2011-09-14

Jour 12: Riding in the Rain

143 km. Cum: 1192 km

Ratisbonne, Allemagne - Je n'ai jamais vraiment détesté rouler sous la pluie. C'est sûr que ce n'est pas exactement l'idéal pour le tourisme, mais sinon, bien habillé, il n'y a pas vraiment de problèmes. J'ai appris à accepter ces inévitables circonstances météo des aventures en plein-air de plusieurs jours. Mais ces adhésions raisonnées sont parfois fragiles.

Après un déjeuner un peu tard à notre goût (7:30) à notre premier B&B du voyage, nous avons mis le cap vers l'ouest sous notre première vraie pluie digne du nom depuis Strasbourg. Arrivant du sud par l'Inn, nous revenons sur la EV6 à Passau, mais en pédalant vers l'ouest pour rejoindre Ratisbonne avant de se rendre à Prague (en train). Ainsi, en plus de la pluie, nous remontons la pente du Danube et en allant vers l'ouest, on a le vent de gueule (dans la face pour les non-initiés). Pour vraiment mettre la cerise sur le sundae, on fait 10 km de terre-battue en partant sous la pluie battante.

En roulant dans ce chemin non pavé, chaque tour de roue amène son lot de belle boue bien grasse et vaseuse dans la chaîne, le dérailleur et le pédalier. Quelle belle merde. Ça met du sable dans l'engrenage de Cannondale et surtout du sable dans mon engrenage personnel au delà de celui qui croute mes tibias. J'ai alors mis mon habit de schtroumph grognon. Eh maudit qu'il faut travailler fort pour garder vigilance sur l'état combien relatif de notre petit égo. Avant hier, j'appréciais tous ces km que je peux me permettre, toujours vivant, en santé, en vacances, en vélo, en cavale et ce matin, ça prend juste un petit peu de bouette pour venir salir ça. C'est la Monia qui m'a raplombé. Après la section de boue, on a fait une pause pour s'orienter et elle n'a rien dit, elle m'a juste fait une face du genre: "Moi, ça va b'en, on est mouillé, arrête de grogner, pédale, c'est toi qui connaît l'chemin, j'te suis". Là, cette face là, Pascale Bussières ne serait pas capable de m'la faire. On abhorre souvent les "Il faut qu'on s'parle" et les "Tu laisses toujours traîner tes affaires", mais ils ne comptent pas tant que ça à côté de ces moments où le couple sert de levier pour se faire grandir mutuellement. J'ai l'impression que c'est Monia plus souvent qu'autrement qui me fait la courte échelle. Je dois avoir des qualités cachées :-)

On a vu passer Vilshofen et Deggendorf dans un voile de pluie. Avant qu'il ne nous pousse des branchies, la pluie s'est calmée et on a vu apparaître une bande de ciel bleu à l'horizon. Au 85e km, nous avons fait la pause-lunch à Bogen. Un autre cycliste, un Français, en direction Est nous a tenu compagnie à la table d'à côté. Il roule en mode camping jusqu'à Budapest. Sympathique et intéressant. Il a fait l'Australie en bécane. On avait cru faire un repas rapide en prenant un menu du jour (filet de porc avec des pâtes), mais le service était lent. Ça aurait été moins long de se fabriquer un sandwich. Ça nous a fait une pause sociale finalement.

Quand on est ressorti, Galarneau se montrait la bette dans le ciel encore nuageux. Comme la pluie incessante avait transformé mes lunettes en une mosaïque de gouttes d'eau et qu'enfin je pouvais espérer mieux voir, je me suis mis à fredonner "I can see clearly now the rain is gone, it's gonna be a bright sunshiny day". La grisaille du matin complètement lavée, j'étais devenu le schtroumph chantant allant jusqu'à vous imaginer tous en train de danser un continental sur ma jolie musique ensoleillée. Vous voyez l'image, j'en suis sûr, allez, tous en choeur: "I can see clearly now the rain is gone, it's gonna be a bright, bright sunshiny day".

Exit le jacket, mais voici le vent d'ouest qui suit la dépression. Bon, ça n'avait rien du Wyoming, mais ça soufflait fort. On a contourné Straubing de même que Worth alors qu'on a commençait à apercevoir de la vigne en pente très escarpée. Sans doute des cépages blancs, on est quand même à 49 de latitude. Mais le soleil brille. "I can see clearly now..."

Regensburg (Ratisbonne) s'est fait désirer. On a dû traverser une section plus industrielle avant de parvenir à la gare de train où nous avons fait escale afin d'acheter nos billets pour Prague. Ça a été long avant de pouvoir atteindre le guichet, mais on a deux billets directs (4 hrs de trajet) pour demain avec des places pour les vélos.

Ensuite, nous nous sommes rendus à l'hôtel qui a pour caractéristique principale des laveuses à linge. Quelle belle journée pour lancer la lessive dans une machine. Franchement, nous étions crottés de boue comme dans Astérix chez les Helvètes. Monia retenait mal sa joie de voir tourner les morceaux de linge dans la mousse en prenant l'apéro. Moi, je trouve que ça lave mieux à la main, mais ce soir, vive la laveuse à 4€ !

On a pu à peine voir Ratisbonne, mais en revenant de souper, on a fait le tour de la cathédrale où Joseph Ratzinger (Benoit XVI) a officié. On aura le temps d'aller voir ça de jour demain et on mettra la photo sur le blog. À moins que vous préfériez des photos de filets de porc... :-)

49.01659,12.12267

Trame sonore du jour:

Le Tout-Puissant, Malajube, Labyrinthes
« Quel genre de cancer se cache au fond de mon coeur?
Quel genre de concert se cache au fond de mon coeur?
Des millions de raisons d'encaisser et de rire
Des millions de raisons qui nous poussent à survivre »
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Location:Haymostraße,Ratisbonne,Allemagne

Salzburg à Passau

Jour 11: Sur la rivière Inn

145 km. Cum: 1049 km.

Passau, Allemagne - Si vous allez sur Google Maps et que vous trouvez la rivière Inn, vous verrez qu'elle forme un grand C entre Salzbourg et Passau. Vous verrez aussi que la rive est ponctuée de petits villages et quelles grandes villes. Ce que vous verrez difficilement, c'est la grande piste cyclable qui longe la rivière dans ses moindres recoins sauf pour quelques escapades dans les terres. Ce que vous ne verrez pas sur Google Maps, ce sont les aigrettes, les canards et les sourires des cyclistes en vacances.

Quand j'ai monté les routes pour le GPS lors de plusieurs weekends printaniers, j'ai dû faire beaucoup de recherche. Pour l'Eurovélo, ce fut plus facile, car nous avons pu commander les cahiers de cartes. Pour les sections hors EV6 comme ce matin (depuis Ulm en fait), ça a été beaucoup moins facile. C'est avec Open Street Map, un projet Wiki, que j'ai pu planifier les routes cyclables. Cependant, impossible de vraiment savoir la nature de la surface avant d'être dessus. Ainsi, aujourd'hui, nous avons roulé à 70% sur de la terre battue. Heureusement que nous avons des pneus Gatorskin, car ce serait plutôt crevant. Demain, nous sommes de retour sur l'Eurovélo 6 qui garantit au moins 80% d'asphalte.

Nous avons quitté Salzbourg avant 8 heures après un excellent buffet déjeuner. Sur une grande partie de la route, nous avons roulé avec la rivière Inn sur la gauche sur un chemin planche et droit. Pas très longtemps après Salzbourg, nous suivions un autre cycliste solo qui moulinait à bon rythme. Devant Monia, je gardais une distance avec lui, mais un moment donné la Fraulein Monia me double avec un air "tasse-toé mononcle", elle monte d'un cran et double l'autre cycliste. B'en cou'donc, je décide de changer de pignon et je dépasse à mon tour essayant de suivre Cannon de mon mieux. Elle avait pourtant mangé au même buffet que moi. On a largué l'autre qui nous a semblé frustré d'être doublé si facilement par une femme, chargée de ses plus belles robes en plus. Elle a roulé à ce rythme effarant sur un autre 25 km...

Passé Obendorf, on a monté sur une crête et nous sommes redescendus rattrapant le méandre de la rivière. À 11:30, nous entrions dans Braunau Am Inn où nous avons pique-niqué sur la place centrale. Après avoir visité la ville natale de Mozart, nous prenons le lunch dans la ville natale du tristement célèbre Adolf Hitler. Plusieurs aimeraient mieux qu'on n'en parle pas, mais au contraire je pense qu'il est important de non seulement se remémorer l'horreur, mais surtout se remémorer ce qui a mené à ce fiasco pas si loin dans le temps. J'espère qu'on enseigne encore l'histoire dans nos écoles, afin qu'on n'oublie pas que nos libertés sont fragiles et qu'on peut sournoisement s'entraîner collectivement dans de douces dérives. Des lois un peu molles, des tolérances trop grandes, des libertés envahissantes et on se retrouve graduellement en situation où les acquis du passé sont perdus sans qu'on s'en soit trop rendu compte. Quand l'équilibre tient, ça va, mais suffit d'un moment de crise pour que ça éclate et que les intégrismes et les intolérances prennent le haut du pavé. Au delà de l'abus de pouvoir et la tyrannie pure et simple, je pense que l'écart entre les riches et les pauvres et la justice sociale sont à surveiller. Je ne nous prédit pas la guerre pour bientôt, mais les émeutes de Londres de cet été sont des symptômes importants. Ça peut changer relativement vite. Pensez juste à la cigarette il y a 25 ans. On fumait dans les bureaux. Maintenant, les fumeurs sont gênés d'en acheter. Juste en 25 ans.

À Obemberg, on a traversé la place centrale aux jolies maisons multicolores et ensuite le chemin s'est vraiment ligué contre nous. Jamais vu autant de virages sur une piste. La servitude accordée au passage des cyclistes est au bout des terres le long de la rivière et la rive swingue pas à peu près. Sur la terre battue avec nos racers chargés, on doit ralentir. 15 km plus loin, nous sommes rentrés en Allemagne. Les derniers km ont été vraiment remarquable. Sous couvert boisé avec la rivière en contrebas, la piste ondule le long d'une mini falaise. C'était comme du cross-country à flanc de montagne. Avoir eu le choix, j'aurais opté pour mon vélo de montagne sur cette section.

Passau, c'est la rencontre de trois rivières: L'Inn arrivant du sud, le Danube arrivant de l'ouest et l'Ilz arrivant du nord. On est allé voir la confluence. Ouain, ça conflue, ça conflue, mais encore. On est venu, on l'a vu et demain on s'en va à Ratisbonne.

48.573549,13.461459

Trame sonore du jour:

It’s Allright Ma, Bob Dylan, Bringing It All Back Home
« That he not busy being born
Is busy dying »
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2011-09-12

Salzbourg

De Traunstein à Salzbourg

Jour 10: Wolfgang Amadeus Mozart

42 km. Cum: 904 km

Salzbourg, Autriche - J'avais programmé ce détour en marge du Danube d'abord pour voir Munich. Ensuite, j'avais vu que la vallée de l'Inn était accessible facilement et reconnaissant la ville natale de Mozart, j'avais mis Salzbourg dans notre chemin. On n'avait d'attente que l'histoire de Mozart, rien de plus, mais après y avoir pasé presque toute la journée, je pense que jusqu'à date, c'est le coup de coeur du voyage.

Nous avons quitté Traunstein à 8:00 sous un ciel incertain après un très bon déjeuner. On a vite trouvé la piste qui alternait entre des routes de campagne et des pistes séparées. Sur les portions routières, la courtoisie des automobilistes et des camionneurs est vraiment exemplaire.

Nous avons roulé très relaxe, la destination étant très près ce matin. De beaux villages, les Alpes à l'horizon, pas trop de vent et peu de relief, que demander de plus.

Nous sommes entrés en Autriche en traversant l'Inn. C'est toujours surprenant de traverser ces frontières européennes comme on passe des Cantons de l'Est à la Montérégie. Pas de douane, un drapeau ou un sigle national, mais il faut vraiment être attentif pour remarquer la frontière. Et dire que toutes ces frontières sont issues de deux longues guerres au 20e siècle et combien d'autres avant.

L'entrée dans Salzbourg est sans problème et le réseau cyclable nous a presque mené à la porte de notre hôtel. Déjà, à l'approche du centre de la ville, les oh et les ah fusent de toutes parts. La cité est encastrée dans un canyon serré avec une forteresse médiévale qui couronne la mer de clochers.

Notre chambre est prête malgré notre arrivée à 10:30, ce qui nous permet de laver la poussière de la route et de sortir frais et dispos pour un pique-nique dans le jardin du Palais Mirabell. Les arrangements floraux sont à faire faire un AVC à tout participant de Maisons Fleuries. Notre plan pour la suite, c'était de monter directement à la forteresse pour ensuite déambuler pour découvrir la vieille ville. On y est monté, mais il a été difficile de ne pas faire quelques détours auparavant découvrant les places une derrière l'autre. Chacune de ces larges places arbore des fontaines magistrales. Il est difficile de marcher sans s'enfarger dans son menton qui tombe d'ébaubissement.

En bons Eric et Monia qui marchent tout le temps, on n'a pas pris le funiculaire et on a grimpé les trois-cent quelques mètres qui mènent à la forteresse et ses impressionnants points de vue. On s'est fait aller le Kodak et on est redescendu marcher dans la ville. C'est vraiment un bijou.

On est passé devant la maison où Mozart est né, on a bouffé des Mozartkugeln (petits chocolats fourrés typiques d'ici) et on a contemplé la statue de Mozart. On a aussi passé un beau moment sidérés par la beauté de l'intérieur de la cathédrale (extase des neurones) et j'ai mangé un autre cornet trois boules (extase des papilles).

Après un apéritif pendant lequel
a) une dame a fait une chute à vélo se prenant une roue dans une craque de bouche d'égout,
b) une fille est restée plantée debout dans le milieu de la place immobile au moins 15 minutes pendant qu'un autre filmait (un projet d'art j'imagine),
c) une dame américaine nous a demandé s'il y avait du poisson sur le menu, car elle ne comprend pas l'allemand, alors que le menu était tout en italien,
nous avons soupé copieusement. Saucisses de veau avec son pretzel géant en entrée pour le bonhomme, suivi de médaillons de veau servis avec spatzels (pâtes typiques) à la citrouille pour elle, alors que monsieur complétait avec un plat de boeuf servi avec patates jaunes et épinards. Succulent et abondant.

Je n'en parlerai plus, mais il faut vraiment redire que depuis notre arrivée en Europe, la place qui est faite aux vélos est remarquable. On a vu amplement plus de bicyclettes aujourd'hui que de voitures. Partout des stationnements de vélo, des traverses adaptées, des indications claires, c'est vraiment le bonheur sur deux roues.

Hier, en faisant la mise à jour du blogue, j'ai appris que Stuart Heap, un gars de l'Angleterre avec qui j'avais fait le Raid Pyrénéen en 2009 est décédé hier d'un infarctus en s'entraînant à vélo. Il se préparait à aller faire les cols des Alpes avec la même gang des Pyrénées. Il était dans la jeune quarantaine. C'est un autre qui nous rappelle que l'échéance qu'on ne connaît pas est parfois plus rapide qu'on veut bien le croire. Et ce n'est pas la forme physique et les grimpes en vélo qui nous donne nécessairement un sursis. Faque chaque nouveau kilomètre sera doublement apprécié à partir de maintenant. Cheers to you Stuart !

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Trame sonore du jour:

Le Bruit des Bottes, Yann Perreau, Un serpent sous les fleurs
«N'entends tu pas le vent qui porte le bruit des bottes.
Au nom de la liberté, elles iront imposer
Au reste de la planète, une façon de marcher »
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Location:Salzbourg, Autriche

2011-09-11

De Munich à Traunstein

Jour 9: Voici les Alpes

127 km. Cum: 862 km.

Traunstein, Allemagne - Quand on est à Bromont, on dit qu'on est de la Rue Shefford. C'est pas tout à fait ça, mais suffisamment précis. Quand on est à Montréal, on dit qu'on est de Bromont. Ailleurs au Québec, on dit Bromont, mais des fois on ajoute "pas loin de Granby". Quand on traverse la frontière le moindrement, comme ici en Europe, on vient de Montréal. Ce n'est pas pour renier notre patelin, mais la plupart de nos interlocuteurs connaissent Montréal soit par les Olympiques, les Canadiens ou peut-être parce qu'ils sont bons en géographie. Régis Labeaume aimerait peut-être qu'on vienne de Québec pendant nos sorties outre-mer. On pourrait tester ça pour voir.

On sait que les Montréalais sont reconnus à travers le Canada pour leur indiscipline dans la rue. Ils traversent au milieu de la rue (ce qu'on appelle en anglais jaywalking). Le comportement des piétons dans une ville est en général un bon indicateur de la culture collective. À Toronto, j'ai été tiré par la chemise par des gens que je connaissais à peine quand j'ai voulu traverser la rue Yonge sur une rouge alors qu'il n'y avait aucun véhicule à 3 km à la ronde. À Damas en Syrie, les voitures passent à toute vitesse même si le signe pour piétons est au vert pendant qu'un gendarme ininteressé siffle aléatoirement. Et à Dublin en Irlande, Andy Grondin m'a sauvé la vie à peu près 10 fois, mais ça c'est parce que les voitures roulent à gauche et que je regardais du mauvais bord avant de mettre le pied dans la rue. En Allemagne, c'est la discipline qui règne. Nos réflexes de Montréalais ont été la cible de regards désobligeants à quelques reprises. Les gens attendent patiemment que le signal piéton ou le signal vélo (dépendant du mode de déplacement) vire au vert quelque soit le volume de la circulation. Ce matin, Monia m'avait averti de respecter la signalisation en sortant de Munich. Au 5e km, elle m'a dépassé et ses habitudes montréalites ont repris le dessus. Elle était très prudente, mais pas au point d'attendre au coin d'une ruelle déserte au son des crickets jusqu'à ce que ça vire au vert. Elle change parfois d'idée quand il est question de suivre ses propres conseils. Ah la Fraulein Pelletier !

Avant de partir, on a déjeuné dans la chambre avec du pain aux raisins et du beurre d'arachides (produit d'importation trouvé au supermarché). On a fait ça pour éviter de payer les 30 euros (!) pour deux du buffet déjeuner de l'hôtel et aussi parce que c'est dimanche et le dimanche ici, c'est très férié. Rien d'ouvert ou presque. Il faudra adapter notre cheminement à ses dimanches sans commerces.

Ça nous a permis de quitter tôt (7:15). Temps impeccable pour rouler, pas un nuage, 14C. Le premier segment du trajet était une longue ligne droite vers l'est pour sortir de Munich. Ça a donné 15 km de Longueuil avec pleins de feux de circulation respectés par presque tous. On a calé un café à une rare boulangerie ouverte, dose nécessaire pour caféïnomanes en cavale.

Éventuellement, nous sommes aboutis dans la campagne aux effluves agricoles (fumier aux arômes de confiture qui cuit; fromage de chèvre), mais aussi de beaux corridors forestiers, des prucheraies notamment. À la cime d'une des montées, les Alpes nous sont apparues à l'horizon. Une belle découpe bleutée dans l'horizon sud. Wow! Il fallait nous voir le sourire. On a dû finir par avoir des mouches sur les dents.

Après Rosenheim, nous avons entamé un collage de pistes cyclables qui longent coup sur coup le lac Siem et le lac Chiem. Comme c'est dimanche, il y a beaucoup de cyclistes du dimanche et comme nous sommes surtout habitués à rouler sur la route, la piste du dimanche défie pas mal notre patience. Chiens, promeneurs, baroudeurs deux de large, jeunes intrépides en sens contraire, ah la galère. Aussi, la température a atteint 30C, ce qui effile les rognons. Mais le panorama oh la la! Les premières Alpes derrière le lac et ses voiliers, de toute beauté.

Nous avons trouvé un lunch minimal dans une cantine pour baigneurs. Et plus tard, une erreur de navigation nous a mené à une station-service pour voitures ce qui nous a permis de faire le plein (d'eau).

Nous sommes arrivés à Traunstein à 14:40. Se rendre à Strasbourg aujourd'hui nous aurait mis tard pour faire le moindrement de visite et comme Air Canada nous a amputé d'une journée avec nos retards de bagages, nous ne nous permettrons pas une journée supplémentaire de repos complet. Alors demain nous serons à Strasbourg au bout de seulement 38 km et nous pourrons voir un minimum de cette ville où est né Mozart.

On a d'abord cru qu'on aurait de la difficulté à trouver un toit ici à Traunstein, tellement le dimanche est tranquille, mais on a trouvé. Il y a quelques bars ouverts et la plupart des restos ouvrent en soirée. Mon premier arrêt, une cornet trois boules. Quelle invention incroyable que la crème glacée ! Monia ne se laisse même pas émouvoir par ces cristaux laitiers pleins de bons gras et de saveurs sublimes. Elle me regarde déguster ça et attend de pouvoir se mettre un biscuit sablé à la confiture sous la dent. Je préfère la crème glace. Et vous, quelle est votre invention préférée ?

Ce qui fait jaser les gens qui nous rencontrent, ce sont sans contredit nos miroirs de casque. Si quelqu'un nous interpelle avec un sourire, c'est immanquable, il pointe le miroir. Ils n'en vendent pas ici et c'est tellement inhabituel pour eux que ce matin en quittant Munich, un touriste coureur a cessé sa course pour nous dire qu'il nous avait déjà croisés. Il nous a reconnus aux miroirs qu'on porte et nous avait remarqués en nous voyant la première fois tout près de Radolfzell... ...à 500km de Munich !

47.86880, 12.64344


Trame sonore du jour:

Racing in the Streets, Bruce Springsteen, Darkness on the Edge of Town
« Some guys they just give up living
Little by little, piece by piece
Some guys come home from work and wash up
And go racin' in the street »

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