2011-09-24

Retour à la maison samedi soir

Linz, Autriche - Autant habituellement je suis triste de voir s'achever un voyage, autant aujourd'hui je suis émotive à l'idée du retour parce qu'extrêmement heureuse. Tout compte fait, c'est la fin d'une belle aventure qui s'est transformée en course à obstacles. Une fin heureuse où ils retournent à la maison plus amoureux, si c'est possible, et fébriles à l'idée de vous revoir. Vos mots m'ont aidée à surmonter les nombreuses barrières (ce n'est pas un jeu de mots). Bientôt vous retrouverez ce Eric rieur. Est-ce qu'on fera à nouveau du vélo? Bien sûr. Est-ce qu'on recommencera un tel voyage? ...pourquoi pas?
Dodo à Bromont samedi soir...

Monia
Envoyé de Son iPhone

2011-09-22

À mon tour d'être en robe

Linz, Autriche - Monia de retour au clavier.
Bonjour à vous tous. Je suis extrêmement soulagée de voir comment Eric se porte aujourd'hui. Il marchait dans le corridor libéré de son paquet de tuyaux quand je suis arrivée. Le congé de l'hôpital est prévu pour vendredi matin et l'assurance-voyage s'occupe de notre retour.
Merci pour tous vos messages d'encouragement. En plus de votre support moral, je suis reconnaissante de l'aide précieuse que nous avons sur le terrain. Sur le site de l'accident, les premiers cyclistes arrivés sur place ont sacrifié une toile imperméable qui couvrait leurs bagages pour protéger Eric des intempéries avant l'arrivée des secours. Un de ces cyclistes m'a donné son polar et a refusé de le reprendre. L'infirmière de l'urgence m'a cherché un hôtel en m'aidant de son mieux avec son anglais approximatif. Les réceptionnistes de Harry's Home ont fait quantités d'appels en allemand pour moi. Les policiers ont pris grand soin de nos vélos en attendant qu'on solutionne cet aspect. De l'aide inestimable quand on est loin de chez-soi.
Je laisse le clavier à Eric qui doit commencer son programme de physio en tapant un premier message sur son téléphone - Monia
+=+=++
Rassurez-vous (ou pas), j'ai encore mes dix doigts fonctionnels, du moins suffisamment pour pitonner sur notre bidule. Étonnant, la vitesse à laquelle Monia a pu apprendre à se servir du iPhone. Elle n'osait même pas y toucher avant l'accident. On peut dire que c'est un crash course...
Comment décrire cet incident. Je cherche des comparatifs depuis deux jours. Le mieux que j'ai trouvé, c'est le marathonien qui tombe dans un trou d'homme au 32e km. Maudite barrière. Difficile parfois de différencier certaines routes de la piste cyclable ici, tellement les routes peuvent être étroites. La barrière est là pour bloquer le trafic motorisé. Au même endroit, le GPS me propose un contournement, mais c'est probablement pour contourner un peu largement l'entrave que crée la barrière. On vient pourtant d'engager une belle ligne droite qui nous ramène au Danube, vent de dos, c'est roulant en masse. Je lève la tête du GPS pour essayer de voir la déviation. J'ai réalisé une seconde avant le brutal impact. Ça flashe et reflashe dans ma tête. On ne peut pas reculer. Faut croire que nos voyages de vélos (les miens du moins) sont voués à des demi-succès. Ça fait déjà trois bras de cassés.
Recousu, je me laisse bercer par le personnel médical et surtout par la grande maîtrise de Monia en temps de crise. Comme on dit en anglais: "She's taking care of business". Mes deux bras cassés, c'est elle qui porte les culottes et moi qui est maintenant en robe (d'hôpital)...
Pour l'instant, je ne sais pas trop comment avaler ça. Toute cette préparation, toute cette logistique, ce feu roulant de mots et de km qui s'écrase sur une barrière. Mon co-chambreur, lui, ne sait pas s'il pourra retrouver l'usage de ses pieds suite à un accident de parapente. Moi, ça va rentrer dans l'ordre. Va juste rester à accepter la chute.
À bientôt, au plaisir de vous serrer la pince (pas trop fort svp).
- Eric









2011-09-20

Linz encore

Linz, Autriche - Ce soir c'est Monia qui vous écrit. Ce matin, Eric s'est fracturé les deux avant-bras sur la piste cyclable.  Il n'a pas vu une barrière limitant l'accès.  Il venait de baisser les yeux pour regarder le GPS.  Nous n'avions pas encore vu de telles barrières auparavant.  Il a eu des chirurgies pour les deux avant-bras cet après-midi.   Il allait bien durant l'attente pour les chirurgies.  Il m'a même récité le numéro de toutes nos chambres d’hôtel, ce qui est plutôt étonnant....mais c'est Eric.  Il est encore en salle de réveil et l'infirmier de l'étage où il a une chambre qui l'attend m'a gentiment demandé de quitter.  Tout ira bien, il est entre bonnes mains.

Monia
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Linz (en vitesse sous la pluie)

Jour 17: Conditions extrêmes

75 km. Cum: 1492 km.

Linz, Autriche - On s'était préparés psychologiquement à affronter le froid. 6 degrés pour partir, on ne fait jamais ça chez-nous. Si on le faisait, ce serait autrement habillés que ça. Ici, au cuissard et au maillot mince à manche longue qu'on porte de base, on peut ajouter le cuissard long, la veste coupe-vent et puis b'en mal pris, les manches d'appoint (arm warmers). C'est tout et c'est suffisant pour décoller autour de 12 C. Mais à 6 C, j'ajouterais un autre maillot épais, des couvre-chaussures en néoprène et mes gants homards. On a rien de ça. On a des robes en masse par exemple. Comme dirait l'autre: "Vous allez souffert !"

Si ce n'était que le froid et la pluie. On est parti à 8:20 en montant pour quitter le village. Et puis on a monté pour quitter le quartier qui entoure le village et on a monté encore un peu pour rejoindre la forêt qui borne les champs cultivés qui entourent le quartier autour du village. Il fallait aussi monter pour atteindre les pylônes qui sont toujours sur la crête avant d'arriver au camp de base des sherpas. Non, mais ça montait en ti-pépére. Avant d'avoir fait 20 km, on avait déjà gagné 600m en vertical. Écrabouillant mon orgueil devant la Fraulein, j'ai même déclippé et poussé mon vélo pour franchir un enième mur à 20% alors que le GPS ne détectait plus de mouvement pendant que je me démenais debout sur les pédales en 39x28.

Jusqu'à Vissy Brod, notre route étroite et accidentée se faufilait dans les forêts de conifères. C'était déroutant pour les sens. Le souffle court, les odeurs de feuilles mortes et de résine, le froid ambiant et l'air humide, au nez j'avais l'impression de faire du trekking autour d'un sommet des Adirondacks ou du New Hampshire. Il me manquait une tuque et des gants. Notre itinéraire a ensuite emprunté des routes plus carossables, larges et les pentes se sont calmées. Ça a quand même continué à monter et rien n'était plus prévisible que la frontière autrichienne serait le point culminant de la route - une crête montagneuse étant dont une bonne idée pour tracer une frontière politique. B'en non, ça a monté encore 2 km après la douane déserte. Apex: 850m. Monter dans ce froid permet de se réchauffer en faisant travailler les muscles, mais en contrepartie, plus on travaille, plus on se fatigue et quand on est aux marges du supportable pour se garder au chaud, la fatigue joue contre nous. De plus, mentalement, la montée incessante nous rappelle que la route est loin d'être finie. À 15 km/h, c'est long longtemps.

On a descendu à petites doses, mais à bon rythme jusqu'à Bad Leonfelden à 27 km de Linz. Un arrêt dans une station-service a permis de s'évaluer mutuellement. On surveille les signes d'hypothermie. La température n'a pas vraiment quitté la plage des 6-7 C. Monia sourit encore, elle a les extrémités froides, trouve ça extrême, mais elle est prête à continuer, surtout si on part tout de suite. En effet, si on arrête trop longtemps, c'est fichu. Nous sommes gelés, mais ironiquement, il ne faut pas refroidir. On a descendu sur quelques villages, se gelant les doigts sur les freins et puis une nouvelle montée pour finalement dévaler 14 km jusqu'à Linz. Si monter tient au chaud tout en allongeant le supplice, descendre à 8% sur 14km accélère l'arrivée, mais au prix d'un facteur vent abominable. On n'avait plus de doigts à l'arrivée, nos chaussures était des piscines et nos seuls mots étaient des monosyllabes allemandes tellement on avait la gueule gelée. Arrivée 12:20.

On a trouvé refuge chez Harry's Home (On vous laisse trouver ça sur Internet). De belles chambres fonctionnelles au décor moderne. En plus, des laveuses automatiques sur notre étage nous ont permis de laver la pluie grasse de nos vêtements sans s'achever les mains à essorer. La pluie s'étant intensifiée, nous avons choisi de se faire un lunch en visitant le supermarché voisin de l'hôtel et de manger bien au chaud dans la chambre. J'ai ensuite astiqué les vélos qui étaient souillés, mais moins qu'à Ratisbonne, car nous sommes toujours restés sur l'asphalte.

En fin d'après-midi, nous avons décidé de prendre le bus de la ville pour au moins aller voir ce qu'a l'air le centre historique de Linz en allant souper là. Cependant, il pleut encore très fort. Arrivés là, c'est très beau, mais il n'y a pas beaucoup de choix de restos, alors on finit par entrer au restaurant italien par dépit et surtout avant de geler sur place. La soupe aux légumes, la pizza (avec de la roquette) et le dessert étaient très satisfaisant. Le serveur a dû trouver qu'on mangeait sans bon sens. Le froid a triplé l'effort et la dépense d'énergie.

Au rayon domestique, on a refait le plein de dentifrice à Prague et on l'a utilisé pour la première fois ce soir, l'autre tube étant vide. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai choisi du Colgate d'une sorte qu'on n'a pas au Québec, la saveur herbale avec eucalyptus, camomille et sauge. Quand j'ai commencé à me brosser les dents, j'ai pensé à Elvis Gratton, car j'avais franchement l'impression de me brosser les dents avec de l'Antiphlogistine. "Linda !"

On ne gardera pas un grand souvenir de Linz (on n'a rien vu) ou tout au contraire on ne l'oubliera jamais (on a travaillé fort pour y arriver). La nuit sera encore froide à 7 C, mais ça ne peut que s'améliorer demain, on repart vers l'est, le vent en poupe sur la EV6. Et puis, c'est nous qui se sont embarqués dans cette aventure, on ne va pas râler pour quelques degrés Celsius. C'est toujours b'en moins pire qu'un trou dans le coco, de la chimio ou une transfusion sanguine !

48.327998,14.323231

Trame sonore du jour:

Jungleland, Bruce Springsteen, Born to Run
« Outside the street's on fire in a real death waltz
Between what's flesh and what's fantasy
And the poets down here don't write nothing at all
They just stand back and let it all be »
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Location:Linz, Autriche

2011-09-19

Jour 16: Touristes cyclistes

95 km. Cum: 1417 km.

Ceske Krumlov, République Tchèque - Dans ce voyage, il y a des journées pour les touristes et d'autres taillées sur mesure pour les cyclistes. Aujourd'hui, nous avons eu un heureux mélange des deux. Une demi-journée de cyclisme très gratifiante et une demi-journée très relaxante autour d'un château classé trésor de l'Unesco.

Partis de Tabor à 7:35, notre matinée de cyclisme s'est déroulé en 3 segments. D'abord, une pente pour émerger de la vallée de la rivière. Assez longue, mais moins brutale qu'hier. Nous avons complété le 1er segment en redescendant sur Tyn Nad Vltavou après de belles sections routières sur un plateau ondulant très roulant. Pour le deuxième segment, on remonte de nouveau de la rivière atteignant 645 m. Monia a donné le rythme et on s'est fait aller en 53x12 sur un bel accotement large encore sur un beau plateau légèrement descendant jusqu'à Ceske Budejovice où on rejoint une belle piste cyclable retrouvant la rivière de nouveau. Le dernier segment est un peu plus brutal avec des côtes à bout portant et une section de pavés assez éprouvante pour le périnée et autres jonctions corporelles. Nous sommes arrivés à Ceske Krumlov à 12:15 sous un ciel nuageux qui n'avait pas encore livré une goutte. Au final, un très beau moment de cyclisme avec 950m de grimpe.

Cette petite ville de Ceske Krumlov est féérique. Les voitures sont refoulées hors de la zone historique qui consiste en une presqu'île surplombée d'un château majestueux. Avec les points de vue qu'il offre, cet endroit est un festival incessant de photographie. Nous avons pris le temps de s'y prélasser en touristes libres sans se presser et de faire un petit tour de la zone piétonne jusqu'à ce que la pluie s'intensifie. On s'est alors assis dans le lobby de notre hôtel pour relaxer en fin d'après-midi tout en explorant nos options de logement à Linz.

Les averses se sont transformés en pluie constante. On a pris l'apéro et le souper à l'intérieur pour accomoder les frileuses, mais bien franchement, rendu là, il n'y avait plus grand monde sur la grande place. Il fait froid. C'est un avant-goût de demain. Ils nous annoncent 7 degrés. On risque d'empiler toutes les couches de vêtements disponibles avant de mettre les voiles.

C'est notre dernière nuit en République Tchèque. Maintenant qu'on s'en vient bon, on s'en va. On avait déchiffré les heures d'ouvertures. Vous savez un détail comme Lu -Ve 8 - 19 hrs ou Mo - Fr en anglais. En Tchèque, c'est Po -Pa pour lundi à vendredi, So pour samedi et Ne pour dimanche. Pour l'eau qu'on achète en bouteille, c'est un casse-tête pour s'assurer qu'on ne se retrouve pas avec de l'eau gazeuse très populaire en Europe. On a réussi à déduire comment faire en comparant seveny et neseveny, le ne étant la négation de non-gazeux. Pas évident. Pozor veut dire attention. Autant de choses qui sombreront dans l'oubli demain quand nous reviendrons en Autriche avec la langue allemande avec ses achtung, schnell, danke et still wasser (de l'eau plate).

L'essence est ici au-dessus de 2$ le litre. Pas que Cannon et Cannondale boivent beaucoup, mais sur la route presqu'à tous les jours c'est difficile à ne pas remarquer. L'autre chose difficile à esquiver en vélo, ce sont les effluves agricoles. Je dirais qu'après l'épandage de purin, le poulailler industriel est difficile à battre comme odeur insupportable. On en a passé au moins trois ce matin. Sinon, les baroudeurs et leur monture sont en pleine forme et n'ont pas encore crevé ni l'un ni l'autre. J'ai cette mauvaise relation avec les crevaisons qui semblent se manifester lorsque je constate leur absence. Si c'est le cas, ça dévoile une superstition, ce qui s'oppose à ma conviction de sceptique. Mais je ne suis pas superstitieux, alors il y a une équation cosmique qui relie ma constatation d'absence de crevaisons et les hasards de la route. Ça doit s'appeler la loi des probabilités...

48.81124, 14.31505

Trame sonore du jour:

Voyager, Jean Leloup, Les Fourmis
« Car il faut des fois un accord entre la peur et le confort
Entre la voile et puis le port, entre la vie et puis la mort
J'aimerais parfois m'arrêter, trouver un endroit où rester
Mais je n'aime que voyager et je ne fais que passer »
.

2011-09-18

De Tabor à Ceske Krumlov

Jour 15: Cap au sud en Bohème


121 km. Cum: 1322 km.

Tabor, République Tchèque - Nous avons quitté Prague avant 7:30 avec cette impression que ce n'est pas pour toujours. Il y a de ces villes qui nous appellent à revenir. Dans notre cas, Beaune, Istanbul, Damas, Barcelone auxquelles s'ajoutent Salzbourg et Prague. Rome et New York sont des aimants automatiques, mais sachez que nous n'avons toujours pas dormi à Paris ou Londres. Monia me dit toujours qu'elle veut attendre d'être vieille avant de faire ces destinations faciles. Moi je dis deux choses incertaines: devenir vieux et faire des visites faciles.

C'était justement un petit 121 km loin d'être facile aujourd'hui. On s'est extirpé de Prague après 10 km de travail dans des rues loin d'être conçues pour les cyclistes itinérants. Heureusement que c'est samedi et que nous sommes partis tôt. Une fois en campagne, les nuages précipitent quelques averses pas très significatives, mais assez pour rouler sur chaussée mouillée jusqu'à midi et que Monia gèle des pieds toute la matinée. Les villages endormis qu'on traverse sont plus modestes que ce que nous avons vu en Allemagne. Les maisons sont grises, ocres et sans artifices.

La campagne s'est épurée à mesure qu'on s'enfonçait dans la Bohème profonde. Comme chez nous, les foins sont en rouleaux comme des Shredded Wheat ou des guimauves selon le choix du moissonneur. Le paysage m'a rappelé à la fois les hauteurs de Sutton, le Vermont, parfois la Toscane, mais surtout les Pyrénées, car le relief était plissé plus qu'on aurait pu penser. Nous avons grimpé un total de 1600m aujourd'hui. Je suis surtout fier de ma routarde qui a gravi tout ça comme de rien. Elle a vraiment mérité toutes les robes qu'elle a apportées.

Nous avons lunché à Sedlcany après 75 km. C'était un peu peinard, car l'épicerie était excentrée et nous avons mangé nos sandwiches debout à côté de la rangée de paniers au lieu de s'asseoir sur la place centrale comme d'habitude. De là jusqu'à Tabor, le soleil a brillé sans arrêt. Sur des routes de campagne toute la journée, nous avons pu observer les voitures qui nous doublent. On ne voit plus autant de BMW ou de Volks. Il y a bien sûr un bon lot de spécimens asiatiques de Suzuki à Honda, quelques Ford, des vieilles Fiat, des Renault et des Peugeot, mais la marque dominante ici, c'est Skoda. Ne me demandez pas si c'est beau, je ne suis pas très connaisseur, ni passionné de bolides à moteurs. J'ai pratiquement acheté ma dernière voiture avant de l'avoir essayée. Monia n'est pas mieux, c'est le vendeur qui conduisait pendant l'essai routier.

C'est assez comique de voir Monia s'adonner à son sport préféré pendant ce voyage: la chasse aux menus de restaurant. Habituellement, elle veut en avoir vu au moins 25 avant de choisir l'endroit où on ba souper. Très difficile à faire depuis l'Allemagne et encore pire ici. On n'y comprend que dalle. Nous sommes devenus analphabètes. Nous avions fait quelques repères en allemand, mais ici c'est pire que pire. Quand les consonnes portent des accents circonflexes à l'envers, on abandonne vite la lecture. Parfois, trois consonnes se suivent, un cauchemar de dyslexique. J'ai abandonné d'essayer de vous nommer les noms des villages qu'on traverse, ils font tous 150 points au scrabble. Moi, les seuls mots tchèques que je connais, c'est Tomas Plekanec, Dominik Hasek, Roman Hamrlik, Jaromir Jagr et Scott Gomez. Ah non, Gomez c'est pas tchèque, c'est juste un gros chèque. Monia s'en tire bien tout de même, car elle réussit souvent à obtenir un menu avec traductions anglaises ou bien on se rabat sur les nombreux restos italiens. Gnocchis, pizza, tagliatelle, c'est universel.

Notre hôtel est très bien. Il y a une noce ici ce soir et après avoir entendu l'orchestre, on préfère ne pas être invités. Vous allez me dire qu'on n'est pas habillés pour y aller anyway, mais je ne serais pas surpris que Monia sorte des talons aiguilles de son sac. Ce soir elle s'est vaporisé du fixatif que je n'avais pas réalisé qu'elle avait. À voir ce qu'elle a réussi à apporter, j'aurais finalement de la place pour un autre bermuda ou peut-être même un kilt. Hmmm, peut-être aussi que ce soir, Peter Pan pourrait faire le parfait wedding crasher...

49.411762,14.656946

Trame sonore du jour:

That I Would Be Good, Alanis Morissette, Supposed Former Infatuated Junkie
« That I would be good if I got and stayed sick
that I would be good even if I gained ten pounds
that I would be fine even if I went bankrupt
that I would be good if I lost my hair and my youth »
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Location:Tabor, République Tchèque