2011-09-05

Jour 3: Partis pour vrai

121 km. Cum: 223 km.

Bad Sackingen, Allemagne - Je vous ai sûrement déjà parlé de mon défunt Mononcle Jack, ce schizo joyeux qui a ponctué mon enfance. Je me rappelle que quand on demandait des nouvelles d'un de ses amis, "Ti-Cul Durand" par exemple, il nous répondait tout le temps: "Ah, y est fou, c'crisse-là !". D'entendre cette boutade d'un "fou" diagnostiqué comme tel m'a toujours grandement fasciné. Comment fait-on pour savoir si on n'est pas fou ? Individuellement, on peut toujours se comparer à la moyenne, mais encore, quand on se frotte à d'autres cultures (en voyage par exemple), on perd vite nos repaires de sanité. Nous sommes piètres juges de notre propre non-folie. Collectivement, l'énigme se complique. Peut-être que notre société s'est aliénée au point d'enfermer ou de médicamenter les sains d'esprit. Qui est sain si tout le monde est fou ? Bref, je pense que n'est pas toujours le fou (ou la folle), celui ou celle qu'on pense.

Enfin, nous sommes partis pour de bon. Les sacoches sont atterries à l'hôtel à minuit hier soir et ce matin, nous étions finalement équipés selon le plan. Nous avons quitté Colmar à 9:00. C'est un peu tard, mais on va pouvoir mieux s'organiser dans les jours qui viennent. Hier, il avait plu presque toute la journée. Ce matin, la chaussée est humide, c'est nuageux, mais ça tiendra sans précipitations toute la journée. On traverse plusieurs villages, dont certains très récents (de l'étalement urbain très frais). Beaucoup de maïs avant d'atteindre le Canal du Rhin et son chemin de halage. Les infrastructures cyclistes sont impressionnantes. Aujourd'hui, nous avons roulé à 90% sur pistes cyclables et moins de 5% en poussière de roche. Parfois, le giratoire des voitures est doublé d'un équivalent sécuritaire pour les cyclistes.

Près de Bâle, nous avons traversé en Allemagne quittant l'Alsace et la France pour de bon. J'en profite pour vous faire mon petit cours de cuisine alsacienne 101: Pour un plat du terroir réussi, mélangez oignons, lardons, fromage et pommes de terre auquel vous ajouterez la viande de votre choix. Bonus s'il y a des saucisses ou du chou. Dans le doute, braisez le tout en ajoutant le fromage à la fin.

On a mangé aussitôt arrivés en Allemagne, prenant le temps de s'asseoir après 75 km. On a ensuite traversé en Suisse pour une dizaine de km et on a longé le Rhin au fil de ses méandres, passant par des réserves naturelles, des rives industrielles et des coins de campagne paisibles.

Le vent SO a surtout été favorable en fin de course avec notre cap vers l'est. Tout de même, notre rythme en cette première vraie journée est plutôt lent. C'est sans doute la route qui est inconnue et nous oblige à plus d'attention et moins de pointes de vitesse.

Bad Sackingen est charmant. Notre chambre d'hôtel a vue imprenable sur l'église de la Monsterplatz. On a dégoté un bar à vin fameux et on a déjà goûté les spécialités locales (schnitzel et spätzles).

Déjà, nous sommes mieux préparés pour partir demain. Les sacs d'hydratation sont déjà prêts, on a réussi à laver nos guenilles et recharger les appareils. Monia a démontré la valeur de chaque item de ses bagages. Difficile de deviner qu'elle voyage en vélo avec si peu une fois qu'elle marche dans la rue en étrennant une de ses robes neuves, les cheveux aux vents. Moi qui la trouvait un peu dingue d'apporter tout ça. Le bonhomme est impressionné.

Aujourd'hui, on est passé dans trois pays différents et on a déjà hâte de remettre notre cuissard pour découvrir de nouveaux paysages demain. Des vrais fous...

47.55249,7.94900

Trame sonore du jour:

Pas Grand-chose, Plume Latraverse, Plumonymes
"Ça n’aurait pas pris grand-chose, il s’en s’rait fallu de peu
Pour que rien ne s’interpose au bout de nos quatre yeux
Et que passe sans faire de pause, ce courant entre nous deux."
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2011-09-04

Jour 2: C'est long !

0 km. Cum: 102 km.

Colmar, France - Jour sans pédaler.

Pas grand-chose à dire.

Visite de Colmar avec grandes espérances de bagage qui nous rejoint, mais qui se fait encore attendre à 21:00.

On a passé beaucoup de temps au téléphone à essayer de comprendre l'os dans le processus, barouettés de Air France à Air Canada à Brussels Airlines. C'est Katia de l'aéroport de Strasbourg qui a fini par nous donner un semblant de compte-rendu. Semblerait qu'un préposé de Paris enregistre mal notre situation dans le système et les codes-barres font refouler notre sac une fois à la sécurité. Il apparaît que la procédure fut mieux supervisée ce soir. Le bagage devrait en théorie arriver à 23:30 à l'hôtel, mais on le croira quand on le verra.






Ça commence à faire, surtout que tous les commerces sont fermés ici depuis notre arrivée samedi soir. Ma chemise, pu' capab !





On se console, Colmar est joli et accueillant, mais on est ici pour pédaler, pas juste pour les Kougelhopf et la bonne bière.

48.072214,7.360538

Trame sonore du jour:

Time, Pink Floyd, The Dark Side of the Moon
"Every year is getting shorter, never seem to find the time
Plans that either come to naught or half a page of scribbled lines
Hanging on in quiet desperation in the English way
The time is gone the song is over, thought I'd something more to say"
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Location:Colmar, France

De Strasbourg à Colmar

Parlement Européen



Petite bouffe à Molsheim




Vignes




Petite Venise à Colmar



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2011-09-03

Jour 1: Sans chemise et sans pantalon

102 km. Cum: 102 km.

Colmar, France - Rien ne sert de courir, suffit de partir à point, comme les bagages. Il n'y avait aucun espoir d'avoir nos bagages avant 11:30 ce matin, alors nous n'avons quitté Strasbourg qu'à 11:50.

Debout à 7:00, on a bien profité du buffet déjeuner de l'hôtel. Ensuite, nous sommes retournés à la cathédrale qui était vraiment plus paisible que la veille. Nous avons ensuite récupéré nos vélos que Vincent a remontés comme des neufs. Il nous a proposé de faire un court itinéraire en boucle sur les pistes cyclables de la ville. Ça nous a permis de contempler le Parlement Européen et quelques quartiers plus résidentiels sur environ 10 kilomètres qui ont confirmé que les Cannondales sont en bon état de marche (ou plutôt de pédalage).

Vers 11:00, on vérifie avec les bagagistes de l'aéroport pour apprendre que nos sacoches sont à Paris CDG (un progrès par rapport à la veille), mais qu'ils ont sans doute manqué la correspondance, car il n'était pas sur le vol du matin. Pas de problèmes, il y a un vol cet après-midi et d'autres en soirée. On décide de laisser le nom de l'hôtel (déjà réservé) à Colmar et on nous assure que la livraison se fera où qu'on soit.

On prend alors le peu qu'on a, nos sacs d'hydratation qui contiennent un minimum et on quitte sur nos vélos. J'ai un cuissard, mais pas de maillot. Je recycle alors ma chemise. La sortie de Strasbourg est déroutante, mais une fois le long du Canal de la Bruche, ça roule bien.

À Molsheim, on s'asseoit pour un sandwich et on repart sur la route des vins. Les premières vignes apparaissent à Obernai et ensuite on roulera dans de longs corridors de vignes en vallons.
Sur la droite, le massif des Vosges laisse voir des ruines de châteaux sur quelques sommets. C'est vraiment beau, dommage que l'appareil-photo soit encore en transit, les photos du iPhone seront plus fades que ce qu'on réussit à faire avec le Canon.
Peu de services sur cette route. Beaucoup de chais, peu d'eau. Ça en prend, car il fait chaud. On a atteint 35C. C'est à 18 heures que nous avons touché Colmar. Le GPS nous trouve l'hôtel. Première question au comptoir: avez-vous reçu nos bagages ? Réponse: Vous attendez des bagages ?...

J'ai fait allé mes doigts. Les gens de l'aéroport de Strasbourg qui se sont occupés de nous jusqu'alors sont maintenant en weekend, alors c'est Air France qui prend la relève (on a voyagé avec AirCanada et Brussels Air, mais allez savoir). Quelques rebondissements téléphoniques plus tard, on m'explique que depuis Paris, c'est silence radio pour cette pièce, qu'on appellera avant de livrer, que nous pouvons acheter les premières nécessités qui seront remboursés. On a noté au dossier que nous sommes à vélo, itinérants (c'est le cas de le dire) et qu'on ne trouvera pas de solution à lentilles cornéennes ici un samedi soir et que même si on achetait une chemise Ralph Laurent aux frais du transporteur, je ne l'apporterai pas avec moi, je n'ai pas les sacoches (peut-être n'ont-ils pas tout noté après tout).

Douchés, nous nous sommes dirigés au restaurant en cuissard (c'est ça ou la serviette de bain). La bière artisanale et la tarte flambée sont âprement dégustées. On garde le sourire, même dans les moments difficiles, comme cet extrait de notre conversation:
Monia: "Je l'sais, j'fais dur !"
Eric: "B'en là, c'est un peu normal que tu sois couetté. T'as eu un casque s'a tête toute l'après-midi à 35 C"
Monia: "Non, mais j'me suis lavé les cheveux !"
Eric: "Ah oui ?! Woops..."

On va rappeler demain pour voir l'état des choses. Le processus me fait penser au Procès de Kafka et je sens que je vais rêver à l'Étranger de Camus ou à la chanson de Monocle Raoul: Sans chemise et sans pantalon. Une chose est sûre, on ne bouge pas d'ici sans nos bagages. Pourquoi on n'a pas apporté nos sacoches minuscules en bagages de cabine, nous demanderez-vous tous ? La faute à Al-Qaïda. Les sacoches contenaient des liquides de plus de 100 ml comme le tube de Butt'Cream, le liquide à lentilles, le shampoing...

Demain 4 septembre, c'est l'anniversaire d'une de nos lectrices: Rose Cabana. Bonne anniversaire Rosie !

Dire qu'on s'était forcé pour voyager léger. C'est léger, sale et de moins en moins chargé comme les appareils électroniques. Câbles, chargeurs et adapteurs de prises sont aussi perdus dans l'espace aérien...

48.072214,7.360538

Trame sonore du jour:

Le Marcheur Rapide, Yann Perreau, Un Serpent Sous Les Fleurs
"Témoin de la furie des autres
Cette terre m'en aura donné plein la vue
Je suis le marcheur rapide que l'ivresse rattrape à tous les coups
J'aime en silence le bruit de tes pas, suis-moi!"
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Location:Colmar, France

2011-09-02

Jour 0: Sans sacoches

0 km. Cum: 0 km.

Strasbourg, France - Si on avait eu à parier sur un pépin à l'arrivée, nous aurions mis un 20$ que nos vélos ne seraient pas au rendez-vous à l'atterrissage. C'est l'inverse qui s'est produit. Les vélos nous ont suivis sans problèmes, malgré la correspondance de moins d'une heure à Bruxelles qui nous a fait utiliser notre entraînement de coureurs. Cependant, nos deux petites sacoches qui contiennent l'essentiel de notre existence pour 5 semaines n'ont jamais quitté Montréal (!). Elles seront ici samedi midi, pas avant. Moi qui aimerait tant étudier la chaîne logistique des aéroports pour bien maîtriser l'utilisation adéquate des outils de suivi des marchandises, cette bourde inexplicable de la part d'Air Canada me fait croire que j'en ai plus à leur apprendre que l'inverse. Quelle ironie: Raffiner une approche ultra-légère au point de partir 35 jours avec 3 kg chacun, pour être confondu par un Airbus de plusieurs tonnes qui oublie le bagage derrière.






Ce petit désagrément derrière nous, on a accepté la "superbe" trousse de dépannage de Brussels Airlines (incluant un T-Shirt, que dis-je une robe de nuit) et nous sommes rentrés sur Strasbourg avec le sympathique Vincent de Esprit-Cycles. Il va pouvoir prendre tout son temps pour monter les bécanes.

On a lunché Au Caquelon. Le rœsti au Reblochon était fameux. Pour les habitués de La Di Stasio, c'est un peu comme une tartiflette (lardons, oignons, pommes de terre râpées et fromage). Menoum, menoum.





Après une douche nécessaire et une sieste irrésistible, la visite de Strasbourg fut un très beau moment, et ce, même vêtus des mêmes fringues que la veille. La cathédrale est majestueuse et ses vitraux vraiment uniques. Le fleuve Ill encercle la vieille ville ce qui donne un cachet presque maritime aux dédales de macadam et aux petits ponts en arches. Et surtout, quel point de départ parfait pour notre aventure, car Strasbourg est la ville cyclable par excellence. Un réseau de pistes sillonnent la ville et des vélos libre-service (comme les Bixis) sont disponibles.





On a complété notre exploration par un apéro chez Jeannette et les Cycleux et on a ensuite vraiment fait nos touristes Au Pigeon en mangeant la choucroute et le boeckhoff (ressemble au champvallon de Picard) dans un resto tout aussi rustique que nos vêtements à c't'heure. La choucroute est prévisible, le boeckhoff est fameux et le vin blanc local fidèle à sa réputation.






Dans les tendances modes, on remarque les bottes mi-jambes qui se portent cette automne avec la jupe et le retour des jeans taille-haute (à moins que la taille ne soit jamais descendue en Alsace).






Pas facile de choisir ce qui est pire entre avoir eu vélos sans sacoches ou les sacoches sans vélos. Ce qui compte, c'est qu'on ait mis ce mince désagrément derrière nous et qu'on se soit adapté. Ça va juste rouler un peu plus vite sur la route des vins, car nous avions déjà réservé à Colmar pour samedi soir.

48.581064,7.747777

Trame sonore du jour:
Beautiful Day,U2
"It's a beautiful day
Don't let it get away"

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2011-08-31

Montréal avant

0 km. Cum: 0 km.

Bromont, Qc - L'heure du départ s'approche.  Il faut cependant traverser une longue épreuve avant de pouvoir penser donner un premier coup de pédale: traverser Montréal pour se rendre à Dorval !  C'est le festival du cône orange.  D'abord le Pont Champlain, ensuite l'échangeur Turcot et finalement l'échangeur Dorval.  Ayayaye.  Pour un vol à 20:00, je pense qu'on va quitter à 13:00.  On devrait être là à temps...

Prédictions:  À notre retour, Pauline Marois aura démissionné.  François Legault sera éclipsé par les débats autour des chances du Canadien de faire les séries et après deux défaites on se demandera si Price est vraiment notre homme...

Je rappelle que nous serons ravis de lire vos commentaires sur le blogue.  Si vous voulez (ou devez) nous adresser une missive plus personnelle (ou intime ou subversive ou...), vous pouvez utiliser le courriel ericmonia.truite@gmail.com

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2011-08-27

Québec avant

0 km. Cum: 0 km.

Partir un peu avant de partir beaucoup. Je vous pitonne ce petit message de Québec, la veille de courir le demi-marathon des Deux-Rives. Si Irène garde le cap, ça risque d'être sportif avec des vents (de gueule) de 30-35 km/h. La course commence à 8:30 à 6 km du pont de Québec et se termine à la Gare du Palais. Je devrais avoir terminé avant la grosse pluie attendue vers 11h00. Quoiqu'avec ce vent, je risque de virer d'sour un peu.







Avant de quitter pour la capitale ce matin, après une dernière ballade jusqu'à Sutton, j'ai démonté Cannondale pour le mettre dans sa boîte. Un peu laborieux, mais ça entre. Vive le bubble-wrap et les tie-wraps. OK, j'ai aussi mis un peu de duct-tape sur la boîte... L'emballage du vélo de la Monia va être beaucoup plus facile, avec son cadre plus compact.

Avis aux cyclotouristes, j'ai deux pneus flambants-neufs 700x28 à vendre. Ce sont des Continental Gator Skin, le top pour la durabilité sur les longues randos. J'ai cru qu'on partirait chaussés en 28, mais finalement, on opte pour le 23. Je laisse les deux pneus à 60$ (un 2 pour 1).

Ça m'aura permis un test de iPhone pour bloguer au coin Honoré-Mercier et St-Jean.

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2011-08-19

Mercure à la hausse

On vous invite à cliquer sur le lien "Rouler pour la SLA" qui demeurera dans la bordure à droite du blogue pendant tout le voyage.

C'est très touchant de voir une belle gang de cyclistes (d'expérience variée) derrière la levée de fonds de Bob Michaud.  Comme j'aime le dire, c'est "pay back time', car Robert a donné beaucoup de son temps dans son milieu, notamment pour le hockey mineur.  C'est un peu grâce à lui si on peut encourager non seulement nos jeunes joueurs, mais aussi des joueuses...

Philippe, le fils de Bob, vient juste de commencer à entraîner ses fesses pour le défi de 300 km qui se déroulera du 11 au 13 septembre.  Ils quitteront Noyan le vendredi et rouleront surtout au Vermont pendant la fin de semaine.  Monia et moi auront une pensée spéciale pour le groupe pendant ce week-end (probablement quelque-part en Allemagne).

Marco Chouinard organise une soirée de karting au début septembre.  C'est une bonne occasion de faire grimper le thermomètre de quelques degrés.  Communiquez avec lui pour participer.

Marc Hébert fait aussi parti du groupe.  J'ai toujours dit que Marc était le "hub" par excellence, celui par lequel tout le monde se connaît par 6 degrés de séparation.  Croyez-le ou non, Marc a fait zéro à 1200 $ en 15 minutes au début de sa levée de fonds.  Depuis, il a modifié son objectif 5 fois (vers le haut à chaque fois).

Au retour de ces belles vacances, je compte bien continuer le projet entamé au printemps qui vise à mettre en place une structure d'aide à la communication pour les personnes atteintes de SLA.  Peut-être qu'une partie de la somme amassée par cette belle gang de pédaleux aidera à financer un projet-pilote, qui sait ?

Un gros merci à ceux qui donne pour cette cause.



2011-08-14

En attendant le départ

0 km. Cum: 0km.


Très très bientôt, il faudra faire des tests de bagages.  Nous avons chacun 12 litres d'espace.  En extra, nous avons un peu d'espace dans notre sac d'hydratation, mais comme il portera déjà quelques kilos de liquide, on y consignera que quelques vêtements d'appoint comme le jacket et le cuissard long.

Dans ce genre d'exercice, il reste toujours quelques trucs derrière.  On disqualifie derechef le fer à repasser et la machine à pop-corn.  En revanche, on glorifie le sac ziploc et les vêtements synthétiques qui sèchent rapidement et se compressent sans se froisser.  On sait déjà qu'il y aura d'un côté une bouteille de lubrifiant à chaîne et de l'autre une bouteille de revitalisant à cheveux.  D'un côté, un iPhone, de l'autre un livre de poche.  D'un côté, des pneus de rechange, de l'autre, des jupes de rechange.  :-)

Dans les trouvailles de Monia, notons les feuilles de lessive que nous ne connaissions pas avant ce projet.  Pratiques et portatives, elles nous éviteront de traîner un autre liquide et surtout nous éviteront la pénurie en cours de route.  Pour le séchage, nous utilisons depuis longtemps en voyage une technique éprouvée: après l'essorage manuel vigoureux, on place les vêtements à plat sur une serviette (fournie par l'hôtel), on roule et on tord.  La serviette absorbe le surplus d'eau et le séchage à l'air d'une seule nuit est normalement suffisant pour la grande majorité des tissus synthétiques.

Dans l'exploration de la route, nous avons listé plusieurs hôtels et gîtes potentiels, sans rien réserver.  Pour la portion de recherche confiée à Monia, je remarque qu'il y a quelques endroits où il est possible d'avoir accès à un ensemble laveuse-sécheuse.  Je n'avais pas jusqu'alors considéré ce critère dans mes recherches... Il faut dire que Monia et moi avons un débat ouvert depuis longtemps considérant la lessive en voyage.  Je considère que le lavage à la main est beaucoup plus efficace, alors qu'elle défend depuis toujours que la laveuse automatique fait un meilleur travail.  Je concède que l'essorage est sans aucun doute plus efficace à la machine, mais que pour le lavage au sens strict, vaut mieux travailler à la main.  Au final, je serai ravi qu'on puisse utiliser des machines pour le lavage à quelques occasions.  Pour Monia, ce sera une occasion de "vraiment bien" laver ses fringues, pour moi ce sera congé d'essorage manuel et plus de temps pour visiter la place (me contentant d'un piètre lavage mécanique au brassage aléatoire).

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2011-08-02

Le Parcours

0 km. Cum: 0 km.

Bromont, Qc - Ce voyage s'annonce pour être un excellent cours de géographie européenne. Si tout va comme prévu, on devrait toucher au moins 10 pays différents et dormir dans au moins 9 de ceux-là. Heureusement que les formalités douanières sont moins pénibles dans cette portion du monde que dans nos forteresses nord-américaines.

À partir de Mulhouse, nous suivrons la piste EuroVélo6 (EV6) sur la majorité du parcours avec quelques détours programmés. La EV6 est majoritairement une piste cyclable mixte qui emprunte parfois des routes à circulation automobile faible.

France

Au départ de Strasbourg, après avoir assemblé nos bécanes, on aura l'occasion de voir un coin de la France qui nous est méconnu, l'Alsace. Nous sommes quand même un tantinet familier avec une des principales exportations de cette région: le vin. Justement, notre première journée est en plein sur la route des vins d'Alsace surtout qu'à cette période de l'année on risque de pouvoir admirer le travail de la vendange. On passera ensuite une nuit à Colmar et on quittera la France à Mulhouse, notre premier point de jonction avec la piste cyclable EV6.


Suisse

On entre en Suisse par Bâle (Basel) et de là, on longe le fleuve Rhin jusqu'au Lac de Constance. Nous ne sommes pas toujours vraiment dans le pays sur cette section, traversant parfois en Allemagne au gré des ponts de la piste cyclable. Il y a de grandes chances qu'on ne dorme aucune fois dans ce pays du secret bancaire où justement les prix (comme les frais bancaires) sont parfois astronomiques.


Allemagne

Après quelques entrées dans le pays le long du Rhin, nous serons définitivement en Allemagne une fois à Radolfzell. De là, la piste cyclable bifurque vers le nord jusqu'à Tuttlingen où nous posons les yeux sur le Danube pour la première fois. Nous traversons le Parc National du Haut-Danube, suivant les méandres du fleuve en passant par Sigmaringen. À Ulm, on pénètre en Bavière avec Sissi l'Impératrice p'is tout' le kit. À Gunzburg. On quitte la EV6 pour joindre Augsburg, puis Munich, où on prévoit une journée de repos. Bon, jour de repos c'est pour dire qu'on ne pédalera pas cette journée là, mais connaissant notre propension à marcher, ces soi-disant repos risquent de ne l'être que pour les fesses. On traverse en Autriche pour visiter Salzbourg la ville natale de Mozart. On passe par Braunau Am Inn, ville natale du tristement célèbre Hitler et on revient en Allemagne à Passau où se rejoignent le Danube, l'Inn et l'Ilz. De retour sur l'EV6, on remonte la piste vers l'Ouest jusqu'à Ratisbonne(Regensburg) qui nous a donné le pape actuel.


République Tchèque

De Ratisbonne, notre plan est de prendre le train jusqu'à Prague. De l'avis de plusieurs voyageurs, Prague est difficile d'approche à vélo, mais cette ville aux mille clochers est une destination européenne incontournable. On prévoit y dormir une nuit supplémentaire pour mieux la découvrir. Nous quitterons à vélo vers le sud au cœur de la Bohême. On passera à Tabor et on aura l'occasion de voir quelques châteaux à Ceske Budejovice et Cesky Krumlov. En retraversant la frontière, nous nous retrouverons de nouveau en Autriche.


Autriche

C'est à Linz que nous reprendrons la EV6 vers l'est dans ce qu'elle a de plus beau à offrir en paysages. Mais c'est sans doute la capitale du pays, Vienne, qui nous réservera les plus grands superlatifs. Profitant d'un jour de repos, on ne manquera pas d'aller jeter un coup d'oeil au Palais de Schönbrunn. On ne compte plus les musiciens ayant démontré leurs talents dans cette ville de Beethoven à Strauss en passant par Schubert et Haydn.



Slovaquie

Quand on quittera Vienne, on traversera le temps de le dire en Slovaquie, patrie de Jaroslav Halak. On prendra le temps de voir la capitale, Bratislava, qui malgré ses airs moderne a gardé un cachet médiéval.


Hongrie

La frontière de la Hongrie est au pas de la porte de Bratislava. Toujours en suivant les méandres du Danube, nous aboutissons à Budapest qui est séparé par le fleuve comme Vienne et Bratislava. Comme nous prévoyons le faire dans toutes ces grandes capitales, nous y dormirons une nuit supplémentaire. On dit que c'est une des plus belles villes d'Europe et on la surnomme la perle du Danube. Station thermale reconnue, on y trouve des bains depuis l'époque romaine. Dans un cap franc-sud, nous traçons une bissectrice dans le reste du pays, découvrant la Hongrie profonde, toujours plus ou moins près du fleuve jusqu'à Udvar à la frontière croate.


Croatie

Après l'Allemand, le Tchèque, le Slovaque et le Hongrois, nous voilà aux prises avec le croate pour quelques jours passant par Osijek, Vukovar et Ilok. En plus des diverses langues, nous aurons à composer avec diverses monnaies comme la couronne tchèque, le florin hongrois, la couronne croate et les dinars serbes. Quelle joie de pouvoir traverser cet endroit en toute tranquillité, nous rappelant qu'il y a vingt ans, c'était une zone de guerre. En 1991, Vukovar a résisté à un siège de 87 jours encerclé par les Serbes.


Serbie

Encore plus que la Croatie, la nom de Serbie évoque vraiment la guerre des années 90, mais on préfère plutôt s'en rappeler comme la patrie du champion de tennis Novak Djokovic. Quelques jours plus tard, c'est Belgrade qui nous accueille. Autre capitale sur le fleuve, Belgrade est un peu plus soviétique d'allure, mais a néanmoins des charmes qui exigent une journée d'arrêt. Avant sa période communiste, Belgrade a été enchâssée longtemps dans l'Empire Ottoman, ce qui ajoute au dépaysement, sans compter l'alphabet cyrillique qui risque de nous dérouter quelque peu.


Roumanie

Destination finale de notre périple, la Roumanie n'est pas reconnue pour ses belles routes. En fait, les topo-guides de la EV6 recommande de prendre le train dans certaines sections. Nous pensons à tout le moins nous rendre jusqu'à Turnu Magurele au prix de journées de plus de 130 km sur des sections dénuées de services. De là, c'est par le train que nous comptons toucher Bucarest où nous croyons passer deux ou trois jours avant notre retour au Canada.

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