissecte la ville. Si vous ne voulez pas marcher, le métro et le tramway sont à deux pas. Si vous n'avez plus de robes ou de pantalons propres, Kristina va faire la lessive et vous dorloter avec son beau sourire sans frais supplémentaires.
On a bien dû marcher 10 km aujourd'hui. On a commencé par se rendre à la tour Petrina où nous avons croqué plusieurs beaux points de vue sur la ville longeant des jardins et un observatoire. Ensuite, nous sommes entrés au château de Prague qui est en fait un campus de bâtiments qui ont abrité les rois de bohème et ensuite les présidents de la république. Cet ensemble est dominé par la gigantesque cathédrale St-Guy et St-Wenceslas. Le soleil encore bas rendait les vitraux explosifs de l'intérieur. Wow.
Nous sommes redescendus émerveillés à travers les jardins en escalier qui ornent la pente royale au son de deux clarinettistes et un pianiste qui pratiquaient une jolie rhapsodie dans un bâtiment aux fenêtres grandes ouvertes. Déjà ébranlés de l'esthétisme ambiant, nous n'avions pas encore vu le pont Charles. Ayoye, un monument en soi avec sa trentaine de statues. Impossible de traverser le pont d'un coup sans faire la girouette constamment pour glaner un nouveau point de vue sur le château, la cathédrale, la rivière et les statues du pont. Nous étions flabbergastés. Un quatuor de jazz faisait danser un des trois couples de mariés que nous avons croisé aujourd'hui.
Nous avons mangé d'excellents gnocchis au gorgonzola avant de visiter la vieille ville qui nous a vraiment achevés d'éblouissement. C'est vraiment un trésor de ville à voir et revoir. On a vu au moins 10 concerts annoncés pour ce soir seulement. Les musiciens semblent avoir en Europe une meilleure chance de vivre de leur art qu'au Canada. Surtout sous notre présent ministère du patrimoine...
En fin de journée, après nos emplettes en prévision du retour sur deux roues demain, nous sommes retournés à l'hôtel pour profiter une dernière fois de la lessive gracieuseté de Kristina. Là, j'ai fait laver mon seul bermuda au grand plaisir de Monia. Il faut expliquer ici que j'ai préparé les valises de ce voyage de la même façon qu'en solo en 2008. En solitaire, je portais quotidiennement mon linge de ville environ deux heures maximum, ce qui réduisait la nécessité de le laver à tout bout de champ, ce que je faisais quand même quand j'avais accès à un laundromat. Je me promenais alors "commando" en cuissard long le temps d'un cycle délicat. Dans ce voyage-ci cependant, je suis en couple et le linge de ville fait un peu plus de millage. De plus, nous ne sommes pas à Anytown USA et ne dormons pas dans des truck-stops sur la route 66. Enfin, ce soir mon bermuda a vu la laveuse, alors pour aller souper je suis sorti downtown Prague en cuissard long et en t-shirt. Ça prend beaucoup d'humilité autant pour moi que pour Monia qui m'accompagnait. Ironiquement elle étrennait un legging et un autre top que je n'avais pas encore vu. On avait l'air du couple en collant. En me voyant sortir en Peter Pan, Kristina m'a averti que je ferais peut-être de l'argent si je m'attardais sur le trottoir accoutré comme ça. Je travel light, mais pas red light. J'ai eu quelques regards torves, mais je suis sûr que c'était pour mes quadriceps musclés...
Notre arrivée dans le pays de Tomas Plekanec a été un peu difficile à vélo, mais c'est parce que Prague est cent fois plus charmante que cyclable. Demain, on prend la route du sud, toujours en bohème. On sortira de Prague tôt pour s'éviter la circulation lourde.
50.069634,14.407057
Prague, République Tchèque - Vous aimez la ville, l'architecture, la musique et vous ne savez plus où aller en vacances ? Faites un petit petit sac de cabine (n'enregistrez surtout pas votre bagage) et achetez vous un billet pour Prague. N'allez surtout pas dans un 5 étoiles, réservez plutôt votre place au Apartment Hotel 5. Vous êtes à une marche du centre historique et de la rivière Vltava qui bissecte la ville. Si vous ne voulez pas marcher, le métro et le tramway sont à deux pas. Si vous n'avez plus de robes ou de pantalons propres, Kristina va faire la lessive et vous dorloter avec son beau sourire sans frais supplémentaires.
On a bien dû marcher 10 km aujourd'hui. On a commencé par se rendre à la tour Petrina où nous avons croqué plusieurs beaux points de vue sur la ville longeant des jardins et un observatoire. Ensuite, nous sommes entrés au château de Prague qui est en fait un campus de bâtiments qui ont abrité les rois de bohème et ensuite les présidents de la république. Cet ensemble est dominé par la gigantesque cathédrale St-Guy et St-Wenceslas. Le soleil encore bas rendait les vitraux explosifs de l'intérieur. Wow.
Nous sommes redescendus émerveillés à travers les jardins en escalier qui ornent la pente royale au son de deux clarinettistes et un pianiste qui pratiquaient une jolie rhapsodie dans un bâtiment aux fenêtres grandes ouvertes. Déjà ébranlés de l'esthétisme ambiant, nous n'avions pas encore vu le pont Charles. Ayoye, un monument en soi avec sa trentaine de statues. Impossible de traverser le pont d'un coup sans faire la girouette constamment pour glaner un nouveau point de vue sur le château, la cathédrale, la rivière et les statues du pont. Nous étions flabbergastés. Un quatuor de jazz faisait danser un des trois couples de mariés que nous avons croisé aujourd'hui.
Nous avons mangé d'excellents gnocchis au gorgonzola avant de visiter la vieille ville qui nous a vraiment achevés d'éblouissement. C'est vraiment un trésor de ville à voir et revoir. On a vu au moins 10 concerts annoncés pour ce soir seulement. Les musiciens semblent avoir en Europe une meilleure chance de vivre de leur art qu'au Canada. Surtout sous notre présent ministère du patrimoine...
En fin de journée, après nos emplettes en prévision du retour sur deux roues demain, nous sommes retournés à l'hôtel pour profiter une dernière fois de la lessive gracieuseté de Kristina. Là, j'ai fait laver mon seul bermuda au grand plaisir de Monia. Il faut expliquer ici que j'ai préparé les valises de ce voyage de la même façon qu'en solo en 2008. En solitaire, je portais quotidiennement mon linge de ville environ deux heures maximum, ce qui réduisait la nécessité de le laver à tout bout de champ, ce que je faisais quand même quand j'avais accès à un laundromat. Je me promenais alors "commando" en cuissard long le temps d'un cycle délicat. Dans ce voyage-ci cependant, je suis en couple et le linge de ville fait un peu plus de millage. De plus, nous ne sommes pas à Anytown USA et ne dormons pas dans des truck-stops sur la route 66. Enfin, ce soir mon bermuda a vu la laveuse, alors pour aller souper je suis sorti downtown Prague en cuissard long et en t-shirt. Ça prend beaucoup d'humilité autant pour moi que pour Monia qui m'accompagnait. Ironiquement elle étrennait un legging et un autre top que je n'avais pas encore vu. On avait l'air du couple en collant. En me voyant sortir en Peter Pan, Kristina m'a averti que je ferais peut-être de l'argent si je m'attardais sur le trottoir accoutré comme ça. Je travel light, mais pas red light. J'ai eu quelques regards torves, mais je suis sûr que c'était pour mes quadriceps musclés...
Notre arrivée dans le pays de Tomas Plekanec a été un peu difficile à vélo, mais c'est parce que Prague est cent fois plus charmante que cyclable. Demain, on prend la route du sud, toujours en bohème. On sortira de Prague tôt pour s'éviter la circulation lourde.
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Trame sonore du jour:
Si l’Amour te ressemblait, Daniel Bélanger, Nous
« Moi je ne sais pas te résister
Tu es la plus belle idée du monde
Mais si l'amour te ressemblait
Il y aurait bien plus de guerres »
.
2011-09-15
Jour 13: En train d'aller à Prague
9 km. Cum: 1201 km.
Prague, République Tchèque - Le Hohentotten Inn de Ratisbonne ne paie pas de mine de l'extérieur. Il a le look d'un truck stop démodé à la lisière d'un quartier industriel. Mais une fois à l'intérieur, c'est un bel oasis où rafraîchir les cyclistes poussiéreux. Ce matin, la dame qui s'occupe du buffet déjeuner nous accueille avec un cappucino et un sourire radieux. Il ne manque de rien.
Même si la dame comprend mal l'anglais, elle réussit à déchiffrer mes signes et m'apporte une chaudière d'eau chaude et des guenilles pour que je puisse astiquer les bécanes avant de lubrifier l'engrenage. Quelle belle activité initiatique, comme le cavalier qui brosse sa monture avant de repartir vers l'ouest.
On a eu un peu de temps pour faire un aller-retour dans le centre historique de Ratisbonne. Il y a le plus vieux pont de pierre (qu'ils disent) qui enjambe le Danube et surtout la cathédrale Saint-Pierre est impressionnante autant de l'intérieur que de l'extérieur. Les vitraux de ces églises gothiques sont vraiment remarquables.
Nous avons pris le train à 10:31. La billetterie m'avait avisé que c'était un train direct, mais on a dû changer de train à Pilsen (qui a donné son nom à la technique brassicole pilsener qui nous a donné la recette de la Labatt Bleue). Dans le premier train, on doit laisser les vélos au bout du wagon dans lequel on prend place. Dans l'autre, il y a un wagon de bagages avec des crochets exprès pour les vélos. Autre mensonge de la billetterie, nous sommes arrivés à Prague à 15:55 au lieu de 14:55.
De la gare, nous avons suivi les indications du GPS pour rejoindre notre hôtel. Disons que Prague n'est pas du tout une ville cyclable et la conduite sur deux roues est tout un défi. De la gare, c'est 7 km de virages sur des carrefours difficiles et de contournements de piétons dans leur droit. Difficile arrivée.
Une fois à l'hôtel cependant, quel accueil de Kristina, la gérante de cette immeuble qui loge studios et appartements sur quatre étages. Elle fait la lessive gratuitement, donne toutes les informations pertinentes, nous prête un livre-guide de la ville. Le studio a une cuisinette équipée, on a le Wifi et le câble. Pour paraphraser Monia, nous sommes au paradis.
Arrivés tard, nous sommes allés faire les emplettes et nous avons trouvé un restaurant pas loin qui ma foi s'est montré un bon choix. J'ai observé les excès nationaux en dégustant un litre de Pilsner Urquell, alors que Monia s'en tenait sagement aux produits de la vigne. Le filet de saumon et le jarret d'agneau était fameux.
Demain, on écume cette ville plus sympathique aux marcheurs qu'aux cyclisteurs. Monia pense même étirer le séjour ici, tellement elle se plaît au Paradis...
C'est demain (16 sept) que débute le weekend des Pédaleux à Bob Michaud qui achèvent d'amasser 30000$ pour Rouler pour la SLA. Bravo à tous les membres de l'équipe pour cette levée de fonds impressionnante. Salutations particulières à Bob, Phil, Marco et Marc que j'ai la chance de côtoyer régulièrement. On souhaite du beau temps pour ces 300 km très gratifiants. Si ce n'est déjà fait, vous pouvez encore faire un don en cliquant sur le logo SLA dans la bande de droite de ce blog.
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- Posted using BlogPress from my iPhone
Prague, République Tchèque - Le Hohentotten Inn de Ratisbonne ne paie pas de mine de l'extérieur. Il a le look d'un truck stop démodé à la lisière d'un quartier industriel. Mais une fois à l'intérieur, c'est un bel oasis où rafraîchir les cyclistes poussiéreux. Ce matin, la dame qui s'occupe du buffet déjeuner nous accueille avec un cappucino et un sourire radieux. Il ne manque de rien.
Même si la dame comprend mal l'anglais, elle réussit à déchiffrer mes signes et m'apporte une chaudière d'eau chaude et des guenilles pour que je puisse astiquer les bécanes avant de lubrifier l'engrenage. Quelle belle activité initiatique, comme le cavalier qui brosse sa monture avant de repartir vers l'ouest.
On a eu un peu de temps pour faire un aller-retour dans le centre historique de Ratisbonne. Il y a le plus vieux pont de pierre (qu'ils disent) qui enjambe le Danube et surtout la cathédrale Saint-Pierre est impressionnante autant de l'intérieur que de l'extérieur. Les vitraux de ces églises gothiques sont vraiment remarquables.
Nous avons pris le train à 10:31. La billetterie m'avait avisé que c'était un train direct, mais on a dû changer de train à Pilsen (qui a donné son nom à la technique brassicole pilsener qui nous a donné la recette de la Labatt Bleue). Dans le premier train, on doit laisser les vélos au bout du wagon dans lequel on prend place. Dans l'autre, il y a un wagon de bagages avec des crochets exprès pour les vélos. Autre mensonge de la billetterie, nous sommes arrivés à Prague à 15:55 au lieu de 14:55.
De la gare, nous avons suivi les indications du GPS pour rejoindre notre hôtel. Disons que Prague n'est pas du tout une ville cyclable et la conduite sur deux roues est tout un défi. De la gare, c'est 7 km de virages sur des carrefours difficiles et de contournements de piétons dans leur droit. Difficile arrivée.
Une fois à l'hôtel cependant, quel accueil de Kristina, la gérante de cette immeuble qui loge studios et appartements sur quatre étages. Elle fait la lessive gratuitement, donne toutes les informations pertinentes, nous prête un livre-guide de la ville. Le studio a une cuisinette équipée, on a le Wifi et le câble. Pour paraphraser Monia, nous sommes au paradis.
Arrivés tard, nous sommes allés faire les emplettes et nous avons trouvé un restaurant pas loin qui ma foi s'est montré un bon choix. J'ai observé les excès nationaux en dégustant un litre de Pilsner Urquell, alors que Monia s'en tenait sagement aux produits de la vigne. Le filet de saumon et le jarret d'agneau était fameux.
Demain, on écume cette ville plus sympathique aux marcheurs qu'aux cyclisteurs. Monia pense même étirer le séjour ici, tellement elle se plaît au Paradis...
C'est demain (16 sept) que débute le weekend des Pédaleux à Bob Michaud qui achèvent d'amasser 30000$ pour Rouler pour la SLA. Bravo à tous les membres de l'équipe pour cette levée de fonds impressionnante. Salutations particulières à Bob, Phil, Marco et Marc que j'ai la chance de côtoyer régulièrement. On souhaite du beau temps pour ces 300 km très gratifiants. Si ce n'est déjà fait, vous pouvez encore faire un don en cliquant sur le logo SLA dans la bande de droite de ce blog.
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Trame sonore du jour:
Wooden Arms, Patrick Watson, Wooden Arms
« I wish I'd be in your wooden arms
That'll swallow me into a thousand dreams
And held me close while wooden eyes
That weep just like a willow tree »
.
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Location:Vltavská,Prague 5,République Tchèque
2011-09-14
Jour 12: Riding in the Rain
143 km. Cum: 1192 km
Ratisbonne, Allemagne - Je n'ai jamais vraiment détesté rouler sous la pluie. C'est sûr que ce n'est pas exactement l'idéal pour le tourisme, mais sinon, bien habillé, il n'y a pas vraiment de problèmes. J'ai appris à accepter ces inévitables circonstances météo des aventures en plein-air de plusieurs jours. Mais ces adhésions raisonnées sont parfois fragiles.
Après un déjeuner un peu tard à notre goût (7:30) à notre premier B&B du voyage, nous avons mis le cap vers l'ouest sous notre première vraie pluie digne du nom depuis Strasbourg. Arrivant du sud par l'Inn, nous revenons sur la EV6 à Passau, mais en pédalant vers l'ouest pour rejoindre Ratisbonne avant de se rendre à Prague (en train). Ainsi, en plus de la pluie, nous remontons la pente du Danube et en allant vers l'ouest, on a le vent de gueule (dans la face pour les non-initiés). Pour vraiment mettre la cerise sur le sundae, on fait 10 km de terre-battue en partant sous la pluie battante.
En roulant dans ce chemin non pavé, chaque tour de roue amène son lot de belle boue bien grasse et vaseuse dans la chaîne, le dérailleur et le pédalier. Quelle belle merde. Ça met du sable dans l'engrenage de Cannondale et surtout du sable dans mon engrenage personnel au delà de celui qui croute mes tibias. J'ai alors mis mon habit de schtroumph grognon. Eh maudit qu'il faut travailler fort pour garder vigilance sur l'état combien relatif de notre petit égo. Avant hier, j'appréciais tous ces km que je peux me permettre, toujours vivant, en santé, en vacances, en vélo, en cavale et ce matin, ça prend juste un petit peu de bouette pour venir salir ça. C'est la Monia qui m'a raplombé. Après la section de boue, on a fait une pause pour s'orienter et elle n'a rien dit, elle m'a juste fait une face du genre: "Moi, ça va b'en, on est mouillé, arrête de grogner, pédale, c'est toi qui connaît l'chemin, j'te suis". Là, cette face là, Pascale Bussières ne serait pas capable de m'la faire. On abhorre souvent les "Il faut qu'on s'parle" et les "Tu laisses toujours traîner tes affaires", mais ils ne comptent pas tant que ça à côté de ces moments où le couple sert de levier pour se faire grandir mutuellement. J'ai l'impression que c'est Monia plus souvent qu'autrement qui me fait la courte échelle. Je dois avoir des qualités cachées :-)
On a vu passer Vilshofen et Deggendorf dans un voile de pluie. Avant qu'il ne nous pousse des branchies, la pluie s'est calmée et on a vu apparaître une bande de ciel bleu à l'horizon. Au 85e km, nous avons fait la pause-lunch à Bogen. Un autre cycliste, un Français, en direction Est nous a tenu compagnie à la table d'à côté. Il roule en mode camping jusqu'à Budapest. Sympathique et intéressant. Il a fait l'Australie en bécane. On avait cru faire un repas rapide en prenant un menu du jour (filet de porc avec des pâtes), mais le service était lent. Ça aurait été moins long de se fabriquer un sandwich. Ça nous a fait une pause sociale finalement.
Quand on est ressorti, Galarneau se montrait la bette dans le ciel encore nuageux. Comme la pluie incessante avait transformé mes lunettes en une mosaïque de gouttes d'eau et qu'enfin je pouvais espérer mieux voir, je me suis mis à fredonner "I can see clearly now the rain is gone, it's gonna be a bright sunshiny day". La grisaille du matin complètement lavée, j'étais devenu le schtroumph chantant allant jusqu'à vous imaginer tous en train de danser un continental sur ma jolie musique ensoleillée. Vous voyez l'image, j'en suis sûr, allez, tous en choeur: "I can see clearly now the rain is gone, it's gonna be a bright, bright sunshiny day".
Exit le jacket, mais voici le vent d'ouest qui suit la dépression. Bon, ça n'avait rien du Wyoming, mais ça soufflait fort. On a contourné Straubing de même que Worth alors qu'on a commençait à apercevoir de la vigne en pente très escarpée. Sans doute des cépages blancs, on est quand même à 49 de latitude. Mais le soleil brille. "I can see clearly now..."
Regensburg (Ratisbonne) s'est fait désirer. On a dû traverser une section plus industrielle avant de parvenir à la gare de train où nous avons fait escale afin d'acheter nos billets pour Prague. Ça a été long avant de pouvoir atteindre le guichet, mais on a deux billets directs (4 hrs de trajet) pour demain avec des places pour les vélos.
Ensuite, nous nous sommes rendus à l'hôtel qui a pour caractéristique principale des laveuses à linge. Quelle belle journée pour lancer la lessive dans une machine. Franchement, nous étions crottés de boue comme dans Astérix chez les Helvètes. Monia retenait mal sa joie de voir tourner les morceaux de linge dans la mousse en prenant l'apéro. Moi, je trouve que ça lave mieux à la main, mais ce soir, vive la laveuse à 4€ !
On a pu à peine voir Ratisbonne, mais en revenant de souper, on a fait le tour de la cathédrale où Joseph Ratzinger (Benoit XVI) a officié. On aura le temps d'aller voir ça de jour demain et on mettra la photo sur le blog. À moins que vous préfériez des photos de filets de porc... :-)
49.01659,12.12267
Ratisbonne, Allemagne - Je n'ai jamais vraiment détesté rouler sous la pluie. C'est sûr que ce n'est pas exactement l'idéal pour le tourisme, mais sinon, bien habillé, il n'y a pas vraiment de problèmes. J'ai appris à accepter ces inévitables circonstances météo des aventures en plein-air de plusieurs jours. Mais ces adhésions raisonnées sont parfois fragiles.
Après un déjeuner un peu tard à notre goût (7:30) à notre premier B&B du voyage, nous avons mis le cap vers l'ouest sous notre première vraie pluie digne du nom depuis Strasbourg. Arrivant du sud par l'Inn, nous revenons sur la EV6 à Passau, mais en pédalant vers l'ouest pour rejoindre Ratisbonne avant de se rendre à Prague (en train). Ainsi, en plus de la pluie, nous remontons la pente du Danube et en allant vers l'ouest, on a le vent de gueule (dans la face pour les non-initiés). Pour vraiment mettre la cerise sur le sundae, on fait 10 km de terre-battue en partant sous la pluie battante.
En roulant dans ce chemin non pavé, chaque tour de roue amène son lot de belle boue bien grasse et vaseuse dans la chaîne, le dérailleur et le pédalier. Quelle belle merde. Ça met du sable dans l'engrenage de Cannondale et surtout du sable dans mon engrenage personnel au delà de celui qui croute mes tibias. J'ai alors mis mon habit de schtroumph grognon. Eh maudit qu'il faut travailler fort pour garder vigilance sur l'état combien relatif de notre petit égo. Avant hier, j'appréciais tous ces km que je peux me permettre, toujours vivant, en santé, en vacances, en vélo, en cavale et ce matin, ça prend juste un petit peu de bouette pour venir salir ça. C'est la Monia qui m'a raplombé. Après la section de boue, on a fait une pause pour s'orienter et elle n'a rien dit, elle m'a juste fait une face du genre: "Moi, ça va b'en, on est mouillé, arrête de grogner, pédale, c'est toi qui connaît l'chemin, j'te suis". Là, cette face là, Pascale Bussières ne serait pas capable de m'la faire. On abhorre souvent les "Il faut qu'on s'parle" et les "Tu laisses toujours traîner tes affaires", mais ils ne comptent pas tant que ça à côté de ces moments où le couple sert de levier pour se faire grandir mutuellement. J'ai l'impression que c'est Monia plus souvent qu'autrement qui me fait la courte échelle. Je dois avoir des qualités cachées :-)
On a vu passer Vilshofen et Deggendorf dans un voile de pluie. Avant qu'il ne nous pousse des branchies, la pluie s'est calmée et on a vu apparaître une bande de ciel bleu à l'horizon. Au 85e km, nous avons fait la pause-lunch à Bogen. Un autre cycliste, un Français, en direction Est nous a tenu compagnie à la table d'à côté. Il roule en mode camping jusqu'à Budapest. Sympathique et intéressant. Il a fait l'Australie en bécane. On avait cru faire un repas rapide en prenant un menu du jour (filet de porc avec des pâtes), mais le service était lent. Ça aurait été moins long de se fabriquer un sandwich. Ça nous a fait une pause sociale finalement.
Quand on est ressorti, Galarneau se montrait la bette dans le ciel encore nuageux. Comme la pluie incessante avait transformé mes lunettes en une mosaïque de gouttes d'eau et qu'enfin je pouvais espérer mieux voir, je me suis mis à fredonner "I can see clearly now the rain is gone, it's gonna be a bright sunshiny day". La grisaille du matin complètement lavée, j'étais devenu le schtroumph chantant allant jusqu'à vous imaginer tous en train de danser un continental sur ma jolie musique ensoleillée. Vous voyez l'image, j'en suis sûr, allez, tous en choeur: "I can see clearly now the rain is gone, it's gonna be a bright, bright sunshiny day".
Exit le jacket, mais voici le vent d'ouest qui suit la dépression. Bon, ça n'avait rien du Wyoming, mais ça soufflait fort. On a contourné Straubing de même que Worth alors qu'on a commençait à apercevoir de la vigne en pente très escarpée. Sans doute des cépages blancs, on est quand même à 49 de latitude. Mais le soleil brille. "I can see clearly now..."
Regensburg (Ratisbonne) s'est fait désirer. On a dû traverser une section plus industrielle avant de parvenir à la gare de train où nous avons fait escale afin d'acheter nos billets pour Prague. Ça a été long avant de pouvoir atteindre le guichet, mais on a deux billets directs (4 hrs de trajet) pour demain avec des places pour les vélos.
Ensuite, nous nous sommes rendus à l'hôtel qui a pour caractéristique principale des laveuses à linge. Quelle belle journée pour lancer la lessive dans une machine. Franchement, nous étions crottés de boue comme dans Astérix chez les Helvètes. Monia retenait mal sa joie de voir tourner les morceaux de linge dans la mousse en prenant l'apéro. Moi, je trouve que ça lave mieux à la main, mais ce soir, vive la laveuse à 4€ !
On a pu à peine voir Ratisbonne, mais en revenant de souper, on a fait le tour de la cathédrale où Joseph Ratzinger (Benoit XVI) a officié. On aura le temps d'aller voir ça de jour demain et on mettra la photo sur le blog. À moins que vous préfériez des photos de filets de porc... :-)
49.01659,12.12267
Trame sonore du jour:
Le Tout-Puissant, Malajube, Labyrinthes
« Quel genre de cancer se cache au fond de mon coeur?
Quel genre de concert se cache au fond de mon coeur?
Des millions de raisons d'encaisser et de rire
Des millions de raisons qui nous poussent à survivre »
.
Location:Haymostraße,Ratisbonne,Allemagne
Jour 11: Sur la rivière Inn
145 km. Cum: 1049 km.
Passau, Allemagne - Si vous allez sur Google Maps et que vous trouvez la rivière Inn, vous verrez qu'elle forme un grand C entre Salzbourg et Passau. Vous verrez aussi que la rive est ponctuée de petits villages et quelles grandes villes. Ce que vous verrez difficilement, c'est la grande piste cyclable qui longe la rivière dans ses moindres recoins sauf pour quelques escapades dans les terres. Ce que vous ne verrez pas sur Google Maps, ce sont les aigrettes, les canards et les sourires des cyclistes en vacances.
Quand j'ai monté les routes pour le GPS lors de plusieurs weekends printaniers, j'ai dû faire beaucoup de recherche. Pour l'Eurovélo, ce fut plus facile, car nous avons pu commander les cahiers de cartes. Pour les sections hors EV6 comme ce matin (depuis Ulm en fait), ça a été beaucoup moins facile. C'est avec Open Street Map, un projet Wiki, que j'ai pu planifier les routes cyclables. Cependant, impossible de vraiment savoir la nature de la surface avant d'être dessus. Ainsi, aujourd'hui, nous avons roulé à 70% sur de la terre battue. Heureusement que nous avons des pneus Gatorskin, car ce serait plutôt crevant. Demain, nous sommes de retour sur l'Eurovélo 6 qui garantit au moins 80% d'asphalte.
Nous avons quitté Salzbourg avant 8 heures après un excellent buffet déjeuner. Sur une grande partie de la route, nous avons roulé avec la rivière Inn sur la gauche sur un chemin planche et droit. Pas très longtemps après Salzbourg, nous suivions un autre cycliste solo qui moulinait à bon rythme. Devant Monia, je gardais une distance avec lui, mais un moment donné la Fraulein Monia me double avec un air "tasse-toé mononcle", elle monte d'un cran et double l'autre cycliste. B'en cou'donc, je décide de changer de pignon et je dépasse à mon tour essayant de suivre Cannon de mon mieux. Elle avait pourtant mangé au même buffet que moi. On a largué l'autre qui nous a semblé frustré d'être doublé si facilement par une femme, chargée de ses plus belles robes en plus. Elle a roulé à ce rythme effarant sur un autre 25 km...
Passé Obendorf, on a monté sur une crête et nous sommes redescendus rattrapant le méandre de la rivière. À 11:30, nous entrions dans Braunau Am Inn où nous avons pique-niqué sur la place centrale. Après avoir visité la ville natale de Mozart, nous prenons le lunch dans la ville natale du tristement célèbre Adolf Hitler. Plusieurs aimeraient mieux qu'on n'en parle pas, mais au contraire je pense qu'il est important de non seulement se remémorer l'horreur, mais surtout se remémorer ce qui a mené à ce fiasco pas si loin dans le temps. J'espère qu'on enseigne encore l'histoire dans nos écoles, afin qu'on n'oublie pas que nos libertés sont fragiles et qu'on peut sournoisement s'entraîner collectivement dans de douces dérives. Des lois un peu molles, des tolérances trop grandes, des libertés envahissantes et on se retrouve graduellement en situation où les acquis du passé sont perdus sans qu'on s'en soit trop rendu compte. Quand l'équilibre tient, ça va, mais suffit d'un moment de crise pour que ça éclate et que les intégrismes et les intolérances prennent le haut du pavé. Au delà de l'abus de pouvoir et la tyrannie pure et simple, je pense que l'écart entre les riches et les pauvres et la justice sociale sont à surveiller. Je ne nous prédit pas la guerre pour bientôt, mais les émeutes de Londres de cet été sont des symptômes importants. Ça peut changer relativement vite. Pensez juste à la cigarette il y a 25 ans. On fumait dans les bureaux. Maintenant, les fumeurs sont gênés d'en acheter. Juste en 25 ans.
À Obemberg, on a traversé la place centrale aux jolies maisons multicolores et ensuite le chemin s'est vraiment ligué contre nous. Jamais vu autant de virages sur une piste. La servitude accordée au passage des cyclistes est au bout des terres le long de la rivière et la rive swingue pas à peu près. Sur la terre battue avec nos racers chargés, on doit ralentir. 15 km plus loin, nous sommes rentrés en Allemagne. Les derniers km ont été vraiment remarquable. Sous couvert boisé avec la rivière en contrebas, la piste ondule le long d'une mini falaise. C'était comme du cross-country à flanc de montagne. Avoir eu le choix, j'aurais opté pour mon vélo de montagne sur cette section.
Passau, c'est la rencontre de trois rivières: L'Inn arrivant du sud, le Danube arrivant de l'ouest et l'Ilz arrivant du nord. On est allé voir la confluence. Ouain, ça conflue, ça conflue, mais encore. On est venu, on l'a vu et demain on s'en va à Ratisbonne.
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Passau, Allemagne - Si vous allez sur Google Maps et que vous trouvez la rivière Inn, vous verrez qu'elle forme un grand C entre Salzbourg et Passau. Vous verrez aussi que la rive est ponctuée de petits villages et quelles grandes villes. Ce que vous verrez difficilement, c'est la grande piste cyclable qui longe la rivière dans ses moindres recoins sauf pour quelques escapades dans les terres. Ce que vous ne verrez pas sur Google Maps, ce sont les aigrettes, les canards et les sourires des cyclistes en vacances.
Quand j'ai monté les routes pour le GPS lors de plusieurs weekends printaniers, j'ai dû faire beaucoup de recherche. Pour l'Eurovélo, ce fut plus facile, car nous avons pu commander les cahiers de cartes. Pour les sections hors EV6 comme ce matin (depuis Ulm en fait), ça a été beaucoup moins facile. C'est avec Open Street Map, un projet Wiki, que j'ai pu planifier les routes cyclables. Cependant, impossible de vraiment savoir la nature de la surface avant d'être dessus. Ainsi, aujourd'hui, nous avons roulé à 70% sur de la terre battue. Heureusement que nous avons des pneus Gatorskin, car ce serait plutôt crevant. Demain, nous sommes de retour sur l'Eurovélo 6 qui garantit au moins 80% d'asphalte.
Nous avons quitté Salzbourg avant 8 heures après un excellent buffet déjeuner. Sur une grande partie de la route, nous avons roulé avec la rivière Inn sur la gauche sur un chemin planche et droit. Pas très longtemps après Salzbourg, nous suivions un autre cycliste solo qui moulinait à bon rythme. Devant Monia, je gardais une distance avec lui, mais un moment donné la Fraulein Monia me double avec un air "tasse-toé mononcle", elle monte d'un cran et double l'autre cycliste. B'en cou'donc, je décide de changer de pignon et je dépasse à mon tour essayant de suivre Cannon de mon mieux. Elle avait pourtant mangé au même buffet que moi. On a largué l'autre qui nous a semblé frustré d'être doublé si facilement par une femme, chargée de ses plus belles robes en plus. Elle a roulé à ce rythme effarant sur un autre 25 km...
Passé Obendorf, on a monté sur une crête et nous sommes redescendus rattrapant le méandre de la rivière. À 11:30, nous entrions dans Braunau Am Inn où nous avons pique-niqué sur la place centrale. Après avoir visité la ville natale de Mozart, nous prenons le lunch dans la ville natale du tristement célèbre Adolf Hitler. Plusieurs aimeraient mieux qu'on n'en parle pas, mais au contraire je pense qu'il est important de non seulement se remémorer l'horreur, mais surtout se remémorer ce qui a mené à ce fiasco pas si loin dans le temps. J'espère qu'on enseigne encore l'histoire dans nos écoles, afin qu'on n'oublie pas que nos libertés sont fragiles et qu'on peut sournoisement s'entraîner collectivement dans de douces dérives. Des lois un peu molles, des tolérances trop grandes, des libertés envahissantes et on se retrouve graduellement en situation où les acquis du passé sont perdus sans qu'on s'en soit trop rendu compte. Quand l'équilibre tient, ça va, mais suffit d'un moment de crise pour que ça éclate et que les intégrismes et les intolérances prennent le haut du pavé. Au delà de l'abus de pouvoir et la tyrannie pure et simple, je pense que l'écart entre les riches et les pauvres et la justice sociale sont à surveiller. Je ne nous prédit pas la guerre pour bientôt, mais les émeutes de Londres de cet été sont des symptômes importants. Ça peut changer relativement vite. Pensez juste à la cigarette il y a 25 ans. On fumait dans les bureaux. Maintenant, les fumeurs sont gênés d'en acheter. Juste en 25 ans.
À Obemberg, on a traversé la place centrale aux jolies maisons multicolores et ensuite le chemin s'est vraiment ligué contre nous. Jamais vu autant de virages sur une piste. La servitude accordée au passage des cyclistes est au bout des terres le long de la rivière et la rive swingue pas à peu près. Sur la terre battue avec nos racers chargés, on doit ralentir. 15 km plus loin, nous sommes rentrés en Allemagne. Les derniers km ont été vraiment remarquable. Sous couvert boisé avec la rivière en contrebas, la piste ondule le long d'une mini falaise. C'était comme du cross-country à flanc de montagne. Avoir eu le choix, j'aurais opté pour mon vélo de montagne sur cette section.
Passau, c'est la rencontre de trois rivières: L'Inn arrivant du sud, le Danube arrivant de l'ouest et l'Ilz arrivant du nord. On est allé voir la confluence. Ouain, ça conflue, ça conflue, mais encore. On est venu, on l'a vu et demain on s'en va à Ratisbonne.
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Trame sonore du jour:
It’s Allright Ma, Bob Dylan, Bringing It All Back Home
« That he not busy being born
Is busy dying »
.
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Location:Passau, Allemagne
2011-09-12
Jour 10: Wolfgang Amadeus Mozart
42 km. Cum: 904 km
Salzbourg, Autriche - J'avais programmé ce détour en marge du Danube d'abord pour voir Munich. Ensuite, j'avais vu que la vallée de l'Inn était accessible facilement et reconnaissant la ville natale de Mozart, j'avais mis Salzbourg dans notre chemin. On n'avait d'attente que l'histoire de Mozart, rien de plus, mais après y avoir pasé presque toute la journée, je pense que jusqu'à date, c'est le coup de coeur du voyage.
Nous avons quitté Traunstein à 8:00 sous un ciel incertain après un très bon déjeuner. On a vite trouvé la piste qui alternait entre des routes de campagne et des pistes séparées. Sur les portions routières, la courtoisie des automobilistes et des camionneurs est vraiment exemplaire.
Nous avons roulé très relaxe, la destination étant très près ce matin. De beaux villages, les Alpes à l'horizon, pas trop de vent et peu de relief, que demander de plus.
Nous sommes entrés en Autriche en traversant l'Inn. C'est toujours surprenant de traverser ces frontières européennes comme on passe des Cantons de l'Est à la Montérégie. Pas de douane, un drapeau ou un sigle national, mais il faut vraiment être attentif pour remarquer la frontière. Et dire que toutes ces frontières sont issues de deux longues guerres au 20e siècle et combien d'autres avant.
L'entrée dans Salzbourg est sans problème et le réseau cyclable nous a presque mené à la porte de notre hôtel. Déjà, à l'approche du centre de la ville, les oh et les ah fusent de toutes parts. La cité est encastrée dans un canyon serré avec une forteresse médiévale qui couronne la mer de clochers.
Notre chambre est prête malgré notre arrivée à 10:30, ce qui nous permet de laver la poussière de la route et de sortir frais et dispos pour un pique-nique dans le jardin du Palais Mirabell. Les arrangements floraux sont à faire faire un AVC à tout participant de Maisons Fleuries. Notre plan pour la suite, c'était de monter directement à la forteresse pour ensuite déambuler pour découvrir la vieille ville. On y est monté, mais il a été difficile de ne pas faire quelques détours auparavant découvrant les places une derrière l'autre. Chacune de ces larges places arbore des fontaines magistrales. Il est difficile de marcher sans s'enfarger dans son menton qui tombe d'ébaubissement.
En bons Eric et Monia qui marchent tout le temps, on n'a pas pris le funiculaire et on a grimpé les trois-cent quelques mètres qui mènent à la forteresse et ses impressionnants points de vue. On s'est fait aller le Kodak et on est redescendu marcher dans la ville. C'est vraiment un bijou.
On est passé devant la maison où Mozart est né, on a bouffé des Mozartkugeln (petits chocolats fourrés typiques d'ici) et on a contemplé la statue de Mozart. On a aussi passé un beau moment sidérés par la beauté de l'intérieur de la cathédrale (extase des neurones) et j'ai mangé un autre cornet trois boules (extase des papilles).
Après un apéritif pendant lequel
a) une dame a fait une chute à vélo se prenant une roue dans une craque de bouche d'égout,
b) une fille est restée plantée debout dans le milieu de la place immobile au moins 15 minutes pendant qu'un autre filmait (un projet d'art j'imagine),
c) une dame américaine nous a demandé s'il y avait du poisson sur le menu, car elle ne comprend pas l'allemand, alors que le menu était tout en italien,
nous avons soupé copieusement. Saucisses de veau avec son pretzel géant en entrée pour le bonhomme, suivi de médaillons de veau servis avec spatzels (pâtes typiques) à la citrouille pour elle, alors que monsieur complétait avec un plat de boeuf servi avec patates jaunes et épinards. Succulent et abondant.
Je n'en parlerai plus, mais il faut vraiment redire que depuis notre arrivée en Europe, la place qui est faite aux vélos est remarquable. On a vu amplement plus de bicyclettes aujourd'hui que de voitures. Partout des stationnements de vélo, des traverses adaptées, des indications claires, c'est vraiment le bonheur sur deux roues.
Hier, en faisant la mise à jour du blogue, j'ai appris que Stuart Heap, un gars de l'Angleterre avec qui j'avais fait le Raid Pyrénéen en 2009 est décédé hier d'un infarctus en s'entraînant à vélo. Il se préparait à aller faire les cols des Alpes avec la même gang des Pyrénées. Il était dans la jeune quarantaine. C'est un autre qui nous rappelle que l'échéance qu'on ne connaît pas est parfois plus rapide qu'on veut bien le croire. Et ce n'est pas la forme physique et les grimpes en vélo qui nous donne nécessairement un sursis. Faque chaque nouveau kilomètre sera doublement apprécié à partir de maintenant. Cheers to you Stuart !
47.813659,13.0419
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Salzbourg, Autriche - J'avais programmé ce détour en marge du Danube d'abord pour voir Munich. Ensuite, j'avais vu que la vallée de l'Inn était accessible facilement et reconnaissant la ville natale de Mozart, j'avais mis Salzbourg dans notre chemin. On n'avait d'attente que l'histoire de Mozart, rien de plus, mais après y avoir pasé presque toute la journée, je pense que jusqu'à date, c'est le coup de coeur du voyage.
Nous avons quitté Traunstein à 8:00 sous un ciel incertain après un très bon déjeuner. On a vite trouvé la piste qui alternait entre des routes de campagne et des pistes séparées. Sur les portions routières, la courtoisie des automobilistes et des camionneurs est vraiment exemplaire.
Nous avons roulé très relaxe, la destination étant très près ce matin. De beaux villages, les Alpes à l'horizon, pas trop de vent et peu de relief, que demander de plus.
Nous sommes entrés en Autriche en traversant l'Inn. C'est toujours surprenant de traverser ces frontières européennes comme on passe des Cantons de l'Est à la Montérégie. Pas de douane, un drapeau ou un sigle national, mais il faut vraiment être attentif pour remarquer la frontière. Et dire que toutes ces frontières sont issues de deux longues guerres au 20e siècle et combien d'autres avant.
L'entrée dans Salzbourg est sans problème et le réseau cyclable nous a presque mené à la porte de notre hôtel. Déjà, à l'approche du centre de la ville, les oh et les ah fusent de toutes parts. La cité est encastrée dans un canyon serré avec une forteresse médiévale qui couronne la mer de clochers.
Notre chambre est prête malgré notre arrivée à 10:30, ce qui nous permet de laver la poussière de la route et de sortir frais et dispos pour un pique-nique dans le jardin du Palais Mirabell. Les arrangements floraux sont à faire faire un AVC à tout participant de Maisons Fleuries. Notre plan pour la suite, c'était de monter directement à la forteresse pour ensuite déambuler pour découvrir la vieille ville. On y est monté, mais il a été difficile de ne pas faire quelques détours auparavant découvrant les places une derrière l'autre. Chacune de ces larges places arbore des fontaines magistrales. Il est difficile de marcher sans s'enfarger dans son menton qui tombe d'ébaubissement.
En bons Eric et Monia qui marchent tout le temps, on n'a pas pris le funiculaire et on a grimpé les trois-cent quelques mètres qui mènent à la forteresse et ses impressionnants points de vue. On s'est fait aller le Kodak et on est redescendu marcher dans la ville. C'est vraiment un bijou.
On est passé devant la maison où Mozart est né, on a bouffé des Mozartkugeln (petits chocolats fourrés typiques d'ici) et on a contemplé la statue de Mozart. On a aussi passé un beau moment sidérés par la beauté de l'intérieur de la cathédrale (extase des neurones) et j'ai mangé un autre cornet trois boules (extase des papilles).
Après un apéritif pendant lequel
a) une dame a fait une chute à vélo se prenant une roue dans une craque de bouche d'égout,
b) une fille est restée plantée debout dans le milieu de la place immobile au moins 15 minutes pendant qu'un autre filmait (un projet d'art j'imagine),
c) une dame américaine nous a demandé s'il y avait du poisson sur le menu, car elle ne comprend pas l'allemand, alors que le menu était tout en italien,
nous avons soupé copieusement. Saucisses de veau avec son pretzel géant en entrée pour le bonhomme, suivi de médaillons de veau servis avec spatzels (pâtes typiques) à la citrouille pour elle, alors que monsieur complétait avec un plat de boeuf servi avec patates jaunes et épinards. Succulent et abondant.
Je n'en parlerai plus, mais il faut vraiment redire que depuis notre arrivée en Europe, la place qui est faite aux vélos est remarquable. On a vu amplement plus de bicyclettes aujourd'hui que de voitures. Partout des stationnements de vélo, des traverses adaptées, des indications claires, c'est vraiment le bonheur sur deux roues.
Hier, en faisant la mise à jour du blogue, j'ai appris que Stuart Heap, un gars de l'Angleterre avec qui j'avais fait le Raid Pyrénéen en 2009 est décédé hier d'un infarctus en s'entraînant à vélo. Il se préparait à aller faire les cols des Alpes avec la même gang des Pyrénées. Il était dans la jeune quarantaine. C'est un autre qui nous rappelle que l'échéance qu'on ne connaît pas est parfois plus rapide qu'on veut bien le croire. Et ce n'est pas la forme physique et les grimpes en vélo qui nous donne nécessairement un sursis. Faque chaque nouveau kilomètre sera doublement apprécié à partir de maintenant. Cheers to you Stuart !
47.813659,13.0419
Trame sonore du jour:
Le Bruit des Bottes, Yann Perreau, Un serpent sous les fleurs
«N'entends tu pas le vent qui porte le bruit des bottes.
Au nom de la liberté, elles iront imposer
Au reste de la planète, une façon de marcher »
.
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Location:Salzbourg, Autriche
2011-09-11
Jour 9: Voici les Alpes
127 km. Cum: 862 km.
Traunstein, Allemagne - Quand on est à Bromont, on dit qu'on est de la Rue Shefford. C'est pas tout à fait ça, mais suffisamment précis. Quand on est à Montréal, on dit qu'on est de Bromont. Ailleurs au Québec, on dit Bromont, mais des fois on ajoute "pas loin de Granby". Quand on traverse la frontière le moindrement, comme ici en Europe, on vient de Montréal. Ce n'est pas pour renier notre patelin, mais la plupart de nos interlocuteurs connaissent Montréal soit par les Olympiques, les Canadiens ou peut-être parce qu'ils sont bons en géographie. Régis Labeaume aimerait peut-être qu'on vienne de Québec pendant nos sorties outre-mer. On pourrait tester ça pour voir.
On sait que les Montréalais sont reconnus à travers le Canada pour leur indiscipline dans la rue. Ils traversent au milieu de la rue (ce qu'on appelle en anglais jaywalking). Le comportement des piétons dans une ville est en général un bon indicateur de la culture collective. À Toronto, j'ai été tiré par la chemise par des gens que je connaissais à peine quand j'ai voulu traverser la rue Yonge sur une rouge alors qu'il n'y avait aucun véhicule à 3 km à la ronde. À Damas en Syrie, les voitures passent à toute vitesse même si le signe pour piétons est au vert pendant qu'un gendarme ininteressé siffle aléatoirement. Et à Dublin en Irlande, Andy Grondin m'a sauvé la vie à peu près 10 fois, mais ça c'est parce que les voitures roulent à gauche et que je regardais du mauvais bord avant de mettre le pied dans la rue. En Allemagne, c'est la discipline qui règne. Nos réflexes de Montréalais ont été la cible de regards désobligeants à quelques reprises. Les gens attendent patiemment que le signal piéton ou le signal vélo (dépendant du mode de déplacement) vire au vert quelque soit le volume de la circulation. Ce matin, Monia m'avait averti de respecter la signalisation en sortant de Munich. Au 5e km, elle m'a dépassé et ses habitudes montréalites ont repris le dessus. Elle était très prudente, mais pas au point d'attendre au coin d'une ruelle déserte au son des crickets jusqu'à ce que ça vire au vert. Elle change parfois d'idée quand il est question de suivre ses propres conseils. Ah la Fraulein Pelletier !
Avant de partir, on a déjeuné dans la chambre avec du pain aux raisins et du beurre d'arachides (produit d'importation trouvé au supermarché). On a fait ça pour éviter de payer les 30 euros (!) pour deux du buffet déjeuner de l'hôtel et aussi parce que c'est dimanche et le dimanche ici, c'est très férié. Rien d'ouvert ou presque. Il faudra adapter notre cheminement à ses dimanches sans commerces.
Ça nous a permis de quitter tôt (7:15). Temps impeccable pour rouler, pas un nuage, 14C. Le premier segment du trajet était une longue ligne droite vers l'est pour sortir de Munich. Ça a donné 15 km de Longueuil avec pleins de feux de circulation respectés par presque tous. On a calé un café à une rare boulangerie ouverte, dose nécessaire pour caféïnomanes en cavale.
Éventuellement, nous sommes aboutis dans la campagne aux effluves agricoles (fumier aux arômes de confiture qui cuit; fromage de chèvre), mais aussi de beaux corridors forestiers, des prucheraies notamment. À la cime d'une des montées, les Alpes nous sont apparues à l'horizon. Une belle découpe bleutée dans l'horizon sud. Wow! Il fallait nous voir le sourire. On a dû finir par avoir des mouches sur les dents.
Après Rosenheim, nous avons entamé un collage de pistes cyclables qui longent coup sur coup le lac Siem et le lac Chiem. Comme c'est dimanche, il y a beaucoup de cyclistes du dimanche et comme nous sommes surtout habitués à rouler sur la route, la piste du dimanche défie pas mal notre patience. Chiens, promeneurs, baroudeurs deux de large, jeunes intrépides en sens contraire, ah la galère. Aussi, la température a atteint 30C, ce qui effile les rognons. Mais le panorama oh la la! Les premières Alpes derrière le lac et ses voiliers, de toute beauté.
Nous avons trouvé un lunch minimal dans une cantine pour baigneurs. Et plus tard, une erreur de navigation nous a mené à une station-service pour voitures ce qui nous a permis de faire le plein (d'eau).
Nous sommes arrivés à Traunstein à 14:40. Se rendre à Strasbourg aujourd'hui nous aurait mis tard pour faire le moindrement de visite et comme Air Canada nous a amputé d'une journée avec nos retards de bagages, nous ne nous permettrons pas une journée supplémentaire de repos complet. Alors demain nous serons à Strasbourg au bout de seulement 38 km et nous pourrons voir un minimum de cette ville où est né Mozart.
On a d'abord cru qu'on aurait de la difficulté à trouver un toit ici à Traunstein, tellement le dimanche est tranquille, mais on a trouvé. Il y a quelques bars ouverts et la plupart des restos ouvrent en soirée. Mon premier arrêt, une cornet trois boules. Quelle invention incroyable que la crème glacée ! Monia ne se laisse même pas émouvoir par ces cristaux laitiers pleins de bons gras et de saveurs sublimes. Elle me regarde déguster ça et attend de pouvoir se mettre un biscuit sablé à la confiture sous la dent. Je préfère la crème glace. Et vous, quelle est votre invention préférée ?
Ce qui fait jaser les gens qui nous rencontrent, ce sont sans contredit nos miroirs de casque. Si quelqu'un nous interpelle avec un sourire, c'est immanquable, il pointe le miroir. Ils n'en vendent pas ici et c'est tellement inhabituel pour eux que ce matin en quittant Munich, un touriste coureur a cessé sa course pour nous dire qu'il nous avait déjà croisés. Il nous a reconnus aux miroirs qu'on porte et nous avait remarqués en nous voyant la première fois tout près de Radolfzell... ...à 500km de Munich !
47.86880, 12.64344
.
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Traunstein, Allemagne - Quand on est à Bromont, on dit qu'on est de la Rue Shefford. C'est pas tout à fait ça, mais suffisamment précis. Quand on est à Montréal, on dit qu'on est de Bromont. Ailleurs au Québec, on dit Bromont, mais des fois on ajoute "pas loin de Granby". Quand on traverse la frontière le moindrement, comme ici en Europe, on vient de Montréal. Ce n'est pas pour renier notre patelin, mais la plupart de nos interlocuteurs connaissent Montréal soit par les Olympiques, les Canadiens ou peut-être parce qu'ils sont bons en géographie. Régis Labeaume aimerait peut-être qu'on vienne de Québec pendant nos sorties outre-mer. On pourrait tester ça pour voir.
On sait que les Montréalais sont reconnus à travers le Canada pour leur indiscipline dans la rue. Ils traversent au milieu de la rue (ce qu'on appelle en anglais jaywalking). Le comportement des piétons dans une ville est en général un bon indicateur de la culture collective. À Toronto, j'ai été tiré par la chemise par des gens que je connaissais à peine quand j'ai voulu traverser la rue Yonge sur une rouge alors qu'il n'y avait aucun véhicule à 3 km à la ronde. À Damas en Syrie, les voitures passent à toute vitesse même si le signe pour piétons est au vert pendant qu'un gendarme ininteressé siffle aléatoirement. Et à Dublin en Irlande, Andy Grondin m'a sauvé la vie à peu près 10 fois, mais ça c'est parce que les voitures roulent à gauche et que je regardais du mauvais bord avant de mettre le pied dans la rue. En Allemagne, c'est la discipline qui règne. Nos réflexes de Montréalais ont été la cible de regards désobligeants à quelques reprises. Les gens attendent patiemment que le signal piéton ou le signal vélo (dépendant du mode de déplacement) vire au vert quelque soit le volume de la circulation. Ce matin, Monia m'avait averti de respecter la signalisation en sortant de Munich. Au 5e km, elle m'a dépassé et ses habitudes montréalites ont repris le dessus. Elle était très prudente, mais pas au point d'attendre au coin d'une ruelle déserte au son des crickets jusqu'à ce que ça vire au vert. Elle change parfois d'idée quand il est question de suivre ses propres conseils. Ah la Fraulein Pelletier !
Avant de partir, on a déjeuné dans la chambre avec du pain aux raisins et du beurre d'arachides (produit d'importation trouvé au supermarché). On a fait ça pour éviter de payer les 30 euros (!) pour deux du buffet déjeuner de l'hôtel et aussi parce que c'est dimanche et le dimanche ici, c'est très férié. Rien d'ouvert ou presque. Il faudra adapter notre cheminement à ses dimanches sans commerces.
Ça nous a permis de quitter tôt (7:15). Temps impeccable pour rouler, pas un nuage, 14C. Le premier segment du trajet était une longue ligne droite vers l'est pour sortir de Munich. Ça a donné 15 km de Longueuil avec pleins de feux de circulation respectés par presque tous. On a calé un café à une rare boulangerie ouverte, dose nécessaire pour caféïnomanes en cavale.
Éventuellement, nous sommes aboutis dans la campagne aux effluves agricoles (fumier aux arômes de confiture qui cuit; fromage de chèvre), mais aussi de beaux corridors forestiers, des prucheraies notamment. À la cime d'une des montées, les Alpes nous sont apparues à l'horizon. Une belle découpe bleutée dans l'horizon sud. Wow! Il fallait nous voir le sourire. On a dû finir par avoir des mouches sur les dents.
Après Rosenheim, nous avons entamé un collage de pistes cyclables qui longent coup sur coup le lac Siem et le lac Chiem. Comme c'est dimanche, il y a beaucoup de cyclistes du dimanche et comme nous sommes surtout habitués à rouler sur la route, la piste du dimanche défie pas mal notre patience. Chiens, promeneurs, baroudeurs deux de large, jeunes intrépides en sens contraire, ah la galère. Aussi, la température a atteint 30C, ce qui effile les rognons. Mais le panorama oh la la! Les premières Alpes derrière le lac et ses voiliers, de toute beauté.
Nous avons trouvé un lunch minimal dans une cantine pour baigneurs. Et plus tard, une erreur de navigation nous a mené à une station-service pour voitures ce qui nous a permis de faire le plein (d'eau).
Nous sommes arrivés à Traunstein à 14:40. Se rendre à Strasbourg aujourd'hui nous aurait mis tard pour faire le moindrement de visite et comme Air Canada nous a amputé d'une journée avec nos retards de bagages, nous ne nous permettrons pas une journée supplémentaire de repos complet. Alors demain nous serons à Strasbourg au bout de seulement 38 km et nous pourrons voir un minimum de cette ville où est né Mozart.
On a d'abord cru qu'on aurait de la difficulté à trouver un toit ici à Traunstein, tellement le dimanche est tranquille, mais on a trouvé. Il y a quelques bars ouverts et la plupart des restos ouvrent en soirée. Mon premier arrêt, une cornet trois boules. Quelle invention incroyable que la crème glacée ! Monia ne se laisse même pas émouvoir par ces cristaux laitiers pleins de bons gras et de saveurs sublimes. Elle me regarde déguster ça et attend de pouvoir se mettre un biscuit sablé à la confiture sous la dent. Je préfère la crème glace. Et vous, quelle est votre invention préférée ?
Ce qui fait jaser les gens qui nous rencontrent, ce sont sans contredit nos miroirs de casque. Si quelqu'un nous interpelle avec un sourire, c'est immanquable, il pointe le miroir. Ils n'en vendent pas ici et c'est tellement inhabituel pour eux que ce matin en quittant Munich, un touriste coureur a cessé sa course pour nous dire qu'il nous avait déjà croisés. Il nous a reconnus aux miroirs qu'on porte et nous avait remarqués en nous voyant la première fois tout près de Radolfzell... ...à 500km de Munich !
47.86880, 12.64344
Trame sonore du jour:
Racing in the Streets, Bruce Springsteen, Darkness on the Edge of Town
« Some guys they just give up living
Little by little, piece by piece
Some guys come home from work and wash up
And go racin' in the street »
.
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Location:Traunstein, Allemagne
2011-09-10
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