2011-09-10

Jour 8: Se reposer en marchant

0 km. Cum: 735 km.

Munich, Allemagne - Comme on dit, rien à signaler. Une journée de marche comme on est habitué de faire dans nos voyages plus "normaux". Au lieu de prendre le bus touristique, nous avons acheté une passe journalière de transport en commun. Pour moins de 10 euros à deux, nous avons pris le tramway et le métro autant de fois que nécessaire pour aller voir l'essentiel de Munich profitant d'un soleil radieux à 26 deg C.

Nous avons vu de beaux palais, des monuments gigantesques et des parcs urbains vraiment bien aménagés. Ces balades intermodales nous ont fait une fois de plus apprécier la belle balance qui existe ici entre les différents modes de déplacements.

Pris de remords, nous sommes retournés au Hofbrauhaus, l'incontournable brasserie pour au moins prendre un verre dans l'ambiance, faire comme tout le monde et prendre des photos bavaroises.

Nous avons terminé la soirée sur la terrasse d'un restaurant typique où Monia a fait le plein d'hydrates de carbone en vue du retour sur Cannon demain, alors que j'ai fait le plein de protéines avec l'assiette bavaroise: Porc, canard, saucisses, choucroute, tout au pluriel.

Vivement le retour sur la bécane. Je vais repartir avec un t-shirt de plus et surtout ma carte Visa. On peut continuer.

48.13332,11.5817

Trame sonore du jour:

La Complainte du Progrès, Boris Vian, Chansons Possibles et Impossibles
"Autrefois s'il arrivait que l'on se querelle
L'air lugubre on s'en allait en laissant la vaisselle
Aujourd'hui, que voulez-vous, la vie est si chère
On dit: rentre chez ta mère et l'on se garde tout
Ah! Gudule, Excuse-toi ou je reprends tout ça.
Mon frigidaire, mon armoire à cuillères, mon évier en fer et mon poêl' à mazout
Mon cire-godasses, mon repasse-limaces, mon tabouret à glace
Et mon chasse-filous
La tourniquette pour faire la vinaigrette, le ratatine-ordure et le coupe-friture"

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Location:Munich, Allemagne

2011-09-09

De Augsburg à Munich

Jour 7: Visa pour Hollywood

100 km. Cum: 735 km.

Munich, Allemagne - Sortez l'accordéon, cognez vos verres de bières et chantons tous en chœur Beer Barrel Polka, nous sommes rendus à Munich, capitale de la Bavière et de la bière.

Encore sous un ciel nuageux, nous avons quitté Augsburg vers 7:45. À part la journée 1 entre Strasbourg et Colmar dans une chaleur torride, nous n'avons pas vraiment encore roulé sous un soleil franc. Avoir su, la crème solaire serait restée derrière. Aujourd'hui, le ciel s'est bariolé de nuages de toutes sortes. Des nimbo-stratus, des strato-cumulus, des cottonello-ouatus. C'est plus chaud que la veille, alors on a largué notre veste au 10e km.

Mettant le cap sur Munich, nous avons cheminé dans un axe sud-est jusqu'à l'arrivée avec un bon vent de gueule sur les sections franc sud. Une fois hors de Augsburg, nous avons suivi ce que j'avais programmé sur le GPS. Alors qu'hier les pancartes et les balises étaient supérieures, aujourd'hui c'est le GPS qui nous guide au mieux. Il vaut son poids amplement.

Cette route entre Augsburg et Munich, c'est la Via Julia, une ancienne voie romaine. Vraiment impressionné de toutes les inventions de l'empire romain qu'il nous est donné de découvrir dans presque chaque voyage. Après l'aqueduc de Ségovie (plus haut et plus solide que l'échangeur Turcot), le Décapolis (la première MRC de l'histoire), le Colisée (qu'ils ont construit sans PKP), voilà qu'ils ont aussi inventé les pistes cyclables. La Via Julia traverse un beau parc avec des plans d'eau, de beaux petits coins de forêts, du maïs mûr, de la campagne ondulante avec quelques petits villages qui sont presque tous bâtis autour d'une église dont le clocher est en forme de chocolat "Hershey Kisses" qu'on trouve sur Times Square à 10$ la poche. Ça donne un air oriental, mais ce qu'on a vu de plus exotique ce matin ce sont des autruches.

Excellent réseau de pistes une fois à Munich. À 12 km du centre, nous avons facilement suivi les indications jusqu'à Marienplatz. La conduite urbaine s'est fait plus périlleuse, malgré les pistes bien indiquées. C'est quand même le pays de Michael Schumacher. Sérieusement, la concentration est de mise: Voitures qui reculent des stationnements, portent qui ouvrent, tramways, piétons dans la piste, etc. Aucun incident à date.

Nos incidents n'ont rien à voir avec la sécurité routière. Ce soir, j'ai voulu payer le souper avec ma carte de crédit. Plus de carte de crédit. Mini panique, hausse de pression, bouffée de chaleur. Je paie comptant. Retour à la chambre. Pas de carte. Révise les logs (journal interne des évènements) et il n'y a qu'un endroit où elle peut être si elle n'est pas tombée de mes pantalons et c'est au magasin Globetrotter où j'ai fait mon dernier achat, un t-shirt de plus pour moi pour faire plaisir à Monia. Ça fait que c'est de sa faute. Mais, elle est pardonnée, car ils avaient encore ma carte. Ouf!

Les évènements inhabituels je les transpose souvent en idée de début de film. La scène de départ qui débute pendant que le nom des créateurs et acteurs défilent. Deux anecdotes récents comme exemple:

Cas no 1:
Musique de fond: Fireweeds de Patrick Watson
La scène: Travelling avant sur une table dans un restaurant italien à Ulm (le spectateur ne sait pas où, mais ce n'est pas important). Zoom lent sur la femme assise dos au mur. Elle porte une robe infroissable de bon goût et des sandales sportives élégantes, mais qui contrastent avec les talons hauts et les tailleurs des autres clientes légèrement botoxées et très maquillées. Son visage traduit une fatigue exaltée. Son regard trahit son fébrile questionnement de ce qui serait arrivé si elle avait accepté de fréquenter le nerd qui lui avait fait la cour à 16 ans et qui partage son repas ce soir (bon, ce n'est évident à faire comme face, mais je suis sûr que Pascale Bussières est capable de faire ça). Léger zoom arrière circulaire, on cadre sur le nerd en question. Lunettes sévères, mal rasé, cheveux ras grisonnants. On devine par son t-shirt TheNorthFace, ses sandales et son plan de la ville déposé sur la table que c'est un couple de touristes. On lit dans ses yeux la faim, mais aussi le regret de s'être encore assis la face vers le mur. Zoom out grand angle, pause, une dame derrière le nerd, seule à une table de quatre. Habillée en noir, chandail Nike défraîchi, elle a un verre de vin rouge et le serveur lui apporte son plat de pâtes. Zoom arrière complet sur la salle.
L'anecdote: Son verre à moitié, mais son plat terminé, la dame en noir se lève tout bonnement et sort du resto calmement. Le serveur sort derrière elle un peu paniqué. On devine à travers le point de vue du couple une explication vive sur le trottoir, mais aucune violence. Le serveur rentre, lève les bras avec une moue d'impuissance.
Le potentiel: Qui est cette femme ? Une sans-abri ? Touriste en déroute ? Entrepreneure ruinée ? Ce qui a mené à sa situation pourrait être le corps du film et la réaction du couple, son intervention le point tournant.

Cas no 2:
Musique de fond: Run Like Hell, Pink Floyd
La scène: Séquences rapides montées serrées montrant deux cyclistes empressés à l'entrée d'une ville (C'est Augsburg, on le voit sur une pancarte) changeant de direction constamment. L'écran se divise pour montrer que quelques fois ils cherchent sur un iPhone, d'autres fois sur le GPS. Ça roule, les visages sont fatigués et impatients. On les voit essuyer des refus à des réceptions d'hôtel. Ça a l'air de mal aller (c'est un peu surjoué, c'est un film !). Ils entrent au kiosque touristique, repartent avec une carte, déposent les vélos devant un hôtel, la musique diminue de volume, le rythme se place, le cycliste mâle entre, discute, hoche la tête et remplit la paperasse, il semble contenté. Premiers mots du film, la réceptionniste explique qu'il n'y a pas de place pour stationner les vélos. Discussion animée et insistante (vous connaissez la suite). Le cycliste sort éberlué et sa femme baisse les épaules de dépit.
L'anecdote: Un quidam s'approche du couple. Mi-cinquantaine, sac au bras, un local. Il pointe Monia et se met à raconter quelque chose en allemand (pas de sous-titres) en riant. Le couple lui demande en chœur s'il parle en anglais. Il hoche la tête et recommence son explication sans changer beaucoup les mots. Les mots Chancelier et Angela Merkel sont les seuls mots compris par le couple, mais visiblement pas dans leur meilleur moment d'attention, l'homme même incompréhensible continue son boniment et il rit presqu'aux larmes, les deux cyclistes jouent le jeu et rient de bon cœur malgré leur souci immédiat. Ils n'ont rien pigé. L'homme s'éloigne satisfait.
Le potentiel: Il y a un contrepoint intéressant entre l'urgence relative du couple et la joie spontanée du bonhomme. On pourrait avoir deux histoires parallèles et le point culminant (pas nécessairement chronologique) serait cette scène mais vécue du point de vue du bonhomme et non du couple et dont le reste du film nous permettrait de comprendre sans traduction la raison du fou rire. Ouain, peut-être un court-métrage.

Avec tout ça, on est arrivé à Munich. Nous sommes pas très loin de Marienplatz, le centre historique avec le Rathaus et son carillon animé. C'est splendide. Croyant manger là, on a passé au Hofbrauhaus, la méga-brasserie de 5000 places avec la musique cacophonique. On a vu, on a traversé la place, mais manger à 90 décibels, très peu pour nous. C'est une affaire à faire en famille ou en groupe quand on n'est pas là. On est plate, hein ?! Nous sommes allés manger ailleurs et la bouffe était ordinaire, mais la bière brune artisanale était excellente.

Repos de vélo demain. On va faire les touristes sans trop se faire de cinéma.

48.13332,11.5817

Trame sonore du jour:

Run Like Hell, Pink Floyd, The Wall
"Run, run, run, run
Run, run, run, run
Run, run, run, run
Run, run, run
You better run all day
And run all night"

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Location:Lueg ins Land,Munich,Allemagne

2011-09-08

De Ulm à Augsburg

Village de Beuron
Augsburg
(Un iPhone dans un Ziploc, on ne le sort pas souvent)

Jour 6: Une p'tite randonnée

87 km. Cum: 635 km.

Augsburg, Allemagne - Bris de routine aujourd'hui. Bon, est-ce qu'on peut parler de routine dans une virée du genre ou on se réveille rarement au même hôtel deux fois de suite ? Quand même, on prend vite une discipline. D'abord, nous nous sommes levés très tôt et au lieu du buffet déjeuner exorbitant du Ibis, nous avons quitté l'hôtel tout préparés et nous avons déjeuné dans un petit resto. Pas aussi facile qu'un buffet, il faut commander ou pointer les trucs et ce ne fut pas aussi copieux qu'à l'habitude.

Autre changement qui n'a rien à voir avec la discipline, il pleut. C'est déjà calmé en sortant du resto, mais la chaussée trempée refroidit les jarrets, c'est pas chaud, autour de 10C. Pour une fois que je suis plus frileux que ma blonde, j'enfile mon cuissard long avant le 10e km. Ça éclabousse gaiement, mais c'est surtout le 5km de gravier avant Gunzburg qui salope vraiment les bécanes, car la pluie cesse définitivement jusqu'à l'arrivée et le reste du chemin était asphalté.

J'avais comme idée de prononcer ces noms de ville à l'américaine (comme Pittsburgh), mais on prononce Goune-s-bourre-g. De Gunzburg (vous pouvez vous pratiquer en lisant à voix haute), on quitte la EV6 pour rejoindre Munich et Salzbourg. Comme cette route avait été approximée sur mon GPS, j'étais un peu craintif pour la navigation et l'état du terrain. C'était vraiment sous-estimer le réseau cyclable du pays. Le GPS est certes utile pour se rassurer et voir venir les virages, mais tout est balisé de village en village avec des traverses sécuritaires et parfois de véritables échangeurs intégrés aux intersections plus complexes. Ici, la balance des genres en circulation est différente de notre réalité nord-américaine.

C'est dans la grande ville que ça se complique. Augsburg est assez gros et même si la plupart des rues intègrent les cyclistes, quand on ne sait guère où on va, ça demande de la patience. Les hôtels que nous avions pré-identifiés étaient complets. On a abouti au kiosque touristique qui nous ont dirigés au Ibis. Ouain. On est affamés et ça fait une heure qu'on circule pour trouver un toit, alors nous sommes moins difficiles. Rendu là, le prix convient, mais comme je suis en train de faire la paperasse de check-in, la fille réalise à mon accoutrement que je ne suis pas arrivé en Cadillac. Elle est désolée, mais il n'y a pas de garage pour les vélos. Quoi ? Non, c'est impossible. B'en voyons, un coin, une cage d'escalier, un débarras, on les cadenasse à notre étage dans le corridor, il y a sûrement une solution ? Non, allez à l'autre Ibis sur l'autre rue, ça va peut-être marcher. D'uh !!! B'en oui, l'autre Ibis nous accueille sans avoir plus de garage, on est stationné dans une salle de conférence. (!!!)

Ces faux problèmes insolubles sont fascinants. Je me souviens d'Amman en Jordanie quand on avait trouvé un rare Starbuck's Coffee. Quand est venu le temps de s'asseoir pour boire notre latte, on a dû quitter (même la terrasse) parce que c'était le ramadan. Ils vendaient, mais juste du take-out. Pourtant, on allait le boire quand même...

Après un lunch plutôt moche parce que choisi trop rapidement parce que trop affamés, nous sommes retournés à l'hôtel pour diverses tâches d'entretien. Monia a lessivé au moins 1 kilo de ses vêtements :-) pendant que j'ai vu à l'hygiène corporelle de Cannon et Cannondale. Ça a l'air plate comme corvée, mais c'est tellement satisfaisant de savoir qu'on va repartir avec une bécane propre. Le petit bout de gravier mouillé de ce matin a vraiment sali et ça aurait grincé demain.

Augsburg est vraiment beau. De la grande place centrale rayonne d'autres places secondaires où trônent des fontaines monumentales. Ce n'est pas la Piazza Navona de Rome, mais tout de même. Sinon, les tramways ici feraient baver Gérald Tremblay. Il faut vraiment regarder de tous les côtés avant de traverser.

Notre repas du soir a racheté la bouette de ce midi. Le Ratstaller est un incontournable. L'architecture en voûtes, le bar rétro-éclairé, la salle en escalier et le service impeccable font apprécier la cuisine allemande trop salée.

Notre chambre est réservée à Munich à moins de 100 km. Une autre courte journée en distance demain suivie d'une journée de visite sans rouler. Ouain, c'est relaxe. Pareil comme si on était en vacances.

48.37012,10.90444

Trame sonore du jour:

Céleste, Daniel Bélanger, Nous
"Ma belle Céleste, colle bien tes pieds sur la terre
Tu n'es pas seule au monde
Vaut mieux un mauvais rêve,
Céleste, vaut mieux faire un mauvais rêve..."

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Location:Augsburg, Allemagne

2011-09-07

De Tuttlingen à Ulm

Campagne sud-allemande
Sigmaringen
Autre village qui finit par -en
Ulm

Jour 5: Du vélo à voile

165 km. Cum: 548 km.

Ulm, Allemagne - Comment se passe la rentrée ? Septembre, un mois de renouveau, de redépart, un genre de printemps en automne. Les enfants qui retournent à l'école, nouveaux programmes, nouveaux cartables, nouveaux profs. Les pratiques de hockey qui recommencent, l'anglais intensif, le sports-études ou l'étude tout court. Les concerts, la télé, tout est en recommencement. Nous, on commence nos vacances à l'envers de tout le monde, c'est comme notre rentrée de sorties finalement.

Nous avons réussi à partir à 7:30. La grimpe d'hier a été payante. Maintenant dans le bassin versant du Danube, notre cap implique une longue descente en pente douce. Évidemment il y quelques buttes locales, mais rien à voir avec le col d'hier. De Tuttlingen à Sigmaringen, nous avons longé la rivière de près. Le paysage est forestier, ponctué de petits espaces d'élevage. Les falaises sont vraiment spectaculaires.

Sur la route de Riedlingen, c'est le vent qui nous a porté jusqu'à l'heure du lunch. Un vent de 15 noeuds soutenu du sud-ouest qui rend joyeux. Ça mouline 53X12 comme rien, le sourire à pleines dents. Le lunch à la pièce dans une boulangerie-pâtisserie est une belle pause grasse et sucrée. On fait le 36 km qui nous sépare de Ehingen poussé par le même vent de fou.

Arrivés là, il tombe 50 gouttes de pluie (45 en fait, car les probabilités étaient à 90%) et on décide de pousser jusqu'à Ulm (35 km plus loin). Ehingen est industriel, ça sent comme la Fraser à Edmundston et il pleut. On passe. Aussi, s'arrêter après 130km aujourd'hui, c'eut été un gaspillage de vent. Le ciel, nuageux et menaçant toute la journée, a fini par crever ses eaux à notre arrivée à Ulm.

Repas italien ce soir pour faire changement. Très bonne table et bon choix de vin. Ça fait juste drôle que le serveur soit mieux habillé que moi. Les pâtes étaient exquises, le tiramisu réussi et le gelato, oh my !

Demain, on bifurque de la EV6 pour se diriger vers Munich. On fera d'abord escale à Augsburg. Si vous avez des suggestions pour Munich, commentez gaiement !

En vrac: J'ai téléchargé un dictionnaire français allemand. C'est surtout pour les menus de resto. Pas très utile au restaurant italien... Cannon et Cannondale se portent bien... Hôtels impecs jusqu'à hier. Ce soir, c'est Ibis, très moyen: chambre petite pour le prix, petit déj exorbitant, service Wifi pourri. Mais nous avons un toit...

Un très beau mercredi. Une journée qui rappelle pourquoi le pédalier a été inventé. Je rends grâce à mon pas-de-dieu qu'on ait la chance de pouvoir faire ce genre de truc. Pour la santé surtout. Larguez les amarres !

48.39978,9.98666

Trame sonore du jour:

Give a Little Bit, Supertramp, Even in The Quietest Moments
"Give a little bit of your time to me
See the man with the lonely eyes
Take his hand, you'll be surprised"

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Location:Ulm, Allemagne

2011-09-06

De Bad Sackingen à Tuttlingen

The Simpsons
Le Rhin
Les Chutes du Rhin
Stein Am Rhein, Suisse

Jour 4: Le Rhin est derrière

160 km. Cum: 383 km.

Tuttlingen, Allemagne - Je me suis toujours dit que c'était une mauvaise chose de généraliser. On ne peut pas étendre une certitude sur l'observation répétée d'un phénomène ou d'extrapoler à tous les individus d'un pays les idées véhiculées par ceux qui les gouvernent. J'allais donner des exemples canadiens, mais les ressortissants de tous les pays du monde ont un petit quelque-chose de gênant qui entache leurs gouvernants. Tous les Américains ne sont pas Obama, tous les Canadiens ne sont pas Harper ou Bev Oda. Non, il vaut mieux regarder chaque individu d'abord comme un être comme nous à la poursuite du bonheur et d'adopter l'attitude ouverte d'un spécialiste de l'infrastructure informatique et répondre: "Ça dépend" à toutes les questions difficiles. Un long détour pour dire que les Allemands mangent beaucoup trop salé et que les cyclotouristes européens roulent toujours sur des pneus trop larges.

On a bien roulé aujourd'hui. Cependant, nous sommes surpris de constater une évidence qui nous avait échappée dans la préparation: Notre vitesse moyenne est médiocre comparée à nos longues randonnées locales habituelles. D'abord, nous sommes en terrain inconnu. Aussi, la route est majoritairement sur des pistes cyclables. Bien qu'asphaltées 80% du temps, elles impliquent des intersections routières et des connections multiples qui demandent d'observer, ralentir, tourner, accélérer. Le GPS ne fait pas la nuance entre la piste parallèle et la route qu'elle longe et nous dévions parfois momentanément (pas une question de se perdre, mais question de sécurité). Finalement, nous sommes souvent contemplatifs et en vacances. Bref, on fait du 20-21 km/h au lieu du 25-27 habituel. Un spécialiste de l'infrastructure informatique aurait sûrement vu ça tout de suite. Ça dépend de l'objectif et de l'environnement.

Nous avons suivi les coudes du Rhin jusqu'à Radolfzell au pied du Bodensee (Lac Constance). Toujours avec l'odeur un peu maritime du fleuve à tribord, nous avons surtout été en zone agricole et résidentielle passant plusieurs fois de l'Allemagne à la Suisse au point de finir par ne plus savoir exactement le pays où on était. À Jestetten, on (Monia) a fabriqué un excellent sandwich avocat, dinde et emmental dans une baguette haute résolution (18 grains minimum). Wow!

La Suisse remporte la palme pour les petits villages entourés de vignes et de vergers. Évidemment, j'ai chanté le thème d'Heidi tout le long, mais ça a remplacé celui des Simpson qui me tournait dans le coco depuis la centrale d'énergie que nous avions contournée à Hohentengen. En passant, la doublure française (Made in France) d'Homer est une vraie honte. Monia a lesté son livre poche (et pas très de poche) et s'abrutit devant la télé pendant que je rédige.

Les chutes du Rhin et Stein Am Rhein ont été les surprises de la journée. Nous étions émerveillés et encore frais avec seulement 40 km à faire après Radolfzell, mais il restait une surprise. Voyez, Tuttlingen (notre destination aujourd'hui) est dans le bassin versant du Danube et Radolfzell au bord du Rhin. Pas besoin d'un spécialiste de l'infrastructure informatique pour comprendre que ça ne dépend pas pantoute, il faut se taper la ligne de partage des eaux. Ainsi, c'est une vingtaine de kilomètres de grimpe qui a clos la journée. Au final (les Français disent tous ça), c'est 1420 m d'ascension pour la journée. Pas mal fier de ma routarde et de son Cannon. (Cannon: Satisfait, Marc H. ?). Pendant cette montée, elle a trouvé que je généralisais vraiment trop quand voyant une ligne de pylônes, j'ai décrété que c'était la crête et que ça redescendrait tout de suite après. Bulls**t, les pylônes suivent toujours une crête. Mais pas nécessairement La crête.

On prend un beat tranquillement. Nous sommes partis à 7:55 ce matin ravitaillés en eau la veille. On pense quitter vers 7:00 heures demain. Plus tôt signifie plus froid (mais ça dépend). 9C ce matin au décollage. 21C à Radolfzell. Question d'heure de départ, nous sommes surtout tributaires de l'heure du déjeuner. Parlant de bouffe, nous réalisons que d'avoir appris quelques mots d'allemand aurait pu être pratique au resto. Monia qui a l'habitude de lire (tous) les menus des restaurants avant de choisir est assez déroutée merci. Les serveurs sont compréhensifs (en général).

Déjà des commentateurs mystérieux sur le blog. Larry, Curly & Moe qui m'assure savoir que je ne suis pas fou. Je trouve qu'il généralise pas mal...

Trame sonore du jour:

Old Man, Neil Young, Harvest
"Old man take a look at my life
I'm a lot like you
I need someone to love me the whole day through
Ah, one look in my eyes
and you can tell that's true."
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Location:Möhringer Straße,Tuttlingen,Allemagne

De Colmar à Bad Sackingen

La routarde devant les Vosges


Le routeur devant le Canal du Rhin


La femme dans une de ses robes


Le bonhomme dans son seul t-shirt